Le privilégié et les autres…
"…La seule solution pour aller plus vite, et mettre un terme à l’hécatombe des automobilistes comme des nuisances des riverains, c’est de construire une autoroute. Payante.
A vous de choisir une solution gratuite qui ne verra jamais le jour et cette alternative rapide et réaliste. En plus, je trouve logique que ce soit l’usager qui paye, plutôt que le contribuable eurélien. Après tout, c’est ce que nous faisons tous quand nous prenons le train !"
Même pas vrai ! Le député Jean-Pierre Gorges, lui, est dispensé de payer le train…
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Déplacements sur l’ensemble du territoire national par voie ferroviaire
L’Assemblée nationale délivre sur demande du député :
- soit, pour les parlementaires utilisant régulièrement le train, une carte nominative qui permet l’accès gratuit à l’ensemble du réseau SNCF en 1ère classe,
- soit, pour les parlementaires utilisant peu le train, une carte de circulation assurant également, si les billets sont émis par l’Assemblée nationale, l’accès gratuit à l’ensemble du réseau SNCF.
Ces cartes ne dispensent pas des formalités éventuelles de réservations des places et ne prennent pas en compte les suppléments (couchage notamment).
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Déplacements à Paris et dans la région parisienne
L’Assemblée dispose d’un parc d’une vingtaine de voitures affectées en priorité aux déplacements des délégations officielles ainsi qu’aux déplacements imposés par les travaux législatifs. Il répond, dans la mesure du possible, aux déplacements des députés liés à leurs autres obligations (déplacements dans les ministères, représentations du fait de leur mandat, etc.) et effectués dans Paris ou à destination des aéroports.
En outre, l’Assemblée nationale fait appel aux taxis parisiens lorsque le parc n’est pas en mesure de répondre à toutes les demandes. -
Déplacements aériens
L’Assemblée nationale prend en charge chaque année :s’agissant des députés métropolitains :
- quarante voyages aller et retour entre Paris et la circonscription lorsqu’elle est desservie par une ligne aérienne régulière ;
- six voyages aller et retour en France métropolitaine, hors circonscription ;s’agissant des députés d’outre-mer :
- un crédit annuel égal, pour les députés des départements, au coût de vingt-six passages en classe affaires entre Paris et la circonscription et, pour les députés de Polynésie française, Wallis et Futuna et Nouvelle-Calédonie, territoires éloignés de plus de 12 heures d’avion, au coût de seize passages en première classe entre Paris et la circonscription ;
- quatre voyages aller et retour en France métropolitaine.
10 mars 2009 à 9:14
http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/indemnite.asp
10 mars 2009 à 12:32
Bonjour,
Effectivement, nous payons le train. Nous payons aussi, comme les entreprises, des impôts ou des taxes qui servent notamment à la construction du réseau routier.
En l’espèce, la question posée est : combien de fois faut-il payer ? une, deux, trois fois ? Au diable l’avarice !!
En effet, la RN 154, notamment dans sa partie Dreux / Chartres a déjà été payée. Demain, le projet autoroutier prévoit que cette portion, avec d’autres, soit concédée (bail emphytéotique) à une société de droit privé. A charge, pour cette dernière d’aménager, d’entretenir le réseau et surtout d’engendrer des bénéfices. Ce qui, vous en conviendrez, se fera sur le dos des usagers.
De plus, à chaque nouvelle autoroute correspond une augmentation de 20 % du réseau secondaire. Aussi villageois, lecteurs de la piquouse, apprêtez vous à voir devant vos fenêtres et vos portes passer plusieurs centaines de voitures/ jour en plus.
Autre question à laquelle notre député maire ne répond pas : Qui supportera l’aménagement de ce réseau secondaire ?
Devinez….
Encore une fois précipitation rime avec illusion.
Enfin, le fait d’utiliser cet argument ne fait-il pas écho à la pensée ultra-libérale qui veut que tous services publics disparaissent et que les règles du marché s’appliquent. Ne nous étonnons donc pas de ce propos. Voyez la santé, voyez l’éducation, tous nous constatons une régression et un surcoût. Régression car le gouvernement de ce pays n’est plus garant de l’intérêt général. Il ne se veut plus non plus le gardien du service public. Citoyens, attention, notre république est en danger !
