Chapitre 1 : Dire la vérité.
Dans « la vérité guidait leurs pas », Pierre Mendès France démontrait de façon lumineuse qu’il ne peut y avoir de progrès social sans un vrai fonctionnement démocratique … Il affirmait avec force sa conviction qu’il ne peut y avoir de démocratie sans un refus catégorique du mensonge.Voilà pourquoi, aujourd’hui, je suis particulièrement choqué par les mensonges accumulés par François Fillon et Nicolas Sarkozy.
Dire la vérité sur la réforme des retraitesAlors que les salariés partaient en retraite en moyenne à 62,1 ans en 2001, l’âge moyen s’est abaissé à moins de 61 ans en 2006.A cause de la réforme Fillon, les caisses de retraite, qui étaient à l’équilibre en 2002, … ont déjà accumulé un déficit supérieur à 7 milliards d’euros !
Dire la vérité sur la baisse du chômageLe chômage est sans doute une réalité trop complexe pour être évalué au travers d’un chiffre unique…Dire que les chiffres du chômage sont « les meilleurs depuis 1983 » est évidemment mensonger.
Dire la vérité sur les créations d’emploisLe libéralisme non régulé engendre partout un niveau de précarité absolument scandaleux.
Dire la vérité sur « le modèle américain »En 2006, malgré une croissance de 3%, le revenu médian individuel a baissé de 1,2%Il est plus facile pour un enfant né dans une famille pauvre de gravir l’échelle sociale en France qu’aux Etats-Unis.Entre 2000 et 2006, le nombre de pauvres est passé de 11,3 à 12,6% de la population.Voilà qui en dit long sur la fluidité et le plein emploi que Nicolas Sarkozy veut importer des Etats-Unis.
Au Japon, le temps partiel exploseAu Japon, « un tiers des salariés a un emploi à temps partiel ou un emploi temporaire ».
Allemagne, 7 millions de pauvres.En Allemagne, « 6 300 000 salariés n’ont que des emplois à 400 euros par mois, pour 15 heures par semaine, en moyenne ».
En Espagne, 32% d’emplois précaires
Faut-il plus de flexibilité ?Entre 2000 et 2005, en France, la part des salariés travaillant de nuit est passée de 4,6 à 7,1%. Ceux qui travaillent le samedi de 25 à 31,3%. Pour le dimanche, le pourcentage est passé de 9 à 14%.
Un Français sur deux a peur de devenir SDFLa multiplication des emplois à temps partiel est telle que 12% des salariés touchent aujourd’hui un salaire inférieur au Smic. Et 17% sont collés au Smic parce que la peur du chômage empêche toute négociation véritable dans l’entreprise.Depuis 25 ans, …, la part des salaires (salaires et cotisations) dans le PIB a chuté de 11% … 200 milliards d’euros qui vont rémunérer le capital alors qu’ils iraient aux salariés si le marché du travail retrouvait l’équilibre de 1982… 200 milliards, c’est 2,6 fois le budget de l’Education nationale. C’est 8 fois le déficit prévisionnel des retraites, 20 fois l’aide publique aux pays du Sud, 60 fois le budget du CNRS.
La baisse des salaires dans le PIB ?Un fantasme français !Si l’on veut éviter que prolifèrent élitisme et populisme jusqu’à asphyxier complètement notre démocratie, il est fondamental de permettre au plus grand nombre de comprendre vraiment les mécanismes et les forces en jeu dans la société.La part des salaires a réellement et fortement baissé depuis 25 ans… Les dirigeants du Medef et de l’UMP affirment que le problème vient des 35 heures… Peut-on leur faire remarquer que la baisse des salaires dans le PIB a commencé bien avant les lois Aubry et que le mouvement de baisse s’est plutôt calmé depuis le début 2000 ? Peut-on aussi leur expliquer que la baisse des salaires dans le PIB est la même, à peu de choses près , dans tous les pays occidentaux ?
La dictature de l’actionnaireEn 25 ans, à la louche, ce sont quelque 2 500 milliards qui ont fui des salariés vers le capital… Et les forces « progressistes » (syndicats, partis de gauche) semblent incapables de trouver des solutions pour reconstruire des équilibres plus favorables aux salariés.
A suivre , chapitre 2 : dire la gravité.