Croissance, développement… reprenons les bases (4)


Un auteur comme Joseph Stiglitz considère le développement comme une transformation de la société. « Le développement représente une transformation de la société, le passage de relations traditionnelles, de modes de pensée traditionnelle, de façons traditionnelles de traiter la santé et l’éducation, de méthodes traditionnelles de production, vers des approches plus “modernes”. »


Il entend par société « moderne » une société qui « n’accepte pas le monde tel qu’il est », mais qu’on peut changer en agissant, via des modes de pensée « scientifique ». Ainsi, l’action individuelle et collective peuvent permettre « de réduire la mortalité infantile, d’augmenter l’espérance de vie, et d’accroître la productivité ». L’Économie Politique n°5. Et de nous rappeler qu’« un PIB élevé n’est pas une fin en soi, mais un moyen pour un meilleur niveau de vie et une meilleure société. »

 

Je mobiliserai un dernier auteur, Amartya Sen (Prix Nobel en 1998), parce que son approche emporte l’adhésion de nombreux analystes, au-delà des sphères purement économiques. Dans « Development as freedom », il met au cœur du développement une dynamique (réciproque) des libertés. « Les libertés sont l’objectif prioritaire du développement. Elles en sont aussi le principal vecteur. » Il définit le développement comme « un processus d’expansion des libertés réelles dont jouissent les individus ». Il parle aussi bien des libertés économiques, que sociales, politiques et civiques.


Une de ses idées forces : « aucune famine ne s’est jamais produite dans un pays indépendant et démocratique, jouissant d’une relative liberté de la presse. » La démocratie des autres, Éditions Payot et rivages. En effet, les contre-pouvoirs peuvent alerter, faire pression, critiquer les mesures ou l’absence de mesures : la liberté de parole, les élections libres (à gagner ou à perdre), la liberté de la presse, l’existence de partis d’opposition… Ainsi, les libertés favorisent le développement qui, à son tour, favorise les libertés, via les dépenses d’éducation, de santé, la réduction des inégalités…


Amartya Sen prend l’exemple de la Chine, d’hier et de sa monstrueuse famine de 1958 à 1961 - entre 23 et 30 millions de morts - et celle d’aujourd’hui, où il explique que si la croissance est forte et fascine les Occidentaux, le développement ne suit pas : « Le niveau de santé publique recule et les inégalités se sont creusées à une rapidité que je n’ai observée nulle part ailleurs. » Le Monde, 19/01/2004. La Chine où « il n’y a pas d’élections à perdre, personne pour critiquer…[un pays] incapable d’accorder à ses concitoyens la liberté d’expression. Cela fait pour moi partie de la pauvreté chinoise. » Le Monde, 19/01/2004.


D’ailleurs, avec la crise économique, les limites des bienfaits de la mondialisation économique et financière apparaissent criantes et les autorités chinoises ont peut-être vu que des investissements dans des infrastructures (pour l’éducation, la santé…) étaient moins « périssables » que des placements financiers volatiles. Reste qu’après les J.O., la Chine n’est pas devenue une démocratie. Non ? Sans blague !


Ainsi, mesurer le développement par le PIB par habitant ne nous dit rien sur la répartition des fruits de la croissance économique, c’est-à-dire sur les inégalités de revenus et de patrimoine. Cela ne nous dit rien non plus sur la diffusion de la croissance à l’ensemble de l’économie : un secteur moderne (urbain) coexiste-t-il avec un secteur archaïque (rural) ? Enfin, l’utilisation de cette richesse n’est pas visible : construction d’une école ou achat d’un avion militaire ?

 

D’où la création par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) du fameux IDH : Indicateur de Développement Humain, d’après les travaux, en particulier d’Amartya Sen. Cet indicateur prend en compte trois aspects du développement économique et social d’un pays : la capacité à vivre longtemps et en bonne santé (la longévité) à travers l’espérance de vie, l’instruction et l’accès au savoir à l’aide du taux d’alphabétisation des adultes et le taux de scolarisation  et enfin le niveau de vie avec le PIB réel par habitant.


