En préambule, une troisième question posée à Jean-Claude Pierre (après celles publiées sur la Piquouse les 24 et 26 mars), suivie de sa réponse :
Question : êtes-vous optimiste ou pessimiste sur les chances de réalisation d’un développement durable en France ?
Jean-Claude Pierre : je suis inquiet. Une inquiétude qui remonte à 1969 quand j’ai créé l’association Eau et Rivières de Bretagne. A l’époque, je me posais déjà la question : quelle terre laisserons-nous à nos enfants ? Mais inquiet ne veut pas dire pessimiste. Nous ne gagnerons que si nous sommes capables de démontrer qu’il existe des alternatives.
Il y a deux pollutions qui sont pires que toutes les autres, parce qu’elles touchent l’esprit de l’homme. La première s’appelle l’indifférence, d’après le proverbe attribué à Louis XV : «après nous le déluge». C’est le comble du mépris des générations futures. La deuxième pollution est la résignation, les gens qui disent : c’est le progrès, c’est la technique qui nous échappe, la mondialisation, les technocrates de Bruxelles…
Toutefois, il existe un motif de confiance : le principe de vie. Depuis la nuit des temps, à chaque fois qu’un organisme vivant s’est trouvé menacé, il a secrété des réactions d’autodéfense. L’humanité est un ensemble vivant, elle a commencé à secréter, et secrétera de plus en plus des réactions défensives.







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