
Ci-dessous le texte des Verts d’Eure-et-Loir qui a été lu à la conférence de presse du 1er septembre
Les Verts d’Eure-et-Loir ont décidé, lors de leur denier bureau, de ne soutenir aucun candidat de la gauche à la prochaine législative partielle de la 1ère circonscription.
Pourquoi ? Les raisons sont de plusieurs ordres. D’abord, nous voulions, dès le début, une candidature unique représentant les différentes composantes de la gauche, ou du moins une candidature qui représenterait la gauche la plus large possible. Hélas, nous ne l’avons pas obtenu. Pourtant, c’était parti d’une bonne initiative, laquelle provenait du parti communiste. Reconnaissons-lui le mérite. Nous avons répondu immédiatement à cet appel comme les autres organisations de gauche l’ont fait. Plusieurs réunions ont eu lieu pour essayer de se mettre d’accord sur un programme et sur une candidature. Mais très vite, l’esprit partisan des appareils politiques a pris le dessus en commençant par le PS qui a imposé très vite un candidat en la personne de David Lebon. Puis vint ensuite le tour de la LCR ainsi que du POI ( parti ouvrier indépendant). Entre temps, Georges Lemoine annonçait sa candidature. Nous avions alors, à ce moment-là, quatre candidatures de gauche. Il ne restait du projet d’union que le parti communiste et notre propre parti. Ne voulant pas ajouter de la division à la division, les Verts d’Eure-et-Loir ont préféré se retirer et ne soutenir personne afin de marquer leur désapprobation dans ce délitement des forces de gauche dans le paysage politique chartrain.
Non, nous ne voulons pas cautionner cela, et nous préférons prendre de la hauteur en ne donnant aucune consigne de vote à nos électeurs et sympathisants, plutôt que de se tremper dans ce marigot où la gauche chartraine est incapable de s’entendre et de s’unir en respectant chaque sensibilité sur un programme constructeur et rassembleur. Hormis le parti communiste, chaque organisation a essayé de tirer la couverture à lui, à commencer par le parti socialiste et sa tendance hégémonique à vouloir faire en sorte que ses partenaires, dont les Verts, se rangent derrière lui. Comment voulez-vous que le PS puissent respecter ses partenaires, s’ouvrir à d’autres formations politiques alors qu’il connaît en interne de fortes tensions et des querelles de personnes ? Et tout cela, bien sûr, non pas pour l’intérêt du peuple, mais pour le pouvoir.
Et c’est là que j’arrive à la deuxième raison de notre refus de participer à ce 3ème tour des législatives chartraines. Nous avions fait alliance avec le PS pour les échéances électorales antérieures, celles des législatives, des cantonales et des municipales, en prônant également une union la plus large possible. Et je peux vous dire que nous avons été déçus et échaudés par cette alliance. Nous avons eu la désagréable sensation qu’il s’est servi de nous sans que nous ayons eu grand chose en retour. Notre position actuelle est un avertissement à son encontre en espérant que dans l’avenir il sera plus loyal envers les Verts 28.
Cela étant dit, il ne faut pas se tromper d’adversaire. Le PS demeure un partenaire comme peut l’être le PRG, le PC et dans une moindre mesure la LCR, à condition que celle-ci parvienne à être plus ouverte. Notre adversaire, c’est la droite et en particulier l’UMP et le gouvernement de Sarkozy, véritable fossoyeur de l’Etat républicain, de notre système social et de l’écologie dont le Grenelle de l’Environnement, cette mascarade, n’a accouché que de mesurettes dont on attend toujours les applications. A Chartres, ce chantre de l’ultra libéralisme qui se présente à la députation s’appelle Jean-Pierre Gorges. C’est lui qu’il faut battre, mais pour cela, il ne faut pas que notre énergie et notre combat s’éparpillent en querelles boutiquières. Hélas, cette énergie s’est affaiblie par cette dispersion de la gauche chartraine et ce n’est pas la meilleure manière de battre Gorges et la droite la plus réactionnaire que la France ait connue depuis longtemps.
Notre combat demeure un combat pour l’écologie et l’environnement qui est l’enjeu crucial et principal de notre siècle, et à Chartres comme ailleurs, il reste beaucoup à faire et à innover dans ce domaine. Et ce n’est pas en menant une politique ultra-libérale de droite comme de gauche que l’on pourra apporter des réponses aux grands défis écologiques et sociaux qui nous font face.
Pour les Verts 28
Willy Proust