Archive pour la catégorie ‘Finances, économie’

La rumeur de l’A154 gratuite pour les Euréliens

lundi 28 juin 2010 à 12:08
C’est aujourd’hui que l’Etat doit dévoiler son choix dans l’affaire de l’A154 entre Allaines et Nonancourt.

D’après les parlementaires UMP/NC d’Eure-et-Loir, il devrait être annoncé la construction d’une autoroute payante sauf pour les habitants du 28.

Une magnifique escroquerie intellectuelle. En réalité, il s’agira d’une fausse gratuité tellement le conseil général et les communautés d’agglomération et de communes riveraines devront mettre la main à la poche. Sans oublier l’essentiel : la dévastation programmée de l’environnement à cause du viaduc de St-Prest et du contournement sud-ouest de l’agglo drouaise facteur de destruction des vallées Natura 2000 de l’Avre et de la Blaise.

Comprendre la mondialisation (10)

samedi 26 juin 2010 à 08:10

Poursuivons l’analyse de C-A Michalet.

Troisième forme de Firmes Multinationales (FMN), celles qui suivent une stratégie de minimisation des coûts (outsourcing). Les FMN cherchent à déplacer une partie plus ou moins importante de leurs capacités de production hors du territoire d’origine vers des économies moins développées en créant des filiales ateliers. L’objectif est de réduire les coûts unitaires de production afin d’améliorer la compétitivité prix de la firme. Attention les coûts sont certes ceux de la main d’œuvre, mais aussi les prix de l’énergie, des matières premières, des transports, des terrains, des bureaux…

La production des filiales ateliers (produits intermédiaires, composants) est généralement réexportée vers des filiales du groupe ou vers la maison mère. Mais ce ne sont pas de vraies exportations car elles circulent en interne (à l’intérieur du groupe), les économistes parlent d’échanges intra firmes à des prix dits de transfert (prix ne reflétant pas les coûts de production). Ces filiales ateliers n’ont aucune autonomie (c’est la maison mère qui décide) et sont fortement spécialisées afin de créer des économies d’échelle importantes.

Certaines conditions doivent être réunies pour que cette stratégie soit efficace.

Il faut de faibles coûts de transport, et la production est aujourd’hui une production à flux tendus (livraison juste à temps avec le zéro stock) qui ne tolère aucun retard. Le progrès technique, ces dernières décennies, a permis une baisse des coûts de transport, aussi bien dans l’aérien, que dans le maritime et le terrestre, notamment grâce à la containérisation. Bien sûr, cela ne mesure pas –c’est-à-dire que ce n’est pas pris en compte par le marché – les dégâts sur les modes de vie et l’environnement…

Il faut également des productions à fortes économies d’échelle.

Enfin il faut un abaissement important des coûts de production par une main d’œuvre bon marché, même si souvent bas salaire est synonyme de faible productivité. L’utilisation par les FMN des technologies récentes et plus sophistiquées nécessite une main d’œuvre plus qualifiée et théoriquement plus coûteuse. La main d’œuvre devient alors plus chère – dans les pays démocratiques ! Mais elles restent encore moins chères que dans les pays développés, sinon les FMN délocalisent là où la main d’œuvre est encore peu coûteuse, la Thaïlande, le Vietnam…

À ce stade, nous pouvons résumer les avantages liés aux stratégies de marché : l’implantation à l’étranger de filiales relais permet aux FMN de contrôler les marchés locaux, de mieux les connaître, de contourner les barrières protectionnistes et d’augmenter la durée de vie des produits et donc leurs rentabilités.

Les avantages d’une stratégie de minimisation des coûts de production : se rapprocher des matières premières, implanter des filiales ateliers là où la main d’œuvre est moins coûteuse, profiter des avantages d’un commerce intra firmes en terme de prix, de délais, de qualité…

Quatrième forme de FMN, celles qui suivent une stratégie dite oligopolistique. La réalité de la concurrence des marchés internationaux est une concurrence oligopolistique, à savoir quelques grands producteurs. « Chaque firme prend ses décisions en fonction de la réaction anticipée de ses concurrents à ses propres décisions ». Ainsi dans un tel cadre, le partage des marchés «  va pousser ceux-ci à privilégier la croissance multinationale ». C-A Michalet distingue trois variations : suivre le leader pour défendre ses parts de marché et pour éviter que le leader n’impose des barrières à l’entrée ; pour maintenir l’équilibre entre les différentes firmes, l’idée n’est pas de se battre sur les prix (perte de marge) mais de lancer de nouveaux produits ou de se différencier grâce à l’innovation mais cette dernière s’épuisant vite (les suiveurs rattrapent), reste donc la diversification des activités et les délocalisations à l’étranger ; enfin dernière variation, « le jeu de la dissuasion », résumé en « tu viens chez moi alors je vais chez toi », comprendre « si tu viens sur mon marché je vais sur le tien ».

C-A Michalet termine la revue des FMN par celles qui adoptent la stratégie globale qui combine des marchés de grande taille et en expansion (stratégie de marché) et des bas coûts de production (stratégie de minimisation des coûts). Cela nécessite un espace économique différencié de type Alena (Accord de libre échange Nord Américain) car le travail et le capital peuvent circuler librement au sein d’économies inégalement développées (avec des différences de coûts salariaux). Cette stratégie préfigure ce que C-A Michalet va appeler la stratégie dominante dans la troisième configuration de la mondialisation, à partir des années 1990.

Pour C-A Michalet les choix d’implantation dépendent également des facteurs d’attractivité que l’on peut résumer en trois critères : le « climat » du pays d’accueil, c’est-à-dire la situation macro-économique du pays (faible inflation, investissement élevé… ) ; le risque pays à savoir sa situation financière (endettement, solvabilité, risque de change…) ; le « traitement » à savoir la régulation par l’État (infrastructures, lois fiscales et sociales, l’état des services publics…).

À suivre…

Kritik

Veolia aurait déjà dépensé 7 millions d’euros pour la STEP de Seresville

vendredi 25 juin 2010 à 14:36
Ce matin, à l’audience du tribunal administratif d’Orléans, trois recours ont été examinés au sujet du projet de station d’épuration à Seresville, commune de Mainvilliers : celui de la préfecture d’Eure-et-Loir, celui des communes de Mainvilliers, Lucé, Champhol et Lèves, et enfin, celui du citoyen Gérard Leray.

Les trois initiatives vont toutes dans le même sens : obtenir l’annulation de la délégation de service public (DSP) confiée pour vingt ans par la majorité de droite au conseil communautaire de Chartres Métropole à la multinationale Veolia, dans un projet absolument disproportionné (200 000 équivalent habitants) et énergivore.

Au bout de 90 minutes, le rapporteur public a plaidé en faveur de l’annulation de la DSP au motif d’une insuffisance d’informations à destination des candidats à la DSP et des élus.

A l’occasion, on a appris de la bouche des avocats de Chartres Métropole et de la société Veolia que cette dernière perdrait sept millions d’euros si le projet était contrarié par la justice administrative… Alors même que la STEP n’existe pas encore !!!

Le tribunal dira sa décision le 9 juillet prochain.