Projet de station d’épuration à Seresville : un choix incohérent pour l’aménagement de notre territoire
A l’occasion de la prochaine enquête publique qui aura lieu du 20 février au 23 mars 2009 au sujet du projet de construction d’une station d’épuration sur le site de la Mare-Corbonne, près de Seresville, sur la commune de Mainvilliers, les Verts d’Eure-et-Loir appellent à la mobilisation citoyenne contre cet investissement sur-dimensionné, véritable aberration économique et écologique au regard des engagements du Grenelle de l’Environnement.
Les Verts encouragent les habitants de l’agglomération à participer aux réunions d’information programmées en mairie de Mainvilliers et au siège lucéen de la communauté d’agglomération Chartres Métropole pour rédiger leurs doléances et protestations sur les registres d’enquête, et pour convaincre les trois commissaires enquêteurs que le choix du président Gorges s’avère totalement incohérent pour l’aménagement de notre territoire.
17 février 2009 à 10:14
http://lapiquouse.info/archives/1128
17 février 2009 à 10:16
http://lapiquouse.info/archives/961
17 février 2009 à 10:18
http://lapiquouse.info/archives/976
18 février 2009 à 1:25
Il y a enquête publique, et Choix … privé.
“La construction de la station sera confiée au délégataire de service public dont le nom sera révélé le 4 mai.”
Question 1 : A qui … ? Le suspens est intolérable !
Allez, cherchez un peu, il y 2 géants, mais il n’est pas encore question de creuser un canal entre Seresville et Léves. Reste qui ? (Les éventuels autres ne comptent pas)
Donc, si le nom doit être révélé, si un choix a dû être fait pour arriver à une conclusion (une révélation !!!), il y a donc eu comparaison, mise en concurrence entre plusieurs délégataires, plusieurs solutions proposées pour une étude du site et du mode de traitement des eaux …
Quid de cette mise en concurrence ?
Quid des critères de sélection ?
Quid des critères d’éviction ?
Y a t’il effectivement eu des propositions de lagunage ?
Vous saurez tout cela (enfin presque) une fois l’enquête publique close et la procédure terminée.
Mais cela ne fait pas vraiment partie du débat, n’est-ce pas ?
3 mars 2009 à 15:46
Qui peut me fournir un dossier complet sur ce sujet ?
3 mars 2009 à 18:16
Je vous conseille de contacter François Cauchon, président du Collectif de Seresville hostile au projet gorgien. Il est dans l’annuaire, commune de Mainvilliers.
4 mars 2009 à 10:16
Quelles alternatives proposez-vous en termes de localisation, de techniques et de dimensionnement ?
4 mars 2009 à 11:51
A Anonyme,
La meilleure localisation reste la vallée de l’Eure, en aval de Lèves.
La technique optimale écologique est le lagunage :
http://pagesperso-orange.fr/ideau/lagunage.htm
Le dimensionnement de l’ouvrage ne doit pas dépasser une capacité de 100.000 habitants. La solution consisterait à fabriquer plusieurs unités de taille modeste.
4 mars 2009 à 12:54
En aval de Lèves, c’est à dire à Saint-Prest où les habitations sont nombreuses et dans tous les cas plus nombreuses et plus proches des sites potentiels d’implantation que dans le cas de l’implantation à Seresville où les populations concernées sont bien moins nombreuses.
La vallée de L’Eure, c’est à dire sous la menace d’inondations qui prennent des proportions très importantes à Saint-Prest.
Le lagunage est très consommateur d’espace et absolument inadapté à de tels volumes même si on en reste à 100 000 équivalent-habitants. Cette technique défigurerait la vallée à Saint-Prest et stériliserait de grandes emprises de la vallée, sachant qu’il existe une réservation pour une 2×2 (concession ou pas). Où mettez-vous vos hectares de lagunage ?
Limiter la capacité à 100 000 habitants, c’est limiter le développement de l’agglomération (habitat et activités). Est-ce un choix de décroissance ? Certes, on pourrait envisager des tranches au fur et à mesure du développement mais les coûts ne seraient pas les mêmes.
Enfin, avez-vous consulté les habitants de Saint-Prest ?
4 mars 2009 à 13:31
En aval de Lèves ne signifie pas St-Prest.
Le lagunage est compatible avec le site de la vallée de l’Eure.
5 mars 2009 à 9:05
Votre réponse n’est-elle pas un peu courte et peu argumentée ? Si ce n’est pas Saint-Prest, c’est Jouy avec les mêmes problèmes d’inondation et de proximité d’habitations, non ? Combien d’hectares pour le traitement de 100 000 équivalent-habitants par lagunage ?
