Archive pour la catégorie ‘Démocratie participative’

Charity Business

vendredi 23 avril 2010 à 14:22
La mendicité est une activité économique qui peut être fort rentable pour peu qu’elle ait été pensée, réfléchie, étudiée avec soin. Il ne suffit pas de tendre la main à la sortie de la cathédrale ou sa sébile en forme de coquille Saint-Jacques pour remplir sa besace.

La mendicité, pour qui s’y prend bien, n’exige que quelques heures de présence, à l’entrée et à la sortie des offices essentiellement. Il est fort utile, partant fort lucratif, de connaître aussi les heures de visites des transports, en particulier s’ils ont un fort pouvoir d’achat comme les Allemands ou les Japonais ou, s’ils ont des habitudes charitables, comme les Italiens et les Espagnols. En revanche, les Hollandais, pourtant nombreux, ou les Américains ne sont pas des cibles privilégiées, eux qui répugnent à donner quoi que ce soit, pas même un sourire ou un regard humain.

Ce business n’est pourtant pas si simple. Cela se bouscule quelque peu au portillon, les bonnes places étant limitées. Le Portail Royal est incontestablement du meilleur profit, le Sud préférable au Nord à cause de l’exposition et de la protection relative aux vents.

Le principe de base reste celui du premier arrivé, premier servi, étant donné qu’on n’est jamais si bien servi que par soi-même. Il y a les habitués, les anciens, qui connaissent le mieux le topo, chacun apportant un plus, une spécialité : la connaissance du site avec des détails croustillants digne des meilleurs guides, le chant entraînant des cantiques justement choisis…

La tenue y fait aussi beaucoup. Il faut être propre mais pas impeccablement rasé. On doit susciter une certaine bonté condescendante, pas la pitié. un ivrogne ou un débraillé ne fera pas un rond, pas plus qu’une mine de déterré ou de désespéré. Un brin de gaité est apprécié. On tient la porte comme le groom d’un cinq étoiles, on sourit, on dit "Bonjour, que le Christ, la Vierge ou la Paix soi(en)t avec vous", "Que le Seigneur soit avec vous !" : ça fait toujours plaisir et la piécette sort plus facilement de sa tanière.

Certains sont occasionnels, tentant de se faire une place au soleil sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, par exemple. En général, tout se passe bien, chacun comprenant tacitement qu’on a besoin de travailler. On se partage ainsi le marché de la générosité sans anicroche majeure.

Pourtant, à une époque récente, il n’en a pas toujours été ainsi. On se partageait littéralement le territoire et les nouveaux venus étaient priés d’aller se faire voir ailleurs. Il y eut même un règlement de comptes mortel et l’on ne chercha pas même vraiment à élucider le meurtre d’un sans domicile fixe, sans famille et même sans papiers, qui avait tenté de s’implanter de force. Mal lui en prit puisque, un soir, il fut agressé par trois ou quatre collègues qui le rouèrent de coups de pieds et de poings, histoire de lui donner une leçon.

Il ne s’en releva pas. La leçon avait porté ses fruits. Cependant, depuis cette tragédie, les auteurs convinrent qu’il fallait passer à d’autres méthodes d’intimidation, plus douces, histoire de ne pas finir derrière les barreaux du 8 rue des Lisses. La sagesse divine prend parfois de bien curieux chemins…

Maitre Goupil, "Les nouveaux mystères de la cathédrale de Chartres" (4)

Une citation de Karl Polanyi à méditer…

samedi 10 avril 2010 à 08:12
« Permettre au mécanisme du marché de diriger seul le sort des êtres humains et de leur milieu naturel, et même en fait, du montant et de l’utilisation du pouvoir d’achat, cela aurait pour résultat de détruire la société. […]

Car la prétendue marchandise qui a nom «force de travail» ne peut être bousculée, employée à tort et à travers, ou même laissée inutilisée, sans que soit également affecté l’individu humain qui se trouve être le porteur de cette marchandise particulière. En disposant de la force de travail d’un homme, le système disposerait d’ailleurs de l’entité physique, psychologique et morale «homme» qui s’attache à cette force.

Dépouillés de la couverture protectrice des institutions culturelles, les êtres humains périraient, ainsi exposés à la société ; ils mourraient, victimes d’une désorganisation sociale aiguë, tués par le vice, la perversion, le crime et l’inanition. La nature serait réduite en ses éléments, l’environnement naturel et les paysages souillés, les rivières polluées, la sécurité militaire compromise, le pouvoir de produire de la nourriture et des matières premières détruit ».

Karl Polanyi, La grande transformation (1944), Gallimard, 1983, chapitre 6, page 108.

Kritik

Un huissier de justice chez Gérard Hamel

vendredi 12 mars 2010 à 15:40
Communiqué d’information de l’Union Locale FORCE OUVRIERE de DREUX aux salariés de PHILIPS EGP de DREUX.
 
Une sommation interpellative a été remise à Monsieur Hamel, Député-Maire UMP de Dreux, par un huissier de justice le 11 mars 2010 au soir.
 
Monsieur Hamel, très bavard et amateur d’effets de manches devant la presse, a été amené à confirmer des propos confiés à des journalistes, cette fois devant un homme de loi qui lui a présenté ladite sommation. Ce qui, en toute bonne foi, n’aurait dû poser aucun problème, s’agissant simplement de confirmer des informations communiquées à la presse.
 
Cette démarche initiée par FORCE OUVRIERE n’est pas anodine car si, effectivement, les salariés de PHILIPS-EGP touchaient "en moyenne" (donc voire plus ..)  100.000 euros d’indemnités de départ, cela signifierait que le député maire de Dreux a des informations dissimulées aux élus du CCE et du CE et donc du personnel.
 
Cela remettrait en cause toute la légalité et la sincérité de la consultation en cours et constituerait un élément d’importance dans le combat de survie engagé par les salariés de PHILIPS avec leurs syndicats.
 
Nous avons maintenant un élément de réponse.
 
Monsieur HAMEL, devant un homme de loi lui demandant de confirmer ses propos dans le cadre d’une procédure officielle, a tout simplement …refusé de confirmer ses effets d’annonce et refusé de répondre.
 
Les salariés, les organisations syndicales, l’opinion publique et les élus du CCE et du CE de PHILIPS savent ainsi à quoi s ‘en tenir sur le sérieux des allégations de propagande anti-syndicale et les annonces en tous genres de "réindustrialisation" , de centaines d’offres d’emplois non satisfaites à Dreux , de centaines de futurs nouveaux emplois,  de "portefeuille" de dizaines d’entreprises prêtes à s’installer à Dreux, etc.. de  Monsieur HAMEL.
 
Le silence de Monsieur Hamel laisse néanmoins planer le doute sur des informations que la direction de PHILIPS aurait pu lui communiquer aux fins d’annonce publique sans passer par l’information loyale du CCE et du CE. Ce document est donc remis à l’avocate du CE, Maître Sandra Renda, dans le cadre de la suite des procédures en cours.
 
Fait à Dreux le 12  mars 2010.
 
                                                                                                                                                                                                                                     Dominique Maillot, secrétaire de l’Union locale FO de Dreux