Archive pour la catégorie ‘Rien que le droit’

Gorges : “la loi c’est moi ! Et l’argent restera pour moi !”

dimanche 30 mai 2010 à 08:23

La Piquouse est fière de publier le texte ci-dessous, cosigné par Sandra Rendra, conseillère régionale du Centre (Europe Ecologie), et Harold Huwart, président départemental du Parti radical de gauche :

"On s’en souvient : Jean-Pierre Gorges avait déjà découvert le jeu des amendements législatifs en cherchant à faire modifier la loi Solidarité et Renouvellement Urbain afin d’échapper à l’obligation de construire des logements sociaux sur Chartres.

Aujourd’hui, notre grand légiste local récidive à l’occasion de la réforme des collectivités territoriales actuellement en cours d’examen à l’Assemblée Nationale. Une fois de plus, Jean-Pierre Gorges propose de modifier la loi pour s’autoriser à ne pas la respecter.

Mais cette fois, chose gravissime, il s’agit d’influencer une affaire judiciaire en cours : celle des Vauroux. Son but est d’intervenir comme législateur pour tenter de gagner le procès que lui ont intenté les villes de Lucé et de Mainvilliers. Explication…

Le 18 mai 2010, Jean-Pierre Gorges, a trouvé sa vocation, celle de maître-nageur sauveteur des finances publiques, en présentant l’amendement suivant :

 

« ARTICLE ADDITIONNEL

APRÈS L’ARTICLE 34 QUATER, insérer l’article suivant :

Après la première phrase du premier alinéa du IV de l’article 1609 nonies C du code général des impôts, il est inséré une phrase ainsi rédigée : « Cette commission est créée par le conseil communautaire qui en détermine la composition à la majorité simple. ».

EXPOSÉ SOMMAIRE

Le code général des impôts prévoit, dans son article 1609 nonies C IV relatif à l’intercommunalité, la création d’une commission locale chargée d’évaluer les transferts de charges.

Si le principe de création de la CLETC, les règles d’évaluation et le fonctionnement de cette commission sont précisés, il n’en va pas de même pour les modalités de sa mise en place.

En effet, et à la différence de la plupart des dispositions relatives au fonctionnement des EPCI, les modalités de fixation de la composition de cette commission ne sont pas précises et, par effet, source d’insécurité juridique, voire de blocage institutionnel.

Dans la majorité des cas, les conseils communautaires délibèrent sur la composition de la CLETC, à charge pour les communes de désigner ensuite leur(s) membre(s). Cette composition varie selon les cas d’un délégué par commune, à l’ensemble du conseil communautaire, en passant par des représentations proportionnelles à la population.

Au moment où le législateur souhaite préciser les règles de composition des assemblées délibérantes, il serait souhaitable de combler le vide juridique sur les modalités de composition de cette commission essentielle dans le processus d’évaluation des charges transférées. A défaut, il pourrait être considéré que l’unanimité des communes est requise, ce qui signifie que la création de la CLETC est en soi plus contraignante que celle d’une agglomération ! ».

L’enjeu est évidemment de faciliter à son profit le dénouement de l’affaire de la piscine des Vauroux, où la Communauté d’Agglomération n’a toujours pas restitué au Syndicat intercommunal des Vauroux les 900 000 euros au titre du transfert de charges. 900.000 euros que l’Agglomération doit aux villes de Lucé et de Mainvilliers et que M. Gorges refuse de rendre.


Se sachant en délicatesse, Jean-Pierre Gorges utilise son mandat de député pour régler des contentieux en cours concernant une agglomération qu’il préside.


Rappelons à M. Gorges que la loi doit définir des normes générales et non pas vocation à s’appliquer à des cas individuels, et qu’une telle pratique constitue en droit une « loi de validation », c’est-à-dire une loi votée uniquement pour faire échec aux décisions des juges.


Ces pratiques sont régulièrement dénoncées par le Conseil d’Etat et la Cour de cassation, car elles constituent une intervention politique dans un litige en cours et rompent l’égalité des armes entre les parties.

Rappelons enfin à M. Gorges qu’un tel amendement est juridiquement risqué. Si le Conseil constitutionnel ne la censure pas, le Conseil d’Etat pourrait ne pas l’appliquer, conformément à ses principes, et la Cour Européenne des Droits de l’Homme, selon une jurisprudence constante, le condamnera probablement au nom du droit à un procès équitable (article 6-1) et de l’article 1er du premier protocole, relatif au respect des biens.

Dans tous les cas, nous invitons les élus et les habitants de Lucé et Mainvilliers à réagir sans tarder contre ce déni de justice. La loi vaut pour tous, même pour Chartres, et n’a pas vocation à justifier a posteriori les agissements de M. Gorges contre les villes de l’agglomération. Trop, c’est trop !!!"

Sandra Renda

Harold Huwart

Tous derrière Fansolo

lundi 03 mai 2010 à 06:10


Dans le cadre de la journée mondiale pour la liberté de la presse et plus largement :

APPEL à la SOLIDARITE envers le BLOGUEUR « FANSOLO ».


Il y a quelques mois, vous êtes environ 500 à avoir signé la pétition de soutien à Antoine Bardet, dit « Fansolo ».  (voir la pétition ici : http://www.lapetition.be/en-ligne/orlans-le-droit-de-rire-en-danger-3105.html)

Ce blogueur était poursuivi par Serge Grouard, maire d’Orléans, pour avoir écrit, quelques semaines avant la campagne des municipales 2008, un blog internet humoristique à son sujet.