10 mars 2009 à 14:39
Qu’y a t il de choquant dans les propose de M.Gorges?
- L’aménagement du territoire nécessite des arbitrages . Chaque citoyen est en droit de demander l’accès à un certains nombres de services. Cependant ne confondons pas accès et fourniture de services publics. Le financement public est par nature limité. Le même citoyen, celui qui demandera une route convenable entre son lieu de résidence et son lieu de travail, demandera un accès tout aussi convenable au haut débit, une halte garderie pour ses enfants, la présence d’un tissu associatif conséquent (avec les subventions que cela implique), des services sociaux de qualité, des écoles pour ses enfants, des maisons de retraite pour ses parents….Le même citoyen est probablement un salarié, soucieux si ce n’est du développement du moins de la perrénité de l’entreprise qui l’emploie. Alors il se souciera des services directs et indirect fournis par la collectivité à son entreprise. Tout cela pour montrer l’ampleur des tâches qui incombent à la collectivité.
- Les budgets des collectivités n’étant pas extensibles alors même que leurs prérogatives ne cessent de s’élargir, tout gestionnaire public doit être en mesure de faire des arbitrages. Si certains élus préfèrent reculer l’échéance, en optant soit pour le recours massif à l’endettement, soit en cédant aux syrénes du ninisme (dans les deux cas ce sera alors aux générations futures d’en assumer les conséquences), d’autres préfèrent le pragmatisme.
- Revenons au sujet de l’hypothétique autoroute.Il serait aujourd’hui inconscient de faire financer 100% du projet par la sphère publique. Nos collectivités n’en ont pas les capacités financières, et un tel engagement budgétaire aurait de graves répercussions sur d’autres investissements tout autant prioritaires (couverture internet et résorption de la fracture numérique, développement économique). Emprunter revient à accroître exercice budgétaire après exercice budgétaire le poids des intérêts dans le budget annuel. In fine, ce que l’on emprunte aujourd’hui sera, d’une part ce que l’on ne pourra plus dépenser en dépenses de fonctionnement (dont 60% vont à l’action sociale), et d’autre part ce que l’on ne pourra plus emprunter pour les investissements structurants de demain. Dés lors, l’emprunt ne devrait en toute logique servir qu’à financer les investissements les plus structurants. A défaut, emprunter revient à hypothetiquer le futur : accepter de se goinfrer sur le dos des générations futures.
-Tout citoyen raisonnable doit comprendre cela. Prendre conscience de l’existence d’une hiérarchie des priorités, définir celle qui lui semble la plus à même de correspondre à ses attentes, et in fine prendre position pour tel ou tel projet lors des élections.
10 mars 2009 à 17:14
A l’ump on a choisis la voiture :
petit clip de la jeunesse populiste du 28 (pitoyable)
http://www.marianne2.fr/Quand-des-jeunes-UMP-jouent-les-casseurs-de-greve-et-se-cassent-un-ongle_a176927.html
10 mars 2009 à 18:04
Tout d’abord, merci Charles de vos remarques qui ouvrent le débat sur l’aménagement du territoire.
L’aménagement d’un territoire s’inscrit dans l’avenir. Il permet à sa population, à ses entreprises, à ses associations de prospérer sur le plan économique, culturel, éducatif, social. Au risque de se faire distancer, ce front, large et complexe, ne doit souffrir d’aucun attentisme car tout préalable au développement est l’attractivité.
Jusque là, j’ai la prétention de croire que nous sommes d’accords.
C’est à cet instant que la politique intervient. La politique qui aiguillonne vers tel ou tel choix économique.
Oui le financement public est limité,
Oui le budget des collectivités n’est pas extensible,
Mais la question est : Quelles limites donnons nous aux financements structurels ?
Vous soulevez par ailleurs le poids de la dette. Cette dette, quelque soit son origine (publique ou privée) doit être (a priori) considérée comme un investissement. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’accroître la charge financière mais de générer des profits futurs.