L’I.D.H. se présente comme un nombre sans unité compris entre 0 et 1. Plus l’I.D.H. se rapproche de 1, plus le niveau de développement du pays est élevé. Le calcul de l’I.D.H. permet l’établissement d’un classement annuel des pays.


Ainsi, des pays ayant des PIB/habitant différents peuvent avoir des IDH proches. En 2003, les États-Unis était au troisième rang mondial pour le PIB/habitant mais au dixième rang concernant l’IDH. Certes, cet indicateur ne prend pas en compte toutes les dimensions du développement comme le degré des libertés (cf. A. Sen) mais c’est une approche qui va au-delà de simples critères purement monétaires. À suivre…

 

Kritik

19 commentaires pour “Croissance, développement… reprenons les bases (4)”

  1. Anonyme dit :

    C’est certain, le calcul de l’IDH mériterait d’intégrer la mesure de l’excellence démocratique et de celle de la condition féminine.

  2. Jean-Christophe dit :

    Je trouve les affirmations de ce commentaires partiales concernant les vertus de la démocratie et du développement .
    En effet je pense que l’inde est un pays démocratique où règnent la pauvreté, la surpopulation et la destruction massive de la nature.Les Etats Unis sont un pays démocratique et développé qui passe son temps à être en guerre contre d’autres peuples pour les dépouiller et imposer son modèle de société. Les élections n’y sont que des shows médiatiques visant à élire un clown au service des vrais dirigeants qui imposent leur volonté. Les relations sociales y sont déplorables. Le pays s’est créé sur un génocide et est le plus gros pollueur de tous les temps
    Ce n’est donc pas la démocratie qui fait la qualité du développement d’un pays. Il semble que ce soit davantage la volonté des élites d’améliorer le sort des humains et de la nature qui intervienne. Autrement dit cela relève davantage de la morale et de l’éducation des élites humaines. Il est donc nécessaire que leur action relève de l’HUMANISME voire du BIOCENTRISME visant à préserver au maximum toute forme de vie sur Terre.
    Pour ce qui concerne la liberté : bien qu’elle soit indispensable pour chacun, c’est la liberté d’entreprendre tout ce que l’on veut et de se multiplier autant que l’on veut qui sont à l’origine de la destruction massive que l’humanité est en train de perpétrer sur la Terre. Il va falloir que les humains et notamment leurs élites comprennent que nous avons atteint une telle puissance par notre nombre et notre force que nous devons NOUS MAITRISER. Pour cela, il faut que nous soyons ÉDUQUÉS et que nous acceptions la DÉCROISSANCE de notre consommation. Le libéralisme économique avec sa compétition généralisée, sa frustration massive et permanente des masses, est un totalitarisme où seuls les plus riches ont de réelles libertés. Le développement de type occidental n’est pas généralisable. Alors cessons de donner des leçons aux autres et organisons le PARTAGE POUR RÉDUIRE LES INÉGALITÉS des droits et des sorts.

  3. K2 dit :

    Parfaitement d’accord avec Jean-Christophe : L’analyse du modèle américain de “démocratie”, la nécessité de maîtriser notre nombre et notre consommation. Partout où il y a éducation de masse, la démographie diminue. Par contre il est urgent de proposer un autre modèle de société, qui ne soit pas calqué sur le train de vie des riches et de leur hyperconsommation ! Pour cela l’urgence passe par une réglementation sévère du capitalisme et de son outil privilégié : la PUB !