(Vous pouvez en consulter la copie hébergée par Reporters Sans Frontières ici :  http://antoinebardet.rsfblog.org/)

Fansolo a été condamné une première fois le 8 octobre 2008, en référé, et l’Appel intervenu le 22 mars 2010 a confirmé et renforcé ce jugement, considérant que Fansolo avait « dénigré » Serge Grouard. Pour la première fois, donc, à notre connaissance, un humoriste est condamné pour dénigrement d’un homme politique. Jusqu’ici, seules des marques, des sociétés commerciales, pouvaient être « dénigrées ». Compte tenu du contenu insignifiant du blog incriminé, nous sommes vraiment inquiets pour la liberté d’expression. Les conséquences directes de cette affaire sont disproportionnées :

Fansolo a été contraint de changer de travail, de déménager avec sa famille dans une autre région, d’assumer plus de 13 000 € de frais de défense. Il est à présent condamné, suite aux deux jugements, à verser près de 16 000 € (seuls 10 000 devraient réellement lui être réclamés du fait que les publications payantes dans la presse ne devraient pas être effectuées).

Un premier appel à la solidarité, en 2008/2009, avait permis de récolter 55 dons (par Paypal et par chèque), nous permettant de verser à Fansolo un soutien financier de 3 692 €.

Ce soutien lui a été très utile pour gérer une partie de ses frais d’avocats, mais cela ne suffit pas, bien sûr.

Si, comme nous, vous êtes choqués par la démesure de cette affaire, n’hésitez pas, et apportez-lui votre soutien en envoyant un don qui permettra d’alléger les sommes dûes.

Vous pouvez :

1/ adresser un chèque à l’association qui héberge un compte ouvert spécialement pour l’occasion :

La Lettre d’Arthur - Solidarité

6 boulevard de Québec

45000 ORLEANS

(Le chèque est à faire à l’ordre de "La Lettre d’Arthur - Solidarité").

2/ effectuer un don directement «en ligne» par le service sécurisé PAYPAL,

en vous rendant sur le site http://lesamisdefansolo.com

Pour des raisons évidentes de transparence, trois personnes différentes sont chargées de la surveillance et de la gestion des dons :

Stéphanie Sobréro, Miguel Teixeira, et Christophe Desportes-Guilloux.

Un point est publié régulièrement ici :

http://www.lesamisdefansolo.com/relev_de_comptes/

Merci beaucoup d’avance de votre soutien !

Les amis de Fansolo

Ecrans de fumées

mardi 20 avril 2010 à 16:39
Il suffit du panache blanc d’un volcan islandais pour clouer au sol les avions du monde entier ou presque. Il suffit de rejets de silice pour qu’au nom du principe de précaution, on examine de près les moteurs des avions et qu’on ne prenne pas le risque qu’ils finissent comme celui du président polonais. Sage précaution, dira-t-on, voire excès de prudence pour ceux que la paralysie des transports ont une incidence sur l’activité économique comme le tourisme.

On est pas toujours aussi prudent. De la silice rejeté dans l’air, ça fait des années que l’on connaît ça dans l’agglomération chartraine sans que cela émeuve grand monde. Ces nuisances sur Lucé-Ouest en premier lieu mais sur toute l’agglomération en fonction des vents, l’entreprise Appia (ex-Société Chimique de la Route - SCR) en est responsable, tout autant par le bruit, les odeurs et les corps volatiles en suspension.

Certes, le problème n’est ni récent ni aussi exotique que le volcan islandais. "Nuisances sur Lucé-Ouest : dans l’attente d’une solution", pouvait-on lire en pleine page 16 du Lucé Info de nov-déc …2005 sous la plume de Boris Minsky, 1er adjoint alors délégué à l’Urbanisme, vice-président de Chartres Métropole. Bilan cinq ans après : que dalle. Toujours l’attente d’une solution que personne n’est pressé de trouver. Il est encore une fois urgent d’attendre.

Le Journal du Dimanche (JDD) du 11 avril titrait : "Vers un scandale du bitume. Après l’amiante, un nouveau drame de santé publique en perspective." La famille d’un ancien salarié de la société Eurovia a assigné l’entreprise pour "faute inexcusable" devant le tribunal des affaires de la Sécurité sociale (TASS) de Bourg-en-Bresse (Ain). La veuve et les quatre enfants de Francisco Serrano Andrade, décédé des suites d’un cancer de la peau après avoir travaillé une vingtaine d’années au contact du goudron et du bitume, veulent que la responsabilité de son ancien employeur soit reconnue. 

Depuis vingt ans, les habitants de l’agglo en prennent insidueusement plein les poumons pour pas un rond. Depuis le décès de Francisco Serrano Andrade, Euravia, dont les activités sont comparables à celles d’Appia, a modifié, entre autres, ses procédures d’épandage du bitume. Que faudra-t-il faire à Lucé pour qu’enfin le dossier se débloque ? Il y a bien depuis deux ans un adjoint à l’environnement à la mairie. Aux dernières nouvelles, il est allé aux fraises et cueillir des pâquerettes…

PS : le goudron nuit gravement à votre santé.