Qu’il est triste le tombeau de Ramsès ! Des chrysanthèmes côtoyant quelques choux, dont Jeanne d’Arc n’aurait même pas voulu pour son pot-au-feu, pour agrémenter le funéraire décor des jets d’eau, petites éjaculations pénibles, essayent d’égayer ce Waterloo, morne plaine en donnant un semblant de vie, comme la flamme mal éteinte d’un soldat méconnu.
Une sorte de zone bleue pour piéton au stationnement interdit. N’ayant pas le culte des morts-vivants, je change de crottoire… Les morts, je les préfère de leur vivant.
La statue du Général Zépars de son œil dubitatif, veille au bon ordre moral de cet espace gris, désert et glacial. Impossible d’y échapper. Cet ancien soldat est là pour vous rappeler les bonnes valeurs républicaines. Agenouillé à ses côtés, l’ancien hôtel des postes semble déjà en repentance de l’agonie culturelle dont il se sent coupable… Malraux va mourir, Aragon s’éteint à petit feu, Beaulieu à qui l’on n’a pas donné le temps de trouver un nom repasse son linceul, le Bibliobus qui
n’était «qu’un camion avec des livres dedans» vide ses poumons de son dernier souffle et pleure les rires des enfants.
La ville en a marre qu’on lui ouvre des plaies dans son grand corps malade de la mégalomanie d’un seul décideur, des plaies qui n’en finissent pas de se suturer à coups de pelleteuses. Un corbeau vol bas, Le GYPaète plane, quelle triste fin d’année…
Heureusement, Saint André va donner quelque animation avec une grande devise aussi démocratique que corrosive… Oui aux saucissons ! Non aux associations !
Guillaumette







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