Quelques mois seulement après les élections, la majorité municipale de Luisant explose, au point de faire la une des journaux ! Luisant la belle endormie se réveille en plein cauchemar !
Durant la campagne électorale, la majorité, en apparence soudée, avait pourtant bien fait la leçon aux listes dopposition ; le tout était résumé en un slogan digne dun Séguéla dOpérette « avec léquipe de Wilson Valor, pas de bla-bla, des résultats ». Hélas, à ce jour, beaucoup de bla-bla mais
aucun résultat. Pire, des irrégularités, des incohérences, remontent avec fracas à la surface. Quelle perspicacité davoir à ce point, pu prévoir de tels résultats !
Quelques repères « historiques »
Avant de brosser le tableau du Luisant version 2008, remontons quelques décennies en arrière afin de comprendre sur quelles bases sest installée la Municipalité actuelle.
Durant près de 40 ans, la commune a été aux commandes de Raymond Poirier, personnage emblématique, sénateur, au charisme et à la compétence reconnus par une majorité de Luisantais.
Adjoint aux sports durant le dernier mandat de Raymond Poirier, Wilson Valor a été présenté par celui-ci comme un successeur remplissant des gages de fidélité et de probité. Mais la confiance investie dans le dauphin na pas résisté au temps et les fortes inimitiés personnelles entre les deux hommes, quelques mois avant la mort de lancien sénateur-maire, résonnent encore dans le landernau luisantais.
Lors de son premier mandat, de 1995 à 2001, Wilson Valor a développé des projets qui se revendiquaient dune vision traditionnelle, pour une petite ville où il fait bon vivre . Cette image du fameux Neuilly chartrain, quavait voulu installer Monsieur Poirier, a été la ligne dhorizon de son successeur. Que révélait cette posture ? Luisant se plaisait à apparaître comme une bourgade tranquille, calme ; la mixité sociale ny a pas été développée ; la variété des types de logements a dailleurs toujours été le talon dAchille de notre ville. Un cadre de vie très agréable, aéré, pour des habitants en quête de quiétude
Cette aspiration est peutêtre légitime à titre personnel, mais elle a fait de Luisant une enclave de privilégiés excluant une partie de la population.
Or, la société ne doit-elle pas se concevoir autrement que comme une partition fragmentée de population ? Une cité ne trouve t-elle pas ses richesses par la variété de ceux qui la composent ?
Notre ville a donc grandi en tentant de conserver cette identité, créée voici plus de quarante ans. Avec près de 8 000 habitants, Luisant est aujourdhui la 8ème ville du département par sa population. Faisant partie de la communauté dagglomération Chartres-Métropole, elle sest développée avec certaines réussites. La présence notamment sur son territoire de cinq écoles, dun collège, dun lycée, dun Institut Médico- Educatif, lui confère une place privilégiée ; plus de 2 500 jeunes sont accueillis quotidiennement dans ces différentes structures éducatives. Une zone dactivité, gérée par un organisme communautaire, un tissu commercial et des services importants, complètent cette rapide présentation. Le milieu associatif, notamment sportif, y est dynamique.
Une gestion municipale contestée
Mais lanimation municipale marque le pas par manque de prospective. Lédile prône une vision très personnelle de la vie publique et fait preuve dun manque de charisme étonnant. Incapable de déléguer, même avec les personnes compétentes, il a vécu des ruptures assez cinglantes avec des proches, adjoints, conseillers, tout au long de ces deux premiers mandats. Lautoritarisme du maire, son manque découte et de dialogues véritables sont sans doute à lorigine de celles-ci. Labsence de transparence a généré des pratiques occultes dans le domaine des embauches et des attributions de logements gérés par la ville. Refusant toute idée de commissions ouvertes dans lesquelles des choix pourraient sexprimer en fonction de règles établies, ces secteurs sensibles ont donné lieu à un certain clientélisme ; ces malheureuses méthodes, même si elles sont répandues dans dautres communes, de droite comme de gauche, ne sauraient être acceptées par des démocrates.
Les élus ne doivent pas oublier qu'ils sont d'abord au service de la population de par leurs responsabilités et cela sans préférence personnelle.
Cet état de fait ne peut que laisser se développer des sentiments dinjustice et de favoritisme. On pourrait ouvrir une longue liste de personnes embauchées par relations personnelles avec le maire
On peut également signaler la multiplicité des postes quoccupe le maire de Luisant : vice-président de Chartres-Métropole, vice-président de la Régie Electrique du Pays Chartrain, vice-président du centre de gestion communale et une nouvelle responsabilité à Chartres-Habitat
Les journées des élus ne comptent que 24 heures. La délégation et le non-cumul ne font pas partie des pratiques de Wilson Valor!
