Le plan B de …JPG

Cet article est publié dans le n°91 de L’Aiguillon qui paraît aujourd’hui mercredi 8 avril.

Encore une lettre de notre JPG interceptée par la taupe de L’Aiguillon à l’Elysée…

« Cher Nicolas,
Bien que sans réponse de ta part à mes deux premiers courriers (ce qui me turlupine  un peu), je t’écris cette troisième lettre, parce que y en a marre qu’on te rabaisse tout le temps. Ça peut pas durer, faut réagir, trouver la parade qui cloue le bec.
Par exemple, une chose ignoble, même maintenant, j’en tremble, c’est t’entendre toujours comparer à  Napoléon Bonaparte. Comment on peut dire des âneries pareilles ? Il était petit, tu es assez grand ; il était bedonnant, tu es naturellement svelte ; il avait un affreux accroche-cœur sur le front, tu as de jolis crans à ton épaisse chevelure ; il était tyrannique, tu es un pur démocrate. Moi, je propose qu’on les écrase ces infâmes qui cherchent à te nuire en voulant te faire passer pour un dictateur. Et pour ça, faut  rejeter  l’héritage du porteur de bicorne.

Tiens, pourquoi  pas s’attaquer à un monument de la napoléonitude ? Pourquoi pas le corps préfectoral ? En ces temps de disette, est-ce qu’on s’est avisé de ce que les préfets coûtent à la collectivité en uniformes à brandebourgs, casquettes brodées au fil doré, cordons, épaulettes, gants blancs et frais de teinturiers ? C’est pas du bling bling, ça ? Pas pire que la Rolex ?… Mais je t’apprendrai pas qu’il vaut mieux agir avec prudence. En décidant de supprimer les préfets, tu risques de provoquer le même tollé qu’avec les juges d’instruction, pardon de te rappeler la chose.

Vu la susceptibilité de ces encostumés à galons et palmettes, je propose dans un premier temps d’en supprimer qu’un sur deux. Pour les choisir, l’ordre alphabétique est le meilleur garant d’impartialité. Mais, pour que ceux dont le nom commence par un A protestent pas qu’ils sont toujours les premiers sacrifiés, je suggère de commencer par la lettre B. Je sais pas ce que feront les maires des villes concernées par la suppression de leur préfet, mais moi, si ça devait toucher le nôtre de préfet (c’est fou, j’me souviens jamais de son nom), j’ai déjà ma petite idée : je casse la préfecture et j’en fais un beau musée du costume folklorique.

Bien à toi. Ton dévoué J. P. G. »

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