Et là ! Charles, nous divergeons. Car le financement public, dans le cadre républicain que je défends, garantit à chacun l’égalité de traitement. Cela passe par la solidarité que le privé, lui, ne veut supporter car telle n’est pas sa mission. En effet, son but est de générer des bénéfices et non de remplir une mission d’intérêt général. But que je ne condamne pas, par ailleurs, du moment que celui-ci satisfasse l’ensemble des salariés.
L’intervention des sociétés privées au cœur de la santé, au coeur de l’éducation et dans le transport est source d’inégalités de traitement et d’exclusions.
Ce modèle n’est pas le mien. Mon modèle est écrit sur les frontons des mairies.
A bientôt Charles.
10 mars 2009 à 19:47
@ Bordeau
Nous partageons je pense le même avis sur les finalités du service public. Nos divergences portent sur les modalités de financement de ces derniers.
Comme vous je crois à un Etat fort, un Etat protecteur, un Etat solidaire. En revanche je suis convaincu qu’un Etat gargantuesque devient vulnérable et inneficace.
Dans un certain nombre de cas faire appel au privé ce n’est pas sacrifier le bien public sur l’autel du profit, bien au contraire.
Il me semble que vous faites erreur en opposant fondamentalement les notions de service public et d’activité privé. Entre les sphères publiques et privées il existe en réalité un large éventail de compétences partagées.
Ces formes hybrides possèdent le double avantage d’être à la fois flexibles (garantissant un service optimal à l’utilisateur) et contrôlée in fine par la puissance publique (garantissant un niveau optimal de contribution au service public).
Nos collectivités et nos administrations devront demain faire davantage appel à ce genre de structures. Nous vicons dans un monde dans lequel quels que soient nos convictions la concurrence s’impose à nous. Un endetement excessif de nos collectivités se traduira demain par un émiettement de notre avantage concurrentiel. En restraignant drastiquement les dépenses sociales d’une part, en anéantissant notre capacité d’investissement d’autre part.
En quoi le service rendu par le concessionnaire autoroutier divergerait il de celui rendu par la puissance publique?
La seule différence réside, non dans le coût, mais dans le mode de financement du projet.
Préfère t on faire payer un prix à la hauteur du service rendu à l’usager, ou bien faire payer les conséquences de la dette au contribuable.
La seconde option me semble bien plus inégale que la première.
D’une part, car la contribution du contribuable sera indifférente à sa consommation réelle.
D’autre part, car au coût direct viendra s’ajouter le coût d’opportunité des investissements qui ne pourront être effectués du fait d’un endettement excessif.
Cessons cette schyzophrénie malsaine consistant à arborer tantôt l’habit du contribuable, tantôt l’habit du consommateur, et réfléchissons en terme d’utilisateur. Nous attendons tous le meilleur de la collectivité. Il ne peut en être autrement. Ne perdons néamoins pas de vue que les choix publics se font sous contrainte, et que l’on ne peut exiger, à moindre coût, et à moindre conséquence, d’avoir tout tout de suite, n’importe où et à n’importe quel prix.
Cela montre une chose : la mauvaise gestion budgétaire est un phénomène cumulatif. Tout investissement excessif, car non nécessaire, rend impossible des dépenses essentielles, et tendra ainsi à diminuer le bien être social futur.
Si les intérêts publics et privés peuvent s’opposer ne perdons pas de vue qu’ils peuvent parfois être conciliés et donner naissance à des structures à même d’offrir à toutes et à tous un service optimal.
Nos modèles de sociétés ne sont pas si éloignés l’un de l’autre, me semble t il.
Le mien est également écrit sur le fronton de nos institutions, j’en suis fier, et j’aimerais que nombre de générations ait la chance de l’admirer, de s’en inspirer, et de le faire prospérer. Ce modèle nous en avons hérité, nous n’avons pas le droit de le sacrifier.
