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Les éléphants ne meurent jamais (2ème partie)

Par MPM • lundi 12 mars 2007 à 07:39 • Catégorie: La parole à..., Le ventre qui pleure
Dans la série : "accroche-toi au fauteuil", voici le politicien local. L’exemple de l’addiction au pouvoir vient de haut. De très haut. Du Très-Haut lui-même. Y veut pas décrocher. C’est à lui et le pouvoir, ça ne se rend pas. Ce qui vaut pour les Mitterrand, Chirac et autres premiers ministres, ministres et sous-ministres est également valable pour nos politiciens locaux qui ne rêvent que d’une chose : s’installer dans un ministère. Cela a été le cas de Georges Lemoine, secrétaire d’Etat à l’Energie, à la Défense et à l’Outre-mer (1981-1985), ou de François Huwart, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur (1999-2002).

Ce style de hochet fait bien sur la carte de visite et permet d’épater le bougeois, d’impressionner le prolo. Pour le reste, le boulot est bien payé et on n’est pas obligé de bosser. Si vous êtes de l’opposition, vous vous plaignez de ne pouvoir rien faire avec des larmes de crocodile et en geignant toutes les larmes de votre corps, histoire que l’on vous plaigne bien fort. Si vous êtes aux affaires, vous en profitez un max, vous, la famille et les copains, en hurlant après l’opposition stérile et en jurant vos grands dieux, auxquels vous n’avez jamais crû, en martelant  que les choses s’améliorent doucement, et s’il ne tenait qu’à vous… Mais la mondialisation, les cruels Chinois, ces incultes ricains, ces musulmans, ces athées, ces païens, ces chiens d’infidèles etc. Et patati et pattes en l’air…

Georges Lemoine est LE cas typique d’homo politicus, tellement il a l’impression que la gauche ne peut rien sans lui. Son rôle historique est incontestable. Il n’est pas moins incontestable qu’il est aussi le principal responsable de sa défaite municipale de 2001 au profit d’un autre opportuniste, son clone en pire.

Ce mitterrandiste bon teint en avait les goûts et les méthodes : la culture du complot, l’intelligence de Markus Wolf, les réseaux, le flingage de ceux qui auraient pu lui faire de l’ombre et le défaut majeur de ne pas savoir écouter ceux qui le critiquaient, y compris dans son propre camp, finissant par s’éloigner de son électorat qui lui tourna le dos progressivement. En ne reconnaissant pas ses erreurs, en particulier dans le domaine économique où il affiche un bilan médiocre, il a fini par perdre l’essentiel de ce qu’il avait conquis dans les années soixante-dix.

Sa bataille locale à la tête du PS contre l’ex maire socialiste de Lucé, James Benoist, a laissé les électeurs cocus et désemparés. Georges Lemoine et James Benoist n’ont pas su tirer les leçons de leurs échecs. James Benoist a continué à se venger de son parti et de la gauche en soutenant un frère libéral, Jacques Morland, uniquement pour nuire à Fernand Mira et Martial Latimier, deux radicaux de gauche.

A presque soixante-treize ans, Georges Lemoine continue à tirer contre son propre camp, en espérant reprendre la main. Mais on n’est plus au XXème siècle. Son seul pouvoir aujourd’hui est de nuisance, en disant du mal de ses successeurs au lieu d’aider à monter une équipe nouvelle génération. Comme Jospin, il voudrait qu’on l’appelle, qu’il fasse son retour en recours, style de Gaulle. On lui conseille plutôt d’aller écrire ses souvenirs à lîle de Ré.

Jospin et Lemoine pourront inviter l’actuel député-maire de Chartres qui s’y voit à vie, Jean-Pierre Gorges. Ce dernier aura affiché un tel mépris pour ses opposants et ses propres "alliés"  et "amis" qu’il aura fini par se faire détester en moins d’un mandat et de faire la quasi unanimité contre lui.  Lui aussi refusera d’admettre mordicus, et contre l’évidence, ses erreurs. Comme son ami Jacques Morland, destitué pour prises illégales d’intérêts (que Gorges soutient à titre personnel, même si c’est de plus en plus du bout des lèvres). L’effet domino l’a rattrapé, la réalité étant souvent cruelle aux menteurs professionnels.

La différence entre Georges Lemoine et JPG ? L’étiquette. A l’intérieur, la même machine politique, froide, qui ne pense qu’à elle-même, qui croit-croa qu’en dehors d’elle, point de salut public. Un remarquable sens de l’autisme et de l’auto-satisfaction. Une irrépresssive conscience de son indispensablitude (sic, à la mode Ségo).

Les gens, et donc les électeurs, ne se font pas beaucoup d’illusions sur leur classe politique. Qui peut leur en vouloir ? Vendre du rêve, c’est préparer des désillusions. Prendre les gens pour des cons, ça ne dure qu’un temps. Je crains que notre pays étouffe de ces politiciens bateleurs : la chose publique, le bien commun, la res publica, ça dit encore quelque chose à ces gens-là ?

Renard 37 désabusé


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