C’est vrai, on ne sait plus à quel saint ou médecin se vouer… On a parlé de pandémie, maintenant on nous dit que le pic de l’épidémie est passé… Une chose est sûre : le Français est râleur, et il n’y a pas de vaccin contre ça.
Honnêtement, il faut sauver le soldat Bachelot, car toute ministre de la Santé qu’elle est, elle voulait éviter d’avoir une belle nomination post mortem de 20.000 malades à la tête de la Croix Rouge, comme l’un de ses prédecesseurs après le coup de chaud de 2003, mal ou pas géré du tout. Le rouge et la croix, ça lui va pas au teint à Roseline. Franchement, elle n’a pas lésiné sur les moyens, appliquant à la lettre le principe de précaution.
Mais cette grippe A, qu’est ce qu’elle avait de plus que la grippe annuelle qui fait mourir de pauvres gens chaque année, sans que les progrès de la science ou l’intervention du médecin de famille puissent contrarier ce malheureux tirage au sort ?
Là c’est vrai, on comptait chaque décès un par un, on comparait l’âge et l’état de santé de chaque cas… Et pour autant, est ce que tout ça a servi a quelque chose ? Sans doute y a-t-il eu des vies sauvées grace aux fameux vaccins obtenus dans l’urgence, qu’on a même pas testé avant sur une huitre. Sans doute y a-t-il eu aussi des effets post piqures indésirables.
Mais y a-t-il eu de la part du gouvernement et de Madame Bachelot une vraie politique de prévention et d’appréhension des risques, car il parait que gouverner c’est prévoir ? Les esprits chagrins pourront toujours faire le reproche de ne pas avoir trouvé un patient au bout de chaque seringue de vaccin acheté dans l’urgence et dans l’intérêt général.
Mais de là à imaginer que l’État dise aujourd’hui qu’il ne donne pas suite à une commande non encore livrée de 50 millions de doses, comme ça, sans que les fournisseurs y trouvent à redire, j’ai comme l’impression qu’on est dans le monde de "Oui Oui". Qui dit commandes dit contrats. Qui dit contrats dit - normalement - des clauses qui prévoient des pénalités si ce qui a été commandé et produit n’est pas finalement livré et acheté…
C’est la seule question : autant on ne peut pas tout prévoir, au malade près, autant on peut prendre des précautions sur ce que l’on signe et ce que l’on paye, faute de quoi c’est le porte-monnaie du contribuable qui commence à se gripper.
Ce qui a été reproché à Monsieur Gorges pour sa clause à deux millions d’euros pour sa station d’épuration pourra être reproché similairement aux services de l’État, si le boulot de préparation des dossiers juridiques a été fait par dessus la jambe. Foncièrement, l’erreur est sans doute de ne pas avoir fait confiance aux médecins, tous les médecins, de la fonction publique hospitalière ou médecins libéraux, pour informer et prescrire le cas échéant le précieux sésame.
En fait de volonté d’économies faites sur des prescriptions du bon médecin qui vous connait bien, on a eu mille avis différents, et on risque d’avoir des millions de vaccins sur les bras plutôt que de l’avoir dans le sang. Imaginez qu’on tente de revendre les stocks jusqu’en Iran, ça donne une idée sur ce qui est devenue la "real politik", encore que pour l’Iran les antidépresseurs seraient plus indiqués pour la pauvre population… Pourquoi pas essayer d’en refiler au Brésil ? 100.000 doses avec la livraison d’un Rafale, et là ce sont les ventes et les avions qui s’envolent, enfin…
En plus, si l’informatique fait des merveilles, il reste encore des millions de Français, du bébé au "petit vieux", qui attendent toujours leur fameux "bon de la sécu" … comme par exemple ceux qui ne cotisent pas à la Sécu comme les artisans ou les professions libérales…
De même, avant de signer un contrat avec clause de résiliation, il vaut mieux faire confiance à des gens dont c’est le métier de comprendre la gestion des risques et l’enjeu du Droit. Si les labos ont de bons scientifiques de l’éprouvette, ils ont sans nul doute aussi de très efficaces avocats conseils en droit des contrats. Nous verrons peut-être un jour si les conventions passées par l’État l’ont été dans les règles de l’art.
Et puis, plus tard, sans tomber dans notre paranoïa aiguë, il faudra voir si les labos n’ont pas fait jouer des lobbies pour gagner beaucoup d’argent sur le dos et les courbatures du contribuable… A moins que, derrière tout cela, et depuis sa prison, ce soit le père Madoff qui continue à vendre de la poudre aux yeux aux gogos que nous sommes. Cochon qui s’en dédit, surtout lorsque la grippe est aviaire et le cochon est mexicain…
Le Géant vert