5 mars 2009 à 14:11
Renseignements pris, si le lagunage ne présente aucune nuisance ou presque, il est effectivement très consommateur d’espace, environ 1 hectare pour 1000 habitants, ce qui, pour le cas qui nous occupe, nous amènerait à une surface gigantesque de 100 hectares pour l’ensemble de l’agglomération. De plus, il se confirme que le lagunage est incompatible avec les secteurs inondables, donc exit la vallée. Cette solution est donc tout à fait impossible techniquement. En fait, le lagunage est adapté à des petites communes de moins de 10000 habitants.
Plus d’informations sur le lien suivant :
http://www.nord-ecologie-conseil.fr/le lagunage.html
5 mars 2009 à 16:00
LES TECHNIQUES NATURELLES D’EPURATION DES EAUX
Les eaux superficielles (rivières, canaux, étangs,…) sont souvent polluées, les eaux souterraines le sont aussi en beaucoup d’endroits.
Pour retrouver partout des eaux propres, il faut et il suffit de mettre en place et favoriser des techniques naturelles d’épuration des eaux, car elles peuvent s’appliquer partout.
L’application de ces techniques permettra de satisfaire aux dispositions de la loi sur l’eau et les milieux aquatiques et d’atteindre le bon état des eaux dans le milieu naturel en 2015.
Ces techniques dérivent, pour l’essentiel, du lagunage naturel et peuvent s’appliquer aux eaux usées domestiques, mais aussi aux diverses eaux superficielles (rivières, canaux, étangs). Le traitement des eaux usées industrielles relève de techniques spécifiques, mais le lagunage naturel s’applique à toutes les autres, tout en étant l’un des moins onéreux, l’un des plus efficace, et sans aucune nuisance avec une intégration paysagère agréable.
Le lagunage naturel
Sous une apparente simplicité les phénomènes sont en réalité, très complexes.
Les nitrates formés grâce à l’action bactérienne sur les matières organiques sont utilisés, non seulement par les plantes supérieures (macrophytes) mais aussi par les bactéries pour leur multiplication et par le phytoplancton pour son accroissement. Bactéries et phytoplancton sont à leur tour partiellement consommés par le zooplancton et aussi par divers petits invertébrés aquatiques ( daphnies par exemple) ; ces petits invertébrés aquatiques sont aussi la proie d’autres invertébrés (larves de libellules, de dytiques, …) ou de vertébrés (batraciens ).
Il y a donc dans la lagune des chaînes trophiques complexes qui, normalement, vivent en équilibre et permettent un fonctionnement harmonieux de l’écosystème
I- Vue d’ensemble des techniques naturelles d’épuration des eaux
Si l’on met de coté les techniques lourdes d’épuration des eaux adaptées aux grosses collectivités (plus de 10.000 équivalents-habitants) : Stations à boues activées, Stations à lits bactériens, qui font appel à des constructions en béton, qui consomment beaucoup d’énergie et nécessitent un personnel compétent et abondant, il reste plusieurs techniques qui appartiennent à des processus naturels simples et peu onéreux mais dont l’efficacité est parfois douteuse et qui peuvent être producteurs de nuisances . Nous allons les passer en revue en indiquant leurs caractéristiques et éventuellement leurs défauts:
- Les techniques d’infiltration
- Les techniques de lagunage proprement dit
Principes généraux de l’épuration
L’épuration des eaux usées domestiques, quelle que soit la technique employée, relève toujours de trois opérations et de trois seulement, mais qui sont toutes les trois indispensables.
1- la décantation des matières en suspension. Ce sont des particules, souvent minérales, qui ont été entraînées par les eaux usées. Elles vont former des boues, et si elles sont organiques, vont subir les étapes suivantes.
2- La dégradation bactérienne. Celle-ci va entraîner la décomposition des matières organiques en composés minéraux. Cette dégradation est due, essentiellement, à l’action de bactéries aérobies (donc utilisant l’oxygène dissous) et amène la production de composés azotés (ammoniac puis nitrates) et phosphatés (phosphates) .Les autres éléments minéraux présents et libérés (soufre, fer,…), toujours en très petite quantité, se dissolvent dans le milieu.
3- L’élimination des composés minéraux formés, essentiellement des nitrates et des phosphates. Ces composés sont des nutriments des végétaux et peuvent donc être éliminés par ceux-ci, ce qui est la méthode la plus simple, la plus efficace et la moins onéreuse.
Les 2 premières étapes sont utilisées dans les stations lourdes (stations à boues activées et stations à lits bactériens). Quant à la 3ème étape, quand elle est mