Julien Le Gall, étudiant en M1 Science Politique à Paris-Panthéon-Sorbonne, a produit une belle analyse intitulée « La présentation de soi dans la communication électorale ; étude du jeu d’imposition des représentations en campagne électorale, l’élection législative partielle de la première circonscription d’Eure-et-Loir de septembre 2008 ».
En annexe de son travail, sont reproduites les interviews de tous les candidats du "troisième tour" de cette élection législative dans la circonscription de Chartres, après les invalidations successives (ce fut une première nationale) de l’UMPiste Jean-Pierre Gorges (novembre 2007) puis de la socialiste Françoise Vallet (juin 2008).
La Piquouse reproduit ci-après un extrait des propos de David Lebon (13 février 2009, page 66) :
Question : "…je me posais la question de savoir, est-ce que l’annulation de Françoise Vallet ça a été une ressource pour vous, c’était l’occasion d’attaquer Gorges ?"
David Lebon : "…ça m’a fait gagner du temps. Oui, oui… (…) Moi, l’avantage, c’est que je ne suis pas allé dans le Leclerc (ndlr : pendant la seconde campagne électorale, après l’invalidation de Jean-Pierre Gorges, Françoise Vallet et Ségolène Royal ont visité l’hypermarché Leclerc à Luisant, entourées par quasiment tous les responsables socialistes départementaux et sous l’oeil des caméras. Le Conseil constitutionnel n’a pas apprécié…) . J’avais senti le coup venir".
Question : "…c’est vrai à l’avance vous vous êtes dit…"
David Lebon : "On est plusieurs à avoir dit que c’était pas la meilleure idée du siècle. Il y avait débat, les tenants de la communication qui considéraient "on va parler que de nous parce que c’est un truc énorme" (rire). Et les tenants moins de la communication qui se disaient "humm… c’est peut-être dangereux".
Question : "…et après est-ce que ça joue alors quand vous constituez votre équipe de ne pas créer une petite cellule de communication ?"
David Lebon : "Ouais. Ce qui joue c’est de ne pas avoir une directrice de campagne, un directeur de campagne. (…) j’ai voulu que les gens qui s’occupent de la campagne soient des militants…"