Archive pour la catégorie ‘Mémoire courte’

Retraites : vers la constitution d’un pacte UMPS ?

vendredi 22 janvier 2010 à 14:38

Enfin un vrai débat de fond, loin des querelles minables d’appareil ! Par la voix de sa patronne nationale, le Parti socialiste déclare qu’il est d’accord pour abandonner le dogme de la retraite à soixante ans au profit d’une retraite à 61 ou 62 ans moyennant la prise en compte de la pénibilité du travail et l’activité des seniors. Aussitôt l’UMP applaudit et le Premier ministre déclare, ravi : "les lignes bougent enfin".

Rappelons qu’en 2003, le PS avait orchestré l’opposition à la réforme des retraites dans la fonction publique voulue et obtenue par …François Fillon. C’est dire si le virage socialiste est …radical, à 180 degrés… Mais les socialistes sont-ils tous sur la même longueur d’onde ?

Et, au fait, qu’en pensent les lecteurs de la Piquouse ?

23 août 1944, de Gaulle boudé par le clergé chartrain

dimanche 23 août 2009 à 11:39

Il y a soixante-cinq ans, le 23 août 1944, le général de Gaulle, président du gouvernement provisoire de la république française (GPRF), faisait escale à Chartres, sur la route de Paris. Zadig nous révèle que le magnificat programmé en la cathédrale faillit ne jamais avoir lieu…

“Lorsque le 23 août 1944, le général de Gaulle décide de se rendre à la cathédrale de Chartres, il entre dans un lieu déserté par le clergé, pas un seul clerc pour l’accueillir.

Cet état de fait est tout à fait conforme à l’attitude de la hiérarchie du clergé durant toute la guerre. C’est le cardinal Suhard qui fait pression sur les chrétiens en assimilant totalement résistance et terrorisme, c’est le cardinal Gerlier à Lyon qui déclare en 1940 (après la rencontre de Montoire) que « Pétain c’est la France et la France c’est Pétain ».

Un seul évêque français fera preuve de courage, de dignité, et d’humanité, c’est monseigneur Saliège à Toulouse. Il fera lire dans son diocèse une lettre pastorale condamnant énergiquement l’antisémitisme et toutes les mesures visant les juifs. Il fallait de toute évidence faire payer aux Français le Front populaire et Pétain était l’homme de la situation.

Du côté espagnol, ce fut pire encore puisque le clergé soutint massivement Franco contre les républicains.”

Zadig

Le MoDem ou comment faire fuir les électeurs…

jeudi 13 août 2009 à 13:02

Un petit exercice de calcul électoral va nous divertir en cette période estivale. Quittons le marais des sondages où les officines les plus vénales donnent les résultats les meilleurs à ceux qui les payent (le plus). Je vous propose de les ignorer aujourd’hui et de nous amuser, sans trop de gravité, avec la mésaventure survenue aux stratèges de l’alliance gauche + MoDem, à travers l’expérience in vivo des dernières élections partielles de l’été 2009. Les jolis châteaux en Espagne (en Roussillon pour Perpignan et en Provence pour Aix) se sont vite écroulés devant la cruelle punition que les électeurs ont infligée aux apprentis sorciers.

Sur la méthodologie employée, aucun mystère n’intervient puisque je regarde simplement les résultats officiels sans rien modifier. Sur les critères personnels (les têtes de listes), je me garderais bien d’incriminer la moindre personnalité, n’étant pas familier du contexte territorial. Les raisonnements en pourcentage perdent tout leur intérêt avec des taux de participation trop faibles, atteignant à peine 44 % au 1er tour de la partielle d’Aix et 54 % au 1er tour de celle de Perpignan. Mais où est donc passée la grande marée citoyenne du printemps présidentiel 2007 ?

1. Le verdict d’Aix-en-Provence

En termes de suffrages exprimés, la gauche, unie avec le MoDem, avait recueilli 32.275 voix au 1er tour des municipales de mars 2008, score confirmé au 2e tour avec 31.068 voix. Un an après, les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs, hélas !

L’union - bien artificielle - de la carpe et du lapin, gauche + MoDem, trébuche dès le départ, avec au 1er tour, à peine 19.778 voix, ce qui représente une grave hémorragie (moins 12.497 voix par rapport au 1er tour de 2008, et moins 11.290 voix par rapport au 2e tour de 2008).

Dans cette configuration, trois listes se disputaient les faveurs de l’électeur de gauche : l’alliance PS-MoDem, les Verts alliés aux occitans, la gauche alternative. Les Verts font leur entrée pour la première fois dans le paysage aixois avec 4.372 voix, se rapprochant des 5.255 suffrages glanés en 2008 par Michel Pezet, leader historique de la gauche locale, ancré dans le terroir depuis plusieurs décennies. Pas mal pour des débutants… Quant à la liste des alternatifs, les Aixois valident leur présence par un résultat similaire à celui de 2008 (de 1.508 à 1.629 voix, en léger progrès).

Alors cherchons ensemble qui a bien pu chuter si gravement. Devinez : de l’addition de la rose et des oranges, bien pressées, ne restent que les pépins. Evidemment, la fameuse alliance va devoir donner des explications aux électeurs. Je veux bien concéder que la baisse de la participation a pu causer un préjudice à cette coalition incertaine. J’ai tenu à vérifier si ce constat prévalait aussi à droite. Les listes de droite (maire UMP sortante dans les deux scrutins, listes dissidentes de droite ou d’extrême droite) retrouvent les électeurs de 2008, qui leur avaient accordé 18.924 suffrages. Le constat redouble de cruauté contre la gauche, puisque le potentiel de droite se hisse à 19.484 voix en 2009, soit une hausse inattendue de 560 électeurs malgré la mini participation. Cette vérification fait tomber l’argument du retrait des citoyens partis à la plage.