Alors ce qui se déroule depuis maintenant près de deux mois au sein du conseil municipal nest guère étonnant. Lembauche de la belle-fille du maire a été le détonateur en provoquant des réactions dhostilités dune partie de son équipe majoritaire. Salutaire, pourrait-on sexclamer benoîtement ! Mais ladjoint à lorigine de la révélation de cette entorse majeure, connaissait bien le personnage pour avoir collaboré avec lui pendant un mandat entier ! Cela relativise la crédibilité de la dénonciation . Ne sagirait-il pas au fond, de lexpression dun ambition personnelle préméditée ? Pourquoi ne pas sêtre présenté face aux électeurs dès le mois de mars dernier plutôt que de faire la courte échelle à celui dont il connaissait parfaitement les failles ?
Luisant : clé du pouvoir à Chartres Métropole
Rappelons aussi la place très particulière quoccupe Luisant dans la majorité du Président actuel de Chartres-Métropole ; quatre conseillers envoyés par notre ville au conseil communautaire, assurent une courte majorité à J.P Gorges. Les enjeux dépassent donc le cadre restreint de Luisant. « Tu peux rêver, belle endormie, dun profond changement
Toute lagglomération a les yeux tournés vers toi
. »
Une réunion de conseil municipal sous haute tension
Le conseil municipal du 26 novembre dernier a permis au public nombreux ce soir-là de sapercevoir du principe de fonctionnement du maire : une vision très personnelle au mépris des règles que le droit public impose. Des révélations publiques du maire sur ces irrégularités de droit ont même été hautement revendiquées: cette fameuse embauche a été réalisée le 8 juillet dernier et lannonce de ce poste au centre de gestion a été envoyée le
9 juillet ! Par ailleurs, lachat dune voiture de service pour la mairie, dune valeur de 7 800 euros, a été réalisé sans mise en concurrence. Le règlement, voté lors du conseil municipal du 22 mai dernier, autorise le maire à procéder à des achats, entre 4 000 et 200 000 euros, assez librement, mais en ayant pris le soin de réaliser préalablement une étude comparative
Que de légèreté avec la règle, dans ces pratiques. On est presque tenté den percevoir quelques autres !
Retournons aux urnes !
Cette dissolution dune équipe, après huit mois de fonctionnement, pose de graves problèmes pour lavenir proche de notre cité : comment gérer sereinement une ville avec une majorité relative, amoindrie ? A ce jour, seuls 13 conseillers sont issus de la liste dorigine. On parle de transfuges, de transferts. On entend ici et là des alliances de circonstances ; des anciens adversaires se rabibocheraient pour tenter de sauver la partie
Mais pour quel projet ? dans quel climat de confiance et pour combien de temps ? Quid des intérêts des habitants dans cette récupération de postes ?
Citons le dossier du complexe sportif Marcel Roblot : ancien et nayant pas fait lobjet de mesures dadaptation nécessaires (sécurité ; modernité ; convivialité) il se trouve à ce jour en état de mort administrative . Le maire est resté sourd aux nombreux rappels des autorités (commissions de sécurité ; avis de la Préfecture) . Ce lieu est fermé, pour une durée indéterminée
Comment pratiquer les sports (judo, tennis, gymnastique, tennis de table) qui ravissaient tant les scolaires que les clubs ?
Comment construire un budget , prenant en compte des emprunts conséquents (salle des fêtes, médiathèque
), avec une majorité et des adjoints à redéfinir ? Toutes ces questions vont être chaque jour de plus en plus brûlantes.
Avec le départ de 8 des ses colistiers, Wilson Valor nest plus en mesure de mettre en uvre le programme pour lequel les Luisantais lont élu récemment . Dans ce contexte chaotique, nous pensons que la situation actuelle trouverait une vraie solution démocratique par de nouvelles élections.
Mais les textes législatifs sont clairs à ce propos. Lorganisation de nouvelles élections ne peut avoir lieu que dans trois cas de figure bien précis :
1) Un non-respect du code électoral au cours de la campagne passée, ainsi quaux jours de lélection. Ce nest pas le cas dans notre situation.
2) Une démission dau moins un tiers des élus, après avoir épuisé tous les
recours possibles parmi les listes initialement présentées (il faut donc prendre en compte aussi les suivants des listes présentées).
3) Une demande de dissolution du conseil municipal émanant de la
Préfecture, après référé au Ministère de lIntérieur ; elle est la sanction dun blocage de la gestion municipale. Personne ne souhaite en arriver là !
Le prochain conseil municipal de Luisant a eu lieu le mercredi 10 décembre (voir article suivant sur le blog).
Pour un vrai sursaut démocratique, nous appelons à la démission collective de tout le conseil municipal et à lorganisation dun nouveau scrutin, rapidement. Il y a urgence .Luisant a besoin de personnes qui sengagent clairement pour le bien de la collectivité
Aux urnes citoyens !
Les quatre élus de Luisant Pour Tous (association locale de réflexion et danimation de la vie municipale, de sensibilité de gauche)