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Farenheit 451 (3)

Par MPM • vendredi 05 janvier 2007 à 12:11 • CatĂ©gorie: Education/Culture, LucĂ©

La fin de l’article Farenheit 451

Là où naguère, dans ces îlots délicieux qu’étaient les bibliothèques, l’esprit pouvait encore se sentir libre - butinant d’ouvrage en ouvrage, d’auteur en auteur, qu’il soit ancien ou moderne, de revue en revue, d’article en article, et faisant son miel de tout -, il n’est plus question aujourd’hui que de «rotation» rapide ou lente sur les étalages (ce critère conditionnant la survie du document, son maintien dans le «stock» ou sa destruction, quelle que soit sa qualité), de «promotion», de «statistiques», de «best-sellers» insipides ou illisibles que l’on nous impose comme un «must» culturel, parfois avant même leur publication, qui étouffent la vraie littérature, la vraie création, en les dissimulant au public, et enfin, d’ «animations» qui n’ont plus rien à voir avec le contenu des lieux et dont la seule raison d’être est de légitimer les subventions.

Pour échapper au formatage, au bourrage de crâne médiatique, à cette «police de la pensée» qui ne sévit pas seulement dans les romans de Bradbury ou d’Orwell mais qui a infiltré à notre insu une grande partie de notre quotidien (pour ne pas dire de notre cerveau) et de nos institutions, dont le but est de détruire notre capacité de jugement et de rébellion, faudra-t-il chercher refuge dans la galaxie Internet ?

Faudra-t-il chercher de quoi y résister et nourrir notre combat dans ces musées et bibliothèques virtuels, hors du circuit marchand et politique, que constituent et qu’enrichissent patiemment et passionnément quelques irréductibles pour qui la culture doit demeurer plurielle, universelle, intemporelle, ouverte et accessible à tous ? Si nos institutions culturelles faillissent à leur mission et ne nous protégent plus contre ces méfaits, il le faudra sans doute.

Mais là encore, attention…méfiance ! L’accès à la connaissance par les nouvelles technologies est loin d’être à l’abri de tout assujettissement, de tout risque d’aliénation. Ces outils que sont les moteurs de recherche censés faciliter notre navigation sur le web ne nous conduisent pas toujours où nous voudrions aller, et le monopole de certains, que ne justifient pas forcément leurs performances, représente un réel danger. Il suffit de le savoir, et d’être vigilant.

Que de blabla nous dira-t-on autour de cet événement que fut cette incinération de livres neufs en provenance de la médiathèque. Il nous semblait pourtant important de le signaler non seulement pour faire réagir les Lucéens qui ont ainsi la preuve que leur argent part bel et bien en fumée ; mais, dans un registre plus grave, pour mettre en garde surtout contre cette nouvelle peste qui a pour nom «la pensée unique» et contre laquelle les professionnels du livre et de la culture en général ont le devoir, selon nous, de lutter en première ligne au lieu de pactiser avec l’ennemi, car il s’agit de la survie, sinon de l’espèce, du moins des citoyens libres qui entendent le rester et sans lesquels on ne peut plus parler de démocratie, ni d’électeurs.

Faut-il ajouter que d’autres «charrettes» de livres étaient prévues et devaient suivre le même chemin si Madame l’adjointe à la Culture de Lucé - alertée in extremis par un ami des livres, accessoirement ami de la médiathèque -, n’avait pas fait stopper immédiatement la déportation clandestine ? Un bon point pour elle !


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3 RĂ©ponses »

  1. Les rĂ©actions primaires, grĂ©gaires et corporatives des “bibliothĂ©caires” offusquĂ©(e)s (cf. Farenheit 451- 2) sont bien intĂ©ressantes. Elles nous apprennent d’abord que les bibliothĂ©caires ne savent pas lire… et confirment aussi ce que dĂ©nonce l’article : des bibliothèques devenues des Ă©piceries oĂą seuls les chiffres de frĂ©quentation importent (les Ă©lus en sont friands!) et la prĂ©sentation “aĂ©rĂ©e” de la marchandise… surtout pas sa qualitĂ© ou sa diversitĂ©.
    De grâce! un peu d’autocritique et de rĂ©flexion sur votre “mĂ©tier”!
    Jacques Kraemer, dans “l’Echo” d’hier, dĂ©signe comme “populistes” ces “tendances majoritaires” de destruction massive culturelle auxquelles il entend rĂ©sister. Dommage que d’autres professionnels de la culture s’y soumettent avec autant de zèle jusqu’Ă  en oublier leurs responsabilitĂ©s et cautionner des pratiques inadmissibles.

  2. Ce n’est pas avec de tels discours “d’intellectuels” que vous avancerez dans votre campagne. Comme quoi, vous n’avez pas grand chose Ă  proposer pour le quotidien des habitants de l’agglomĂ©ration….

  3. Qui a pris la dĂ©cision si l’adjointe Ă  la culture a stoper l’opĂ©ration ??

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