“La vérité en chiffres : Chartres solidaire”, réponse à Jean-Pierre Gorges

La Piquouse publie un courrier du maire de Mainvilliers à son homologue de Chartres, en date du 13 février 2009.

"Monsieur Le Maire,

« La vérité en chiffres : Chartres solidaire » est le titre d’un article de la dernière revue municipale de cette commune. On y explique que la commune finance le déficit de l’école de musique qui accueille des non Chartrains provenant de 88 communes différentes ; sont en particulier « pointés » dans cet article les 24 Mainvillois élèves de cette école, qui, comme tous les élèves non Chartrains, payent une cotisation environ 50% supérieure aux élèves de la commune (pratique courante par ailleurs).

Tout cela pour pouvoir affirmer dans cet article que « certains des Maires de ces communes prétendent parfois que la ville de Chartres n’est pas solidaire d’autres communes de l’agglomération… Le contribuable chartrain appréciera les déclarations des Maires de Lèves, de Mainvilliers et de Champhol ».

Cela appelle de notre part, élus majoritaires de Mainvilliers, les trois réactions suivantes :

Nous demandons effectivement qu’une solidarité se mette en place au niveau de l’agglomération ; c’est d’ailleurs l’esprit de la loi Chevènement créant en particulier les communautés d’agglomération. Mais nous interpellons dans ce cas le Président de l’agglomération, pas le Maire de Chartres. Cet article est par contre révélateur de ce que l’on pense à savoir que vous ne faites pas la différence entre votre mandat de Président de l’agglomération et celui de Maire de Chartres. Et c’est bien tout le problème vécu depuis 2001 dans cette agglomération.

Il se trouve que Mainvilliers a également une école de musique (associative), financée à environ 90% par le budget municipal. Seulement un peu plus de 50% de ses élèves sont mainvillois ; les autres viennent de plusieurs communes dont … Chartres (9 cette année). Mainvilliers étant 4 fois moins peuplée que Chartres, on peut même dire que proportionnellement, il y a plus de chartrains à l’école de musique de Mainvilliers que de mainvillois à l’école de musique de Chartres ! Et on pourrait se dire plus solidaire que Chartres… Mais ce n’est pas la bonne façon d’aborder cette question ! Celle-ci devrait l’être par exemple dans un premier temps dans le cadre du comité des Maires. Et encore une fois, la rédaction de cet article conforte ce que nous disons depuis 2001 : vous détruisez jour après jour l’esprit d’intercommunalité qui avait été conforté année après année avant votre élection.

Enfin, si nous voulons vraiment parler de solidarité, il faut d’abord s’entendre sur la définition ; le dictionnaire indique « relation entre personnes … qui entraîne, pour un élément d’un groupe, l’obligation morale de ne pas desservir les autres et de leur porter assistance ». De là, découle la définition suivante plus adaptée au langage financier : « la solidarité, c’est donner un peu plus à ceux qui ont moins ». En revenant à notre agglomération, pour savoir quelle commune peut avoir besoin d’aide, il faut d’abord connaître la richesse de chacune d’elles.

Celle-ci est donnée, comme vous le savez, par un indicateur appelé le potentiel fiscal par habitant. Moins il est élevé, plus la commune est pauvre et donc plus son budget (par habitant) est faible. Les derniers chiffres connus (2007) pour les communes de l’agglomération sont les suivants : Champhol (358 euros/hab) ; Lèves (423 euros/hab) ; Le Coudray (513 euros/hab) ; Mainvilliers (530 euros/hab) ; Luisant (656 eurso/hab) ; Lucé (668 euros/hab) ; Chartres (859 euros/hab). La mise en place de « régulateurs de solidarité » au niveau national et intercommunal devrait atténuer ces inégalités. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Sur ce point, l’action de l’Etat est encore bien trop timide à ce jour et au niveau intercommunal avec les élus majoritaires de droite de cette agglomération vous refusez de mettre en œuvre cette solidarité.

Restant ouvert à tout échange sur ce sujet, je vous adresse, Cher Collègue, mes meilleures salutations.

Le Maire, Jean-Jacques CHATEL".

5 commentaires pour ““La vérité en chiffres : Chartres solidaire”, réponse à Jean-Pierre Gorges”

  1. c-est-moi dit :

    Je pensais potentiellement le coudray bien plus riche que cela.

  2. Cydrah dit :

    Le Coudray, 3500 et quelques habitants, potentiel fiscal = celui de Mainvilliers qui compte 18000 habitants , Le Coudray est aussi riche que vous le pensiez.

  3. Gepetto dit :

    Quelques lignes …
    A l’attention des récupérateurs Gorgiens et de leurs journaux de propagande “VV”.
    A l’attention des élus qui élèvent leur voix (et celles de leurs électeurs) contre le bourrage de mou Fromontesque.
    A l’attention de ceux qui se trompent de chemin … (et je ne parle pas de notre Lebon local !)