A bientot Bordeau
10 mars 2009 à 22:51
Le capitalisme, qu’il soit privé ou d’Etat nous méne de plus en plus vers une crise économique, sociale et écologique dont on ne voit que les prémisces et l’on s’entéte dans la voie sans issue. La civilisation de la route, de l’automobile, du pétrole va s’éteindre bientot. Il faut sortir d’une gestion à la petite semaine. Qui s’est interrogé sur l’opportunité d’ouvrir à l’urbanisation toutes les communes de Beauce sachant qu’elles ne sont pas desservies par les transports en commun, qu’elles n’offrent pratiquement aucun emploi ni aucun service et que donc cela impose aux nouveaux habitants d’utiliser leur voiture sur la RN154 que l’on sait déja saturée. Qui s’aperçoit que quelque soit le mode de financement c’est finalement le travail des individus et la nature que l’on pompe au dela de leurs capacités. Désespèrant!!!
11 mars 2009 à 11:16
Moi ce que j’apprécie tout particulièrement “grand Charles” c’est le : ” vous payez bien le train pourquoi pas l’autoroute … ” eh bien tout simplement parce que en prenant le train je n’ai pas besoin de prendre ma voiture et de remplir son réservoir de taxes…mais c’est sans doute ça la schizophrénie. Je suis pourtant tout à fait d’accord avec ce que vous écrivez sur les investissement excessifs qui rendent impossibles les dépenses essentielles…J’ose espérer simplement que vous pensez là aussi aux emprunts et investissements de la villle de Chartres et de l’Agglo.
Pourriez vous par ailleurs m’indiquer comment font les autres pays européens en matière d’autoroute, tenez la petite Belgique par exemple, et là il y a même de l’éclairage partout, et l’Allemagne qui vient il est vrai de taxer les de 12 tonnes…
11 mars 2009 à 12:32
Bonjour Charles,
Je n’ai pu vous répondre plus tôt.
L’intérêt de nos échanges et que nous sommes ouverts à la discussion, préalable à tout accord ou du moins à tout consensus.
Concernant le partenariat public/ privé, il existe effectivement des structures qui permettent aux collectivités de se doter d’instruments juridiques leur permettant d’accomplir efficacement leurs missions (la société d’économie mixte - SEM, le groupement d’intérêt économique - GIE, les associations, les régies… ou les contrats de partenariat public/ privé) mais faut-il prévoir des gardes fous notamment pour ce qui touche à la « consolidation des comptes » afin que certaines collectivités n’utilisent pas ces structures pour externaliser leurs charges.
Mais pour l’autoroute payante, il s’agit de transformer des voies existantes en autoroute…payante. Là est le problème et l’intérêt de ce débat car pour moi la solution est une deux fois deux voies.
Comme le dit à juste titre Jean Christophe, ce projet nous enferme dans une solution obsolète au regard des défis environnementaux et seule la puissance publique a la capacité de donner une nouvelle direction aux transports (ferroutage, transport en commun…). Dans ce cas précis, comme vous l’indiquez, il s’agit bien d’un investissement excessif tout comme d’autres nouvelles infrastructures de notre agglomération qui nous ferment les portes de l’innovation et du progrès.
Ne nous trompons pas ! Lorsque le président Kennedy dit que son pays sera sur la lune en moins d’une décennie, il s’agit bien d’une volonté politique et non économique. Aussi a-t-il utilisé la NASA, structure créée 3 ans plus tôt par Eisenhower, et dont l’actuel budget, voté par le congrès, s’élève à plus de 20 milliards de dollars. S’agit-il là d’une charge ou d’un investissement ? s’agit-il là d’une initiative privée ou d’une volonté politique ?
En France, les autoroutes n’ont pas toujours été dans le domaine privé. Souvenons-nous que l’état les a privatisées pour 15 milliards d’euros et que depuis les tarifs ne cessent d’augmenter et ce, malgré les observations du gouvernement…
Il faut une fois pour toute cessez de clamer que c’est à l’usager de payer car tenir ce propos c’est considérer que les patients, usagers de l’Hôpital, les écoliers, usagers de l’école, devront payer pour se soigner et s’instruire. Qu’approuver ces propos c’est jeter la fraternité, l’égalité et donc la liberté à la poubelle !
Charles, je veux bien poursuivre cette conversation mais le temps me manque. Aussi je te communique mes coordonnées : 06 45 65 54 04.