Sarko rend hommage à Jean-Jacques Brot

mardi 16 mars 2010 à 17:07
En lisant simplement le titre de ce billet, Jean-Pierre Gorges a sans doute cru que le gars avait rendu l’âme.  Et se préparait déjà à arroser ça…

Non, non, "Dji-dji" Brot n’est pas encore mort. La Piquouse parle évidemment de l’ancien préfet d’Eure-et-Loir, devenu patron de l’Etat déconcentré en Vendée -, à qui Sarko a rendu, sur place aujourd’hui, un vibrant hommage pour son action volontariste afin d’empêcher la répétition du drame sur le littoral submergé par la tempête du 28 février 2010.
 

Les résultats des régionales dans le 28, la 1ère circonscription législative et Chartres

dimanche 14 mars 2010 à 21:49
(En pourcentages)

Abstentions : 56,42   56,71   58,15

Europe Ecologie : 11,61   13,92   13,49

Parti Socialiste : 25,67   27,08   27,35

UMP : 31,05   30,01   33,5

Front de gauche : 5,23   5,27   6,33

MoDem : 5,45   6,25   5

NPA : 2,62   2,3   1,81

LO : 1,22   1,09   1,2

FN : 13,35   10,7   8,34

Parti de la France : 3,81   3,38   2,98

Comprendre la mondialisation (6)

samedi 13 mars 2010 à 07:54

Ma chronique n° 68 de février 2010 concernant la mondialisation (volet 5) exposait les caractéristiques de la première configuration de la mondialisation d’après l’analyse de Charles-Albert Michalet.


Pourtant, pour C-A. Michalet, le modèle décrit, vanté et enseigné - le modèle ricardien défenseur du libre-échange - reste en grande partie « introuvable ». C’est-à-dire qu’entre le modèle ricardien et la réalité de la mondialisation existent de grandes différences.

 

Les approches théoriques vont d’ailleurs chercher à se rapprocher de cette réalité en faisant sauter les hypothèses sur lesquelles repose le paradigme dominant (l’analyse de Ricardo) de la configuration internationale.


Pour commencer, P. Herzog et G. Laffay prennent en compte, à côté des facteurs de production travail et capital, le facteur progrès technique. Ainsi, grâce au progrès technique, les pays peuvent littéralement construire leur avantage comparatif. Cela signifie que les dotations factorielles ne sont pas données une fois pour toute mais qu’elles s’acquièrent. Cela permet d’expliquer les transformations de la DIT (division internationale du travail) qui mettent dans l’embarras les pays développés qui insistaient tant à voir les pays en développement se développer en participant aux échanges mondiaux, mais en restant à leur place !


En effet, la Corée du Sud, Taiwan… ne cherchent pas à produire des produits primaires, des matières premières, de l’énergie mais des biens manufacturés.


Rappelons-nous ce secrétaire d’État français, M. Limouzy, brandir à la tribune du palais Bourbon, une petite culotte fabriquée en Extrême-Orient en criant à la concurrence sauvage. Aujourd’hui nous disons pour parler l’économiquement correct, concurrence déloyale. Mais comme l’écrivait A. Brender : « la concurrence des pays du Sud est sauvage…  ou elle n’est pas. » cf. Un choc de Nations (Hatier, 1988).


Et de raconter que la Corée du Sud décide de participer aux échanges mondiaux conformément à la théorie de Ricardo. Pour cela, elle cherche à se spécialiser là où elle a un avantage comparatif. Elle possède une main d’œuvre abondante, éduquée et pas chère. Donc, il lui faut trouver un produit qui incorpore de la main d’œuvre et qui a de forts débouchés vers les pays développés, pays à pouvoir d’achat (une demande forte et solvable). La réponse : le textile.


Cependant, la Corée du Sud ne sait rien faire d’autre que coudre. Mais pour pouvoir coudre, elle doit acheter le tissu, les boutons, le fil et les machines à coudre, que les pays développés sont bien contents de leur vendre, soit dit en passant.


Reste à vendre. Pour conquérir ces nouveaux marchés, il faut convaincre l’importateur de travailler avec la Corée du Sud. C’est où ? On ne connaît pas ! Mais au regard des coûts et des prix, les marges peuvent être considérables. Les importateurs, à cette condition et à cette condition seulement, acceptent alors de prendre le risque. Et c’est parti !


Pourtant, la Corée du Sud ne se contentera pas de vendre uniquement le travail de couture. Très vite, avec les devises accumulées, elle va acheter les machines à fabriquer les boutons, puis le fil… Elle fabriquera les fibres textiles. Elle va ainsi remonter la filière, ce qui lui permettra de vendre dans chaque chemise (ou culotte !) de plus en plus de travail coréen, de créer de plus en plus de valeur ajoutée coréenne. Puis elle se diversifiera et fabriquera des ordinateurs, des voitures…


La Corée du Sud a ainsi construit son avantage comparatif au fur et à mesure de son insertion dans la DIT, au grand dam des pays développés.

 

Paul Krugman, lui, va partir du constat que les deux tiers des échanges se font entre pays industrialisés et produits similaires. Et cela le modèle dominant (Ricardo) ne peut l’expliquer.


P. Krugman (avec d’autres) va donc toucher aux hypothèses jugées irréalistes du modèle ricardien. Il remplace la situation de concurrence par celle de monopole/oligopole et il pose que les rendements d’échelle sont croissants (la production augmente plus vite que les facteurs de production) et non pas constants. Les deux étant liés.


Il peut ainsi introduire le concept de différenciation des produits, expliquant, par exemple, que la France achète et produit des voitures mais de gammes différentes (haut, milieu et bas) et de qualité différente ou de design et de marques différents afin de satisfaire des goûts différents ou vendus comme tels par le marketing. Grâce aux exportations, ces nouveaux débouchés augmentent et rentabilisent les investissements (de plus en plus coûteux).


Notons, pour en finir avec P. Krugman, qu’il considère, a contrario de l’analyse traditionnelle, que c’est en participant aux échanges internationaux qu’un pays peut acquérir un avantage comparatif en se spécialisant car il peut bénéficier des effets de dimension (taille des marchés) et donc des effets d’apprentissage et des économies d’échelle (diminution du coût unitaire de production quand la production augmente), mais aussi des effets de diversification en s’adaptant à la demande mondiale (différenciation) et des effets de concurrence qui l’obligent à innover. Ainsi un pays devient compétitif en exportant. À suivre…

 

Kritik