Les AMAP, Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne, permettent un partenariat de proximité entre un groupe de consommateurs et une ou plusieurs fermes.
Les premières formes d’AMAP sont apparues dans les années 60-70 au Japon, puis vers 1985 aux Etats-Unis.
En France la première AMAP date d’avril 2001 en Gironde.
Des fonctionnements équivalents sont recensés dans au moins 15 pays à travers le monde.
Interview de Colette Héron
1 - Quels sont les engagements des partenaires des AMAP ?
Du côté des consommateurs ?
Ils achètent à l’avance, par contrat, (trois mois par ex), en fonction de leurs besoins personnels, une partie de la récolte d’un produit. Ils acceptent et participent aux risques naturels des conditions de production (par ex de remplacer un produit pour un autre ou de le payer plus cher).
Du côté des producteurs ?
Ils fournissent des produits de haute qualité et s’engagent d’assurer une transparence sur la vie de leur exploitation (situation économique, méthodes de production…).
L’ensemble des critères et du fonctionnement est défini par le groupe consommateurs-producteurs (quels produits ? qui fait quoi ? et quand ? le lieu des échanges, les animations…).
2 – Quels sont les principes des AMAP ?
- procurer une alimentation saine, fraîche et diversifiée par des produits de saison
- produire sans produits chimiques de synthèse
- minimiser le transport, par l’échange de proximité, et les emballages
- éliminer le gaspillage par la valorisation de toute la production (pas de calibrage et de soucis d’esthétisme)
- fixer le prix d’achat en fonction du coût réel de production et non pas des cours du marché, c’est le principe d’un commerce équitable.
3 – Quels sont les volontés des AMAP ?
. Maintenir et développer l’économie locale par la création d’emploi et l’installation de paysans sur des petites et moyennes structures
. Développer les liens entre producteurs et consommateurs, ces derniers peuvent ainsi « identifier » le produit qu’ils consomment
. Développer tout simplement des liens sociaux et de la convivialité … bien difficile à concevoir dans une Grande surface
. Favoriser le goût, l’éducation à la protection de l’environnement, l’animation locale
. Faciliter le passage d’une production conventionnelle à une production biologique économiquement viable
Ces critères sont essentiels. Engagements, principes et volontés sont indissociables. En passant un contrat de produit, le consommateur et le producteur s’engagent sur des principes qui respectent l’environnement, favorisent le social, et l’économie locale. Ceci comportent des exigences : consommer des produits de saisons (de la mâche l’hiver et pas des laitues parfois importées), favoriser l’installation de paysans (et non l’agrandissement), reconnaître les savoirs faire des producteurs et payer le prix à sa juste valeur et par conséquent «reconsidérer » parfois son budget alimentaire.
Cette démarche n’est pas anodine, pour le producteur comme pour le consommateur, même si elle peut découler d’un besoin et d’un souci personnel elle invite à un autre comportement social.
« La subsistance actuelle des pays industrialisés n’est possible que parce qu’ils drainent vers eux à bas prix l’énergie et les matières premières du monde entier. Ainsi, pour produire une calorie alimentaire, il faut huit calories d’énergie ! Ce système hégémonique révèle l’enjeu guerrier que représente la nourriture » : Pierre Rabhi
Colette Héron
En Eure-et-Loir, contact consommateur:
Corinne Blis
1 rue des Bouchers 28400 Nogent-le-Rotrou
Tél: 02 37 29 49 84
150 000 jeunes qui sortent chaque année sans diplôme du système scolaire, une crise du logement sans précédent depuis les années 1950, des inégalités qui se creusent de façon dramatique, des enjeux environnementaux colossaux, le défi démographique, l’innovation et la croissance à la traîne… Dans un tel contexte, chercher à accroître l’efficacité de l’action publique, c’est mieux mettre en œuvre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.
Communiqué des Verts 28 du 10 avril 2008 :