  4. MANDARINE MECANIQUE dit :

    JC, et si on inversait votre proposition? si la démocratie n’entraîne pas nécessairement un niveau de développement satisfaisant, y a-t-il une dictature qui le permette? La démocratie et les libertés constituent deux des éléments d’appréciation de la qualité du développement. Il s’agit d’ailleurs, d’une certaine façon, d’un postulat idéologique. Vos références à l’élite, ajoutées à votre critique de la démocratie, font planer un drôle de doute sur le projet que vous défendez. Levez donc cette ambiguïté, parce que je ne pense pas que vous prôniez une dictature écologiste.

  5. Anonyme dit :

    JC dérape-t-il ou bien ai-je mal lu ? Une oligarchie verte, éduquée, formera donc une élite dont la vocation est de diriger le monde !!!! L’autoritarisme et les tendances inégalitaires dont certains accusent les écolos trouvent là une nette expression. Au secours !!!

  6. MANDARINE MECANIQUE dit :

    Anonyme, je ne pense pas que JC soit d’accord pour pousser son raisonnement jusqu’au bout. En tout cas, je lui fais crédit. Hein, JC?
    Et puis encore, je trouve certains raccourcis franchement pas convaincants: les USA ne passent pas leur temps à être en guerre contre d’autres peuples. Et cette description apocalyptique… My goodness! Essayons de regarder la réalité dans toute son ampleur. On n’y arrivera pas, mais au moins, essayons…

  7. Anonyme dit :

    JC a écrit ce qu’il a écrit. En revanche, il n’ a pas tort pour les Etats-Unis qui sont effectivement en guerre, déclarée ou secrète, de manière quasi-permanente depuis 1945.

  8. MANDARINE MECANIQUE dit :

    Depuis 1945? Tiens, j’aurais dit plutôt 1942 pour le point de départ, sans compter leur intervention pendant la Grande Guerre. Deux occasions où nous étions bien contents qu’ils l’a fasse… Sans parler que, sans leur présence, nous aurions goûté de près les saveurs délicates du stalinisme.
    Il est vrai par ailleurs que le passé pacifique de la France est tout à fait admirable… Ce que les soldats français ont fait en Espagne au début du XIX° siècle, nous fait honneur, pour ne donner qu’un exemple glorieux! En grattant un peu l’histoire de France, on doit bien trouver une petite cinquantaine d’année de paix continue, mais je ne sais pas trop quand… Notre dernière guerre s’est terminée en 1962. Bientôt cinquante ans… Encore un effort, et c’est bon!!!!
    En tout cas, s’il y a un sujet sur lequel un français doit fermer sa gueule, c’est bien celui-là.

  9. Anonyme dit :

    D’abord, l’intervention américaine dans la 2ème guerre mondiale est de 1941 (Pearl Harbour), pas 1942. Ensuite, le rôle des Américains fut mineur en 1917-1918, la guerre, peut-être plus longue, aurait été gagnée sans eux. La peur rétrospective d’une invasion soviétique de l’Europe, en particulier, de la France était infondée, c’est une vieille tarte à la crème. Alors oui, j’ai pris comme référence 1945, date à laquelle les Etats-Unis sont la plus grande puissance avec les responsabilités qui vont avec. Avant, la France est encore une grande puissance et, à ce titre, intervient dans sa sphère d’influence. Hors expéditions coloniales (1830 d’abord), la France est en paix de 1815 à 1854 (guerre de Crimée). Puis de 1871 à 1914. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas prendre en compte les interventions américaines, impérialistes pour l’essentiel, depuis 45 : Corée, Viet-Nam, Iran, Grenade, Panama, Colombie, Nicaragua, Irak 1, Kossovo, Irak 2, Afghanistan, etc. Nous, on est “petit bras” quand même par rapport à eux.

