Agnès 68 de Jacques KRAEMER
Studio des Epars à Chartres
du 21 avril au 31 mai 2008
Réservation: 02 37 28 28 20
L’acteur / metteur-en-scène, émule de Brecht, Jouvet, Vilar…., communiste, incarne Amolphe; il est amoureux de la jeune actrice, Lili, qui interprète Agnès.
Celle-ci subit les assiduités fougueuses du jeune comédien, Antonin, qui joue Horace. Antonin penche vers les débordements gauchistes.
Les événements de mai éclatent.
Les débats de tous ordres sont vifs; les affrontements passionnels, entre les personnages:
- l’insurrection ? Jusqu’où ?
- le sexe, l’amour, l’aliénation, la libération…
- le Théâtre et la Révolution…
La pièce convoqie l’historique et l’intime, le biographique et l’imagination libre, comme les appelle le théâtre que nous aimons.
Pourquoi Agnès 68 ?
Quarante ans après, il me paraît nécessaire de faire retour à la façon qui est la mienne sur ces "événements".
Faire retour à ma façon, c’est à dire: au moyen de cette pièce que j’ai travaillée pendant plus d’un an et dans laquelle j’ai mis beaucoup de ma vie du temps de 68.
Pour moi, il ne s’agissait surtout pas de faire un documentaire ou un livre de témoignages ou d’Histoire (ce n’est pas mon métier), mais d’apporter, au travers de mes dialogues et par l’incarnation qui en est faite par trois jeunes acteurs, une sensibilité particulière, "provinciale" si j’ose dire, de quelqu’un qui a vécu ces fameux événements en étant lui-même, déjà, metteur-en-scène et chef de troupe.
J’ai donc inventé librement à partir de mon vécu de l’époque.
Je te rappelle en quelques mots: je dirigeais le Théâtre Populaire de Lorraine que j’avais fondé en 1963; nous tournions avec "Le Menteur" de Corneille que j’avais mis en scène dans les villes de notre région.
La grève générale à laquelle nous nous sommes associés nous a fait suspendre notre tournée. La troupe a alors donné des représentations de montage d’actualité et de soutien aux luttes dans les usines occupées par les travailleurs.
C’est ainsi que je suis né à l’écriture avec cette première pièce "Minette la Bonne Lorraine", parabole comique sur les mines de fer et la sidérurgie, qui allait devenir un des spectacles emblématiques de l’après-mai 68
Jacques Kraemer