    Entendu ce matin sur Inter, une interview de Regis Debray :

    La Solidarité est la traduction juridique, concrète, de la Fraternité, née de la 3′république par des Bourgeois effrayés par le socialisme et le communisme… qui pensaient avoir des devoirs envers leurs “Pôvres”.
    Solidarité : une fraternité rendue anonyme, médiatisée par un état qui s’exprime dans des lois … ce n’est plus un sentiment ou une espérance, c’est une obligation

    Fraternité : Dimension avec une Notion exigeante, spirituelle, subversive et combative, un droit au dessus du Droit.
    La Fraternité marche à la colère, la révolte, ce n’est pas un combat solitaire.
    Ce n’est pas “aimez-vous les uns les autres” mais combattez ensembles.
    Le capitalisme est une machine à détruire la Fraternité.
    Fraternité n’est pas Fratrie, c’est faire de la famille avec ceux qui ne sont pas de la famille.
    On ne remplace pas la fraternité par la Diversité, synonyme de divergence, discorde.
    On ne peut pas survivre dans l’égoïsme.

    Episode Antillais (on en parle …).

    S’interroger sur l’enrôlement de Mme Cressant, qui connaît le sens de la Fraternité, de par ses origines, son engagement associatif, dans l’équipe du “Théatre Gorgien” au sein du conseil municipal Chartrain, c’est mettre le doigt sur le sentiment que peut susciter ses origines Antillaises, le poids de la descendance encore très proche des “parents” mis en esclavage, et de la relation avec les Maîtres à la fois haïs et enviés (surtout pour la Martinique, la Guadeloupe ayant plus une “culture” de marronage et de résistance).
    Sous couvert d’une “reconnaissance” de la communauté Antillaise, c’est, outre se mettre des bulletins de vote dans l’urne sous prétexte d’une épouse de couleur, mais c’est aussi vous faire trahir QUI vous êtes, vos racines…
    Les “Béké” ont eu beaucoup de descendants métis car ils ne daignaient pas faire de leurs domestiques des “épouses”. Leurs descendances faisaient de bons petits “contremaîtres”, ou second Maîtres comme on dit dans la Marine …
    Regardez autour de vous, bon sang, il n’y a pas que l’aménagement de Beaulieu et ses caméras, jpeg est aussi le petit Maître du grand Blabla, l’Hortefeux de service, celui qui juge qu’il n’y a plus besoin d’esclaves sur nos chantiers.
    Désolé Mme Cressant, vous ne servez pas là votre idéal de la fraternité, mais celui de l’ordre, celui du Maître d’école qui vous interdisait le créole à la baguette et faisait de vous une française aux origines Gauloises.

    A voir et relire :
    “Gran Torino” / Clint Eastwood.
    Les misérables : “livre qui a la fraternité pour base.”
    A.Cesaire : cahier du retour au Pays Natal.

  4. Anonyme dit :

    Enfin, on parle de la Guadeloupe, étrangement absente de ce blog depuis le début de la grève générale. Mais quelques précisions s’imposent :
    - L’image d’une Guadeloupe marronne et d’une Martinique servile n’a aucun fondement historique. Des révoltes ont eu lieu dans les deux îles et il y eut de très vastes bandes de Nègres marrons en lutte à la Martinique avant la Révolution (voir l’épopée de la bande de François). Cette image ne s’appuie que sur deux faits. D’une part, les esclaves étaient d’abord débarqués en Martinique, “capitale” des Antilles françaises, où les planteurs choisissaient les plus valides et les plus dociles du moment, le reste partait en Guadeloupe. D’autre part, la Martinique occupée par les Anglais n’a pas connu la Révolution et l’abolition provisoire de l’esclavage dont le rétablissement en Guadeloupe donna lieu à des combats meurtriers et héroïques. L’essentiel du marronnage dans les deux îles ne signifiait pas nécessairement une révolte violente mais surtout la clandestinité dans les montagnes, les Grands fonds ou encore dans les lakous urbains. De là, une rivalité de bon aloi entre Guadeloupe et Martinique.
    - Il n’y a pas de békés en Guadeloupe, ou de manière plus précise, pas de Békés guadeloupéens. Victor Hugues leur a tous coupés la tête lors de la Révolution. Ne sont restés que les Békés martiniquais protégés par l’occupation anglaise. Il n’y a en Guadeloupe que quelques “Blancs-Pays” qui n’ont rien à voir avec les Békés.
    - Le code noir, en vigueur dans les Antilles françaises, portait que l’enfant suivait le statut de la mère pour d’évidentes questions de sécurité patrimoniale. La question du mariage d’un planteur avec sa maîtresse servile ne se posait donc même pas. Par contre, à l’instar de leur mère, une très grande partie des Mulâtres issus de ces unions étaient affranchis par leur maître, souvent éduqués et promis, certes à l’encadrement des plantations (pas seulement comme contremaître, plus souvent comme gestionnaire-comptable), mais aussi à l’artisanat, au commerce, à l’administration, etc. D’ailleurs, ces libres de couleur, majoritairement mulâtres, consitueront la première strate de la petite bourgeoisie antillaise et l’essentiel pendant longtemps du personnel politique.
    - Même si le “ti-mulate’ possédait un statut particulier, il est vain et historiquement faux de l’opposer au reste de la population supposée noire alors que le métissage a été très largement répandu et que tous ont subi le même système de l’esclavage, puis de la colonie. De grandes voix de la créolité sont mûlatres comme Chamoiseau qu’il faut lire aussi. La créolité, c’est justement le mélange de tous les horizons, y compris békés, le “Tout-Monde” de Glissant.
    - Alors, je ne connais pas Mme Cressant mais il est odieux d’insinuer qu’elle jouerait le rôle du contremaître incarné dans la figure du Mulâtre.

  5. Anonyme dit :

    Gepetto, soti an kay-la si ou ni grenn !

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