Entre radicalisme de combat pour les valeurs et radicalisme féodal, vous devinez mon choix
Cher Thierry Roy, cher Maître,
Sachez, d’entrée, que j’ai beaucoup d’estime pour vous : vous êtes un honnête homme et un excellent juriste. Et franchement, je m’étonne que personne au sein de l’équipe municipale lucéenne n’ait songé à vous pour occuper le fauteuil de maire de la troisième ville du département. Car, vous en conviendrez, il y a sans doute des choses plus importantes à faire en ce moment à Lucé que de se prendre la tête pour choisir un nouveau logo, vingt mois après le début d’une mandature désespérément creuse…
Dans votre commentaire attaché au billet intitulé Harold peut dire "Merci Papa !", vous intervenez pour défendre le fils du maire de Nogent-le-Rotrou, vous insistez sur ses compétences, et, en prime, vous affirmez que le PRG est une force d’opposition résolue contre le pouvoir UMPiste absolutiste.
Le Parti radical et radical-socialiste, ancêtre du Parti radical de gauche, est né officiellement en France en 1901. Auparavant, le radicalisme s’était exprimé au sein de la Montagne conventionnelle en 1793, courant extrémiste parce qu’obsédé par la morale en politique et porteur d’émancipation du genre humain. Au début du XXème siècle, sous la Troisième république, les radicaux, qui portaient bien leur nom encore à cette époque, ont taillé la clef de voûte de l’édifice républicain : la laïcité. Toujours ce souci de l’émancipation… D’ailleurs, le lien entre radicalisme et franc-maçonnerie n’est pas le fruit du hasard…
Ensuite, tout est parti en eau de boudin. Le radicalisme est devenu marigot, repaire de notables féodaux, force d’appoint de la SFIO puis du parti socialiste, réduite à une peau de chagrin mais cependant incontournable dans les stratégies électorales. Pour moi, le VRAI radicalisme a disparu avec l’échec de l’expérience gouvernementale éphémère de Pierre Mendès France, de 1954 à 1955.
Dans la foulée, les héritiers, séduits par les sirènes du Pouvoir, se sont brûlé les ailes au centre-droit, tel "JJSS" sous Giscard. Cependant que les autres, fossiles mous d’un improbable centre-gauche, ont été vassalisés par ce sacré goupil de Mitterrand.
Le plus vieux parti de France a touché le fond au cours des années fric et paillettes de la dernière décennie du siècle quand il s’est vendu à un aventurier bodybuildé sans foi ni loi, heureusement rattrapé par la Justice. Faut-il en plus évoquer la tentation du président Baylet, magnat de la Dépêche du Midi, de laisser dériver le radeau de la Méduse PRG vers les autres composantes centristes, positionnées, comme chacun sait, à …droite ? Et celle de Paul Giacobbi, député PRG de Haute-Corse, de rejoindre la Sarkozie-amie ?
Entre radicalisme de combat pour les valeurs et radicalisme féodal, vous devinez mon choix. Il y a donc des révolutions à faire, ou à refaire. Voulez-vous en être ? Ce serait un plaisir.
Bien à vous.
13 novembre 2009 à 0:47
Assez d’accord avec vous. Le PRG n’a malheureusement pas grand chose à voir avec le parti dont il est issu… Même si les valeurs du radicalisme sont très estimables.
Et puis il ne faut pas oublier la conversion tardive des Huwart au radicalisme. Je ne me rappelle plus trop du contexte, mais Robert Huwart a fait une bonne partie de sa carrière à la SFIO et n’a rejoint les radicaux que par confort de l’étiquette qui lui permettait de se présenter contre un candidat officiellement investi par le PS sur sa circo…
13 novembre 2009 à 7:30
A l’origine, il faut se souvenir de la luttre fratricide pour les législatives de 1973 entre les Percherons socialistes Philippe Lamirault et Robert Huwart. Le premier (N° 3 à la régie Renault) avait la préférence de Mitterrand, le second celle des militants nogentais. C’est Mitterrand qui a imposé Lamirault contre l’avis du PS local. Huwart a démissionné du PS avec fracas et entraîné avec lui bon nombre des socialistes vers le Mouvement des radicaux de gauche.
Du coup, c’est Maurice Dousset qui a été élu député et l’adhésion de Robert Huwart au MRG a provoqué la renaissance du radicalisme percheron cher à feu Maurice Viollette.
Ensuite, François Huwart, par fidélité à son père, a juré que jamais il ne prendrait sa carte au PS à cause des misères que son paternel avait subies.
13 novembre 2009 à 9:03
le part radical a quand mème apporté Georges Clémenceau et Pierre Mendes France deux personnalités d’xception ainsi que Caillaux “inventeur de l’impot sur le revenu”
en fait ce sont les hommes qui font la politique et non l’idéologie
voyez par exemple Mendes France et Guy Mollet
13 novembre 2009 à 9:22
Merci pour ces précisions. La radicalomania de Huwart II est tellement forte aujourd’hui que j’ai longtemps cru que la famille était authentiquement rad soc… Ce qui n’est pas tout à fait le cas.
13 novembre 2009 à 11:28
Si Nogent le Rotrou était une ville de gauche,ça se saurait depuis longtemps!
Aux élections présidentielles de 95, si j’ai bonne mémoire, Balladur a battu Chirac au 1er tour.
Huwart ,Hoguet, une bataille de famille et de fond de commerce ,pour une vie confortable.
Nogent le Rotrou, ville sans espoir ,contrairement à ses voisines de l’Orne…….
13 novembre 2009 à 12:01
Eh, les radicaux, Thierry ROY et les autres: n’écoutez pas les pastèques! Préférez les mandarines!!!! En tout cas, l’essentiel, n’est-ce pas, c’est que dans quelques jours, PEILLON, SARNEZ, TAUBIRA, HUE et COHN BENDIT (le frangin) se réuniront pour discuter d’éducation. Et bien entendu, ce qui compte, ce ne sont pas les noms de ces personnes, mais les valeurs qu’elles portent, dont on pourrait bien démontrer qu’elles sont proches les unes des autres. On verra. Ca me paraît beaucoup plus important que de savoir s’il y a cinquante ans, MACHIN était pote avec BIDULE et ce que MACHIN et BIDULE juniors fricotent entre eux aujourd’hui. Enfin, les radsoc, leur truc, c’est pas le fricot, ni la soupe, mais le cassoulet!
13 novembre 2009 à 18:45
Vous avez raison Mandarine, les radicaux devraient rallier le MoDem. En seulement 2 ans, le MoDem est arrivé au même niveau électoral que les rad socs. Mais les rad socs, eux, ont mis 75 ans à dégringoler…
14 novembre 2009 à 9:04
Reste à se poser la question suivante:
L’élu doit il être le plus compétent pour gérer la complexité qu’il installe souvent lui meme ou doit il être celui qui représente la politique que veulent un majorité de citoyens?