  10. MANDARINE MECANIQUE dit :

    OK pour la date de Pearl Harbor. La paix entre 1815 et 1854? Tiens, voulez-vous dire que le Duc d’Aumale commandait un groupe de touristes en Algérie? C’était pas une guerre… Mais c’est vrai que c’est plus joli, le mot “expédition”… Alors, la Grenade, ce fut une expédition? Les USA se sont livrés à des expéditions impérialistes, comme nous du temps de notre splendeur… Quant à minimiser la volonté d’expansion soviétique en Europe, on peut toujours gloser à perte de vue sur les évènements qui ne se sont pas produits. Mais face à un gars comme le Joseph, c’était beaucoup mieux de pouvoir compter sur l’armée américaine que sur la bonne volonté de l’adversaire.
    Cela dit, je n’émarge pas à la CIA et j’admets très volontiers que les USA, comme toute grande puissance, sont impérialistes ; je dis tout de même qu’on ne peut résumer ce pays à cela. Ni aux aspects les plus brutaux de leur société.

  11. MANDARINE MECANIQUE dit :

    On cause, on cause, anonyme, mais je commence à m’inquiéter: pourquoi JC ne vient-il pas préciser sa pensée et démentir? Ohé? JC? Etes-vous un Vert-Brun?

  12. Anonyme dit :

    J’ai bien précisé “hors expéditions coloniales” et il n’y a pas que l’Algérie. Je ne décompte pas non plus les expéditions américaines, et en particulier, les guerres contre le Mexique (1836-1848) et contre l’Espagne (1898, Philippines, Cuba, Puerto Rico). Quant au rôle de Staline, la libération de l’Europe des armées nazies doit tout autant sinon plus aux Soviétiques qu’à l’armée américaine. Il n’y a pas polémique sur le risque soviétique après-guerre, les Soviétiques n’avaient pas les moyens d’une offensive de grand style à travers l’Europe. Ils leur fallait développer l’arme nucléaire, assurer leur domination à l’est (Berlin 1953, Budapest 1956) et tenter de l’affermir sur le camp socialiste dans le monde. Vaste programme.
    Mais vous avez raison : Que fait JC ?

