Le Gouvernement tente actuellement de forcer la main de nombreuses collectivités territoriales, leur demandant de financer une part importante des milliards d’euros nécessaires à la réalisation de la ligne à grande vitesse (LGV) « Sud Europe Atlantique » (300 km de ligne nouvelle entre Tours et Bordeaux dans un premier temps, avant d’éventuels autres tronçons : Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne).
Par principe, le Groupe des élus Verts au Conseil régional du Centre est hostile au financement par la Région de lignes nationales, a fortiori dans le cadre d’un partenariat public-privé comme celui qui est envisagé. En l’occurrence, il est permis de s’interroger sur l’utilité d’une nouvelle infrastructure dont l’enjeu se limite à gagner quelques minutes sur la desserte Paris-Bordeaux, en attendant une éventuelle future étape jusqu’à Toulouse… alors que le projet de train pendulaire POLT (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse), planifié depuis 1995, budgétisé et ratifié en 2001, bien moins coûteux et plus intéressant en matière d’aménagement du territoire, a été sacrifié en 2003 par Jean-Pierre RAFFARIN, parce que porté par 3 Régions de gauche (Centre, Limousin et Midi-Pyrénées). La Région Centre défend toujours le POLT.
La SNCF, dans le même temps, reprend malheureusement sa politique de diminution des dessertes « Corail Intercités », en particulier sur l’axe Tours-Le Mans-Caen : dans le service d’hiver des trains de voyageurs qui va bientôt commencer, une relation est supprimée dans le sens Sud-Nord et deux dans le sens Nord-Sud. Encore une fois, la direction de l’entreprise montre ainsi qu’elle se désintéresse du service rendu aux voyageurs sur des lignes d’intérêt suprarégional dès lors que celles-ci ne dépendent pas de l’activité TGV.
Pour les Verts, le développement du trafic ferroviaire ne doit pas viser à contribuer à l’allongement des distances domicile-travail (par exemple en créant un trafic nouveau domicile-travail entre Poitiers et Paris). Il est justifié par des objectifs d’efficacité énergétique et de réduction de la pollution atmosphérique liés au report des modes de transports routier et aérien sur le trafic ferroviaire.
Pendant que l’Etat et la SNCF n’ont d’yeux que pour les très grandes infrastructures ferroviaires, celles qui vont plus vite et plus loin mais qui sont réservées aux plus riches, le Conseil régional du Centre, lui, s’efforce d’améliorer concrètement le service local : électrification de Tours-Vierzon, renfort des dessertes Tours-Bléré et Paris-Chartres-Nogent, création d’une liaison Tours-Nevers-Dijon… Mais il assiste, impuissant, à la dégradation de l’exploitation du réseau « Corail Intercités » par une SNCF de moins en moins soucieuse du service rendu aux usagers…
Karim LAANAYA, Président du Groupe des élus Verts, Conseiller municipal délégué de Nogent-le-Rotrou
Gérard BRETEAUX, Conseiller régional, Président de la commission Transports