Il faut accepter la terrible réalité telle qu’elle est : l’UMP dit merci à cette alliance de façade, qui donne à la droite les moyens d’égaliser avec la gauche dès le 1er tour en 2009 (il lui manque à peine 294 voix). Quel progrès : en une année, l’avance de la gauche a fondu comme le sucre dans le café, elle qui totalisait encore 2.910 voix d’avance au 1er tour en 2008…

Pis encore : en amalgamant (artificiellement, bien sûr) le score du MoDem, la gauche menait avec 13.351 voix d’avance. Comme ces chiffres sont étranges. Mais où est donc passé le MoDem ? Avez-vous vu ses électeurs (10.441 au 1er tour de 2008, 7.123 au 2e) ?

D’un côté, une gauche qui rétrécit violemment. De l’autre, une droite maintenue et même en progression. Une abstention unijambiste : nulle à droite, considérable à gauche. Personne ne peut savoir le secret des isoloirs. Mais avouez quand même, en toute bonne foi, ce verdict surprenant des Aixois, malgré la marée haute du chômage et la baisse du pouvoir d’achat, malgré aussi une dissidence au sein de l’UMP. L’addition a fini par accoucher d’une soustraction.

A titre de petite curiosité, j’ai quand même voulu m’assurer des transferts de voix au 2e tour en 2008 et en 2009. Certes, le MoDem s’était représenté au 2e tour de 2008, mais avait perdu le tiers de ses troupes dans la semaine de ballottage. Cette saignée avait déjà profité à la liste UMP (+ 5.768 voix), la gauche n’en gagnant que 2.111.

Où l’on voit, une fois de plus, de quel côté penche le MoDem… Si la démonstration ne vous convainc pas, je vous invite à refaire vous-mêmes les calculs, y compris en pourcentage, ils sont accablants.

2. Le verdict de Perpignan

En termes de suffrages exprimés, la gauche, unie avec le MoDem, avait recueilli 18.053 voix au 1er tour des municipales de mars 2008, score confirmé au 2e tour avec 18.498 voix.

L’union de la carpe et du lapin, gauche + Modem, trébuche dès le départ, avec au 1er tour, à peine 13.984 voix, ce qui représente une grave hémorragie (moins 4.069 voix par rapport au 1er tour de 2008, et moins 4.514 voix par rapport au 2e tour de 2008).

Dans cette configuration, deux listes se disputaient les faveurs de l’électeur de gauche : l’alliance PS-MoDem d’une part, une liste de divers gauche d’autre part. Cette dernière confirme son ancrage dans le paysage municipal de Perpignan avec 5.097 voix en 2009, se rapprochant des 5.591 suffrages glanés en 2008 par Jean Codognes.

Après étude minutieuse des chiffres, l’argument selon lequel la baisse de la participation a pu causer un préjudice à cette coalition incertaine ne tient pas la route. Au premier tour, les suffrages exprimés dans les urnes ont représenté 36.968 voix en 2008, 35.914 en 2009. Il ne s’agit donc pas d’un phénomène de forte abstention.

Les listes de droite (maire UMP sortant et listes d’extrême droite pour les deux scrutins, une divers droite en 2009) retrouvent les électeurs de 2008, qui leur avaient accordé 18.915 suffrages. En 2009, le potentiel de droite se hisse à 20.673 voix, soit une hausse inattendue de 1.758 électeurs malgré la légère baisse de participation. Malgré un contexte de fraude qui aurait dû pénaliser l’UMP…

L’alliance gauche + MoDem a donné à la droite les moyens d’amplifier son avance sur la gauche dès le 1er tour en 2009 (plus 6.689 voix). En une année, le score de la gauche est retombé sous les chaussettes (et sans fraude dans ce cas-là !), elle qui était distancée de 4.016 voix au 1er tour en 2008…

Les électeurs du second tour n’avaient pas apprécié la manœuvre de dernière minute dans l’entre-deux-tours des municipales 2008 où le MoDem avait opté pour une alliance factice et intérimaire (bien mal ballotté ne profite jamais !). Si la gauche engrangeait sur sa liste fusionnée 445 voix de plus, la droite, même divisée en deux listes, en gagnait 4.525. Dix fois plus, rendez-vous compte ! D’autant que le fort regain de participation entre les deux tours de 2008 aurait dû profiter à la « coalition arboricole », du moins en faisant un calcul arithmétique.

Ajouté à tout cela la forte dissidence du Front national (3.382 suffrages au 1er tour de 2009), la liste UMP subissait donc un lourd handicap. En dépit de ce facteur très défavorable, l’alliance rose-orange a encore concédé 2.367 voix de retard au second tour derrière l’UMP, alors qu’elle égalisait presque au 2e tour de 2008, avec un différentiel de 574 voix, trop faible pour la justice administrative.

La seconde chance offerte par les juges a été dilapidée stupidement par les apprentis sorciers des calculs électoraux. Pourtant, ils auraient pu s’instruire en observant le précédent du 2e tour des municipales de Chartres en mars 2008…

L’observation clinique s’arrête ici, par charité citoyenne. Plutôt que de ressasser des additions virtuelles dans d’obscurs couloirs, nos stratèges pourraient s’allier avec …les électeurs en s’occupant plus concrètement du chômage et de la baisse des salaires ! On ne les entend guère sur ces deux points chauds… A ces esprits faussement bavards, les électeurs opposent un refus muet. Dernier avertissement avant les régionales !

Jean-Michel Renda