Archive pour la catégorie ‘Sûreté’

Eau pourrie à Ouarville, terre de Beauce

vendredi 04 juin 2010 à 17:22
Titre magnifique dans l’édition du vendredi 4 juin 2010 de L’Echo républicain, page 10 : "Ouarville - Eau contaminée : c’est mieux".

En clair, avant c’était pire…

Morceaux choisis dans l’article qui évoque la pollution des eaux souterraines de cette petite commune de la Beauce productiviste :

- "…une contamination chronique de la nappe aux produits phytosanitaires sur le secteur de Ouarville."

- "Elle touche les captages proches des corps de fermes mais aussi des forages plus éloignés."

- "Les forages à proximité de hameaux ou du village mais éloignés des corps de fermes à proximité des zones de remplissage et lavages des pulvérisateurs présentent des teneurs en atrazine (un produit interdit depuis 2003, note de la Piquouse) dépassant régulièrement les 0,1 microgramme par litre et un éventail de matières actives assez élevées."

- "Il faudra au moins dix ans pour éliminer les mauvaises habitudes et obtenir une qualité d’eau répondant aux normes pour le captage d’alimentation en eau potable de Ouarville."

En clair, l’eau est pourrie…

L’apothéose de l’article dans la bouche d’Yves Coquet, professeur de science du sol à AgroParis Tech aux agriculteurs de la commune : "Vous ne devez pas assumer toutes les responsabilités. La pollution des eaux est une responsabilité collective." L’abandon pur et simple du principe constitutionnel Pollueur-Payeur…

Quand l’Etat se prend pour le roi Salomon…

mercredi 02 juin 2010 à 06:49

Par arrêté en date du 28 mai 2010, le préfet d’Eure-et-Loir a décidé d’autoriser l’extension du plan d’épandage des boues du Syndicat Interdépartemental pour l’Assainissement de l’Agglomération Parisienne (SIAAP), dites boues d’Achères. Il s’agit d’une décision contestable puisque qu’elle reconnaît implicitement la dangerosité de ces boues en interdisant l’épandage dans plusieurs zones sensibles, notamment dans le Perche. Tant pis pour les Euréliens qui n’y habitent pas. Ainsi, le canton de Mainvilliers va conserver son statut d’espace poubelle. On se demande encore pourquoi le conseil municipal de la commune de Mainvilliers a donné son accord à l’épandage ?

« Le dossier de demande avait été déposé par le SIAAP le 2 avril 2009 pour une surface nouvelle de 3 733,39 hectares apte à l’épandage (pour une superficie totale de 4 021,90 ha) répartis sur 85 communes et un potentiel d’épandage de 10 600 t/an.

La quantité de boues apportée par épandage devait être de 10 tonnes de produit brut par ha avec un retour de 3 à 4 ans par parcelle.

Il convient de rappeler que le SIAAP est déjà autorisé, par arrêtés préfectoraux des 17 août 2000 et 11 juin 2004 (dans le cadre d’une première extension de périmètre), à épandre sur 4 335 ha et 61 communes en Eure-et-Loir.

Suite à l’enquête publique qui s’est déroulée du 12 septembre au 12 octobre 2009, la commission d’enquête a rendu le 6 janvier 2010 un avis favorable assorti de réserves.

L’Etat a alors examiné l’ensemble des remarques émises et demandé des réponses complémentaires au maître d’ouvrage.

Compte tenu de la complexité du dossier et de son souci de recueillir le maximum d’avis et d’entendre les opposants au projet, le préfet a décidé, par arrêté du 29 mars 2010, de repousser de deux mois, soit jusqu’au 6 juin 2010 au plus tard, sa décision.