  13. JC dit :

    A Mandarine mécanique et anonyme
    Contrairement a ce que vous laissez entendre je ne suis pas un vert-brun mais simplement quelqu’un qui prétend qu’il est temps d’arrêter de parler pour passer à l’action. Je prétends aussi que taxer celui qui dit cela de fascisme ou de je ne sais quel totalitarisme relève du du procès d’intention. En effet vous invoquez la démocratie et la préservation des libertés pour ne justifier en fait que l’immobilisme et le conservatisme. Cela correspond très exactement au discours de ceux qui prétendaient que le progrés social n’était pas possible, que les inégalités provoquées par le capitalisme étaient naturelles et inéluctables, que les classes sociales n’existaient pas, etc… Cette attitude a amené le monde occidental dans le chaos et la barbarie la plus totale. Il en sera de même si rien n’est fait pour changer de civilisation quant à notre rapport à la biosphère (Hulot le dit). En fait les écologistes se retrouvent dans la même posture que l’étaient ceux qui réclamaient davantage de justice sociale aux 19eme et 20eme siècles. Leur cause est juste et nécessaire mais ils sont minoritaires et ne peuvent accéder démocratiquement au pouvoir car celui-ci est partagé entre des élites qui bénéficient largement du système (qui ne veulent pas de changement) et ceux qui au nom de la “démocratie et de la liberté” ne font rien sauf à la marge, le système démocratique n’existant qu’en façade .
    J’affirme donc être plus démocrate que vous, car je souhaite que chaque citoyen puisse recevoir une éducation et une information lui permettant de choisir son représentant en réelle connaissance de cause. Je souhaite que la richesse économique ne procure pas un pouvoir extradémocratique injustifié et que donc la réduction des inégalités, de ce point de vue, soit une priorité. Je souhaite que le système de vote soit fait de telle façon que les choix importants soient soumis à élections et que les élus aient un mandat impératif (voir la trahison sur le traité européen). Je souhaite que ne soient pas élus “les plus compétents” dans le système complexe qu’ils ont créé eux-même mais les plus “représentatifs”. Je souhaite que les valeurs qui fondent notre démocratie s’appliquent en permanence et partout. Je souhaite qu’en parlant de démocratie, on ne considère ce système que comme le “moins mauvais” connu à ce jour ( les représentants du peuple pourraient très bien être désignés au prorata des catégories socio-professionnelles, par tirage au sort ou sur concours). Je souhaite enfin que les occidentaux cessent de penser qu’ils doivent imposer “leur” démocratie à tous les peuples de la Terre.
    Je prétends aussi être davantage pour la liberté que vous. C’est pourquoi je souhaite que l’organisation sociale (qui peut être l’Etat ou autre chose) protège les individus de tous les petits “dictateurs” que peuvent être les patrons, les élus ou les bureaucrates. Je souhaite que chacun ait le maximum de liberté en intégrant le fait que la liberté de chaque individu s”arrête la où commence celle des autres et que par conséquent des limites doivent être imposées à certains (je pense par exemple à l’insupportable ouverture de nos frontières à des marchandises produites sans aucun respect des règles sociales, environnementales et fiscales que l’on s’impose sous prétexte de liberté de commerce et qui se solde par un “dumping” permanent). Je souhaite également que les dirigeants du pays qui rémunèrent grassement leur grande compétence d’organisation mettent fin définitivement à la précarité sociale et économique afin que chacun puisse réellement s’émanciper. Enfin je souhaite que l’on fasse comprendre aux citoyens que l’invocation de la liberté ne justifie pas la destruction massive de la nature et la procréation sans limites car au final, la part de liberté de chacun s’en trouvera considérablement réduite.
    Je prétends également qu’à force de ne pas vouloir remettre en cause ce qui est à l’origine de la situation actuelle, nous nous enfoncerons dans les difficultés. La puissance de destruction que l’Humanité possède maintenant nécessite que nous acquérions rapidement une intelligence collective. Or contrairement à ce qu’à laissé penser la “victoire” du capitalisme sur le soi-disant communisme, l’intelligence collective ne sera jamais la somme des intelligences individuelles. Autrement dit, espérer faire progresser significativement la justice sociale ou l’écologie en ne comptant que sur la culpabilisation des individus est une impasse. Il faudra donc agir individuellement et collectivement et cela provoquera immanquablement l’opposition des bénéficiaires du système actuel.
    En résumé, Mandarine Mécanique et anonyme, je maintiens mes propos précédents et je prétends ne pas être de la couleur que vous dites.

  14. Anonyme dit :

    Sans rentrer dans le détail très contestable de vos propos, je maintiens à mon tour que vous ne répondez pas sur l’essentiel de notre critique commune à Mandarine et moi, à savoir le rôle dirigeant que vous prétendez octroyer à une “élite” dans la direction des “réformes” à mettre en place. Qui sont ces élites ? Comment sont-elles constituées ? Cette notion est-elle démocratique ?

  15. MANDARINE MECANIQUE dit :

    Je crains, anonyme, que vos craintes n’aient été quelque peu justifiées… Lorsque je lis: “les représentants du peuple pourraient très bien être désignés au prorata des catégories socio-professionnelles, par tirage au sort ou sur concours”, je frémis… Je vois les bonnes intentions de l’utopiste et je me souviens que l’enfer est justement pavé d’icelles… JC voudrait une humanité parfaite. Il ne sait pas qu’elle ne l’a jamais été. Il ne rêve que de rationalité, en oubliant notre part d’irrationalité. Il a oublié qu’une bonne partie des horreurs du XX° siècle ont été conçues au départ par des théoriciens.
    JC, je suis d’accord sur le fait que l’industrialisation a provoqué une dégradation dramatique des conditions de vie des plus pauvres. Mais, au moins, notamment grâce aux luttes sociales, mais pas seulement, nos pays “capitalistes” ont su justement partager la richesse produite. Même si ces dernières années, on a vu les accapareurs redresser la tête. Mais de grâce, laissez de côté vos rêves positivistes où des scientifiques sachant mieux que les autres guideraient les peuples vers un avenir radieux.

