Gorges : “…il n’y a pas eu de plainte contre la Piquouse de rappel”


La Piquouse vient de terminer la lecture du passionnant dossier de recherche réalisé par Julien Le Gall, étudiant en M1 Science Politique à Paris-Panthéon-Sorbonne, intitulé « La présentation de soi dans la communication électorale ; étude du jeu d’imposition des représentations en campagne électorale, l’élection législative partielle de la première circonscription d’Eure-et-Loir de septembre 2008 ».

L’auteur a notamment interviewé longuement tous les candidats de l’élection, plus Philippe Cavart, journaliste à l’Echo les ptits copains, plus votre serviteur, en procédant à la retranscription intégrale des propos des uns et des autres.


Un document riche d’enseignements. Notamment ce passage (littéral) de l’interview de Jean-Pierre Gorges  (27 mars  2009, page 156) concernant la Piquouse :


Question : « Vous avez été en procès avec la Piquouse de rappel… »

 

JPG : « Bah euh, j’avais fait une connerie. Non, non, parce que en réalité ça s’est pas passé comme ça. Ce qui s’est passé, c’est que c’était pas avec eux que j’étais en procès, c’était avec Ducatel. C’est lui qui avait fait un tract et puis les avocats qui ont cherché ont regardé qui avait publié le tract. Et donc, on a retrouvé trois blogs : la Piquouse de rappel, Barjouville.info et un indépendant… Mychartres. Qui faisait un truc plutôt pas mal d’ailleurs, et lui on a mis longtemps à le retrouver. Et donc il y a eu des plaintes déposées contre les trois. C’est comme ça que ça s’est fait. Et donc moi, je leur avais dit… l’avocat leur avait dit : « écoutez c’est pas normal il faut l’enlever ». Ils ont joué le jeu, ils l’ont enlevé de leur serveur donc après bon c’était pas eux que je voulais emmerder c’était plutôt Ducatel. Donc après j’ai enlevé ma plainte moi. Et le Mychartres on a retrouvé qui c’était, j’ai dit au gars, lui il était embêté, il s’est un peu planté, je lui avais dit que si jamais il dévoilait son identité, si il venait me voir pour m’expliquer j’enlèverai la plainte. Il est venu me voir, j’ai vu qui c’était parce que tout le monde s’est demandé qui c’était. Je le sais, il m’a dit : « je vous demande de ne pas le dire ». J’ai pas dit. Et le gars… j’ai retiré ma plainte. Donc il y a pas eu de plainte contre la Piquouse de rappel. »

 

Sauf que JPG ne dit pas la vérité. Le procès contre la Piquouse, Barjouville.info et Ducatel eut bien lieu le 13 décembre 2007 au TGI de Chartres. Un jour historique, celui de la signature du traité de Lisbonne… Et une audience de plus de sept heures !!! Le jugement du Tribunal a été prononcé le 7 février 2008. Voici le texte du billet de la Piquouse de ce jour-là :

 

"Tout à l’heure, à 13 heures trente, le tribunal correctionnel de Chartres a annulé les poursuites judiciaires pour diffamation entreprises depuis le 6 juillet 2007 par Jean-Pierre Gorges contre la Piquouse de rappel, Barjouville.info et le PDG du Leclerc de Luisant, Olivier Ducatel. Et condamné le plaignant UMPiste aux dépens.


Les contribuables chartrains seront contents d’apprendre que ce sont eux qui vont payer la lourde ardoise d’une procédure qui visait au départ à sanctionner la liberté d’expression. En plus, Gorges a rémunéré au prix fort, avec l’argent public, l’un des meilleurs cabinets d’avocats de Paris, celui de Maître Baudelot, par ailleurs conseil du journal Le Monde.


Deux motifs d’annulation ont eu raison de cette folie procédurière. D’abord, le non-respect de la loi de 1881 sur la presse qui impose un délai de 20 jours entre la citation à comparaître et la première audience de jugement. Ensuite, la non-transmission au ministère public des pièces du dossier de plainte.


Jean-Pierre Gorges savait depuis décembre 2007 qu’il allait perdre son procès. Ce pourquoi ce matin, dans L’Echo républicain, il a tenté d’allumer un contre-feu en déclarant qu’il abandonnait les poursuites contre les blogs, que l’annulation de la procédure était de son fait. Ridicule et pitoyable."

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