Au final, suite aux diverses demandes de l’administration, le SIAAP a diminué de 413,88 ha la surface apte à l’épandage en retirant les parcelles :

- de pente supérieure à 7 % ;

- situées dans le Parc Naturel Régional du Perche (retrait des parcelles et donc des communes de Brunelles, Goudreceau, Frétigny, La Loupe, Marolles-les-Buis, Montireau, Saint-Denis d’Authou, Saint Eliph, Saint-Victor de Buthon) ;

- imbriquées dans les villages ;

- isolées ;

- en zones humides ;

- situées à proximité de captages d’eau potable ;

- de surface trop petite pour permettre son exploitation ;

- situées à proximité de l’Aqueduc d’Avre.

Ainsi la surface totale du périmètre actualisé et ainsi autorisé est de 3 996,54 ha pour une superficie épandable de 3 319,51 ha, répartis sur 76 communes.

En outre, pour les communes en cours de remembrement, le SIAAP s’est engagé à geler les parcelles concernées jusqu’à la fin de la procédure de remembrement, pour une superficie de 439,66 ha supplémentaires.

Par ailleurs, les parcelles situées sur les communes de Mignières et Dammarie, incluses dans un bassin d’alimentation de captage feront l’objet d’une attention particulière lorsque le futur plan d’action sera défini (les prescriptions seront appliquées).

De plus, la mise en place d’une gestion de la fertilisation équilibrée du phosphore, à la demande de la Chambre d’agriculture, permet de diminuer les doses d’apport qui passent de 10 t à 8 / 8,5 t de Produit brut par ha avec un maximum de 17 t de PB sur 10 ans par ha contre 87 t dans le projet initial.

Enfin, des contrôles aléatoires supplémentaires ont également été introduits.

Le 20 mai 2010, saisi du projet ainsi remanié, le CODERST a rendu un avis favorable par 15 voix pour et 5 abstentions.

C’est sur la base de l’ensemble de ces éléments et sous ces conditions que le préfet a, par arrêté du 28 mai 2010, décidé d’autoriser l’extension. »

Du poison dans l’eau du robinet

mardi 18 mai 2010 à 09:49
Si vous avez eu la curiosité de suivre l’enquête du Hors-Série "Du poison dans l’eau du robinet", hier soir sur France 3 plutôt que de suivre les L.A. enquêtes prioritaires The closer de la 2, vous avez sans doute fait le bon choix. Une vraie émission de service public sur un sujet sensible, la qualité de l’eau. Le magazine présenté par Marie Drucker sur un documentaire de Sophie Le Gall consacrait un reportage sur les deux régions où l’agriculture intensive mettait le plus à mal la potabilité de la nappe phréatique :  l’Eure-et-Loir et la Seine-et-Marne.

Boire l’eau du robinet peut être dangereux, notamment pour les femmes enceintes et les nourrissons dans certains secteurs, comme le sud-est du 28, particulièrement concerné par le dépassement des normes.

Outre tous les éléments scientifiques qui ont été donnés sur les conséquences des nitrates et des pesticides, sur les résidus médicamenteux charriés par l’eau etc., c’est surtout sur le plan de l’information et de la désinformation que le magazine était particulièrement intéressant. En fait, les dangers ou au moins les risques sont parfaitement connus. En revanche, la population n’est pas toujours informée, par négligence ou volonté de ne pas affoler.

Trois exemples de cette rétention plus ou moins volontaire quand ça dérange : cette responsable qui, tout à coup, ne veut plus qu’on filme et boude comme une petite fille fautive, cet autre responsable gêné que la journaliste ait un document "interne" qu’on ne passerait bien d’évoquer. Le pompon, c’est pour Veolia, champion de la publicité et de la communication positive. Mais si les questions risquent d’embarrasser, c’est silence radio. C’est la dernière phrase de l’émission, sur le refus de Veolia de s’expliquer. On nous doit plus que la lumière mais on peut nager en eaux troubles…

Pour les insomniaques, l’émission est rediffusée ce vendredi à 2h35. Une petite gorgée de bière pour accompagner est la bienvenue. Sinon, l’alcool, pourquoi pas, mais l’eau ferrugineuse… des clous !  N’est-pas Bourvil, que l’on peut retrouver sur cette même chaîne France 3 dans le Mur de l’Atlantique ce soir ?

Maitre Renard