  16. MANDARINE MECANIQUE dit :

    JC, y a-t-il encore, à part quelques retardataires, beaucoup de gens pour penser que: “l’intelligence collective ne sera jamais la somme des intelligences individuelles”? Et ce débat que vous ouvrez sur les libertés réelles et les libertés formelles ou bourgeoises n’est-il pas totalement dépassé? Les libertés “bourgeoises” sont -elles incompatibles avec le partage et la solidarité? J’affirme, mais c’est peut-être un choix idéologique, et je l’assume, qu’elles ne le sont pas.
    Et puis (attention, vanne) je vous souhaite bon courage pour éduquer le public de JP PERNAUT…
    Enfin, une question: si les écolos ne peuvent arriver démocratiquement au pouvoir, comment vous faites?

  17. MANDARINE MECANIQUE dit :

    Rectif: JC, y a-t-il encore, à part quelques retardataires, beaucoup de gens pour penser que l’intelligence collective serait j la somme des intelligences individuelles?.

  18. Jean-Christophe dit :

    Pour répondre a vos interrogations…
    Concernant les élites humaines
    La définition d’élite est assez simple, ce sont ceux, qui ont une capacité (intellectuelle, entrepreneuriale, de charisme) supérieure aux autres et qui se retrouvent, souvent, dans les sphères dirigeantes (pouvoir économique, politique, etc…).
    Ces élites ne sont pas désignées démocratiquement, elles se constituent d’elles-même. Pour autant cela n’enlève pas leur entière responsabilité dans la marche du monde.
    C’est sur ce constat que je prétends que la démocratie n’existe qu’en façade dans les pays “démocratiques”. Nous n’avons en fait que le choix de la couleur de la cravate de nos représentants.
    Le monde est en ce moment dirigé par des capitalistes dont beaucoup se prétendent libéraux et qui ne cessent de faire croire que leur idéologie est naturelle et inéluctable. C’est d’ailleurs tellement vrai qu’ils font tout pour ne pas perdre le pouvoir.
    Concernant la désignation des représentants (et non pas dirigeants) du peuple, ce que j’ai voulu dire c’est que le système actuel ne garantit rien de plus en terme d’efficience qu’un tirage au sort ou une course à pied. A moins que vous ne me prouviez le contraire.
    Concernant l’utopie
    Disons que je me sens plutôt idéaliste et contrairement à vous, je ne me résigne pas à penser que l’humain soit foncièrement mauvais. Je suis même convaincu que l’éducation et la connaissance peuvent nous permettre de nous affranchir de nos bas instincts. Évidemment, le contenu des programmes éducatifs devra être revu. En effet il est affligeant de constater que malgré un passage entre les mains de l’”éducation nationale”, JP Pernault ait autant de clients sauf à penser que les programmes scolaires et les méthodes pédagogiques y sont pour quelque chose.
    Concernant l’intelligence collective
    Oui, nombreux sont ceux qui pensent encore qu’en se servant bien eux-même ils participent efficacement à l’œuvre collective et en termes d’écologie ont tente déjà de nous faire croire la même chose.
    Sur les libertés
    Ben voyons…
    Votre point de vue me semble nettement bourgeoiso-centrique.
    Pour finir sur le sort de l’écologie
    Il faudra juste choisir entre “prendre” le pouvoir et assumer le risque de se tromper ou se résigner à porter la bonne parole dans le vide jusqu’à ce que la gravité des conséquences écologiques ne fasse pencher tardivement l’opinion.
    A moins que les dirigeants du monde (vous savez ceux qui nous imposent le traité de Lisbonne, qui renflouent les banques en 5 minutes à coups de milliards ou qui imposent le libre-échange généralisé) ne se convertissent.

  19. Jean-Christophe dit :

    Au fait
    Bon Noel

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