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Développement durable : question à Jean-Claude Pierre (10)

Par MPM • mardi 03 avril 2007 à 19:50 • Catégorie: Agglo, Démocratie participative, Ecologie, La parole à...
Demain 4 avril, à l’Espace Jean Moulin de Champhol, à partir de 20 heures, Jean-Claude Pierre, l’un des plus grands pédagogues et praticiens français du développement durable, viendra faire part de son expérience aux habitants de l’agglomération chartraine, à l’invitation d’Energies Citoyennes, des Amis de la Piquouse de Rappel et des Verts.

En introduction, une dixième et dernière question posée à Jean-Claude Pierre (après celles publiées sur la Piquouse les 24, 26, 28, 29, 30, 31 mars, 1er et 2 avril), avec sa réponse :

Question : quels sont les principaux freins et obstacles à la mise en oeuvre d’une authentique politique de développement durable ?

Jean-Claude Pierre : D’abord, il y a des obstacles sémantiques : je n’aime pas le mot “durable”. Ce n’est pas parce qu’une chose est durable qu’elle est bonne. Je préfère le mot “soutenable”. Mais parce que le mot “durable” est officialisé en France, je précise toujours avec cette expression : “développement durable, soutenable et solidaire”, parce que “durable” est connoté mécaniquement et n’implique aucune notion morale, alors que “soutenable et solidaire”, ça nous ramène aux aspects économiques, écologiques et sociaux.

Ensuite, il y a des obstacles historiques. Quand on a créé en France un secrétariat au développement durable, il a été placé - et il y est toujours - sous l’autorité du ministère de l’écologie. Ce qui accrédite l’idée aux yeux de nos compatriotes que le développement durable est quelque part le nouvel ami de l’écologie. Et là encore, on fait l’impasse sur la dimension sociale et équitable.

Puis, nous vivons dans un pays hyper centralisé où règne la pensée unique. Les administrateurs de la France sont formés dans les mêmes écoles. Sans oublier l’empilement des organes décisionnels : vous avez les directions de l’agriculture, de l’équipement, de la recherche, de la santé… Chacun est cloisonné.

Le développement durable implique de tirer parti des richesses du territoire et d’utiliser toutes ses potentialités. Et la solution à mettre en oeuvre à Strasbourg n’est pas forcément la même que celle qu’il faudrait utiliser à Toulouse. Or, aujourd’hui encore, la France, c’est le tout à l’égout, le tout électrique, le tout nucléaire, etc.

Donc, le développement durable implique que nous ayons une démarche systémique, globale. Certes les Français sont cartésiens : ils sont très forts pour analyser les différentes parties d’un système, mais ils sont mauvais quand il s’agit d’aborder les problèmes dans leur globalité.

Quand des Français découvrent des pratiques de développement durable en Autriche ou en Allemagne, ils disent : “c’est formidable, c’est extraordinaire, mais c’est impossible chez nous”. Pourtant, ces pays ont le même modèle de développement que nous, sont soumis aux mêmes directives européennes, alors pourquoi sont-ils si en avance sur nous sur le sujet ?
Réponse ce mercredi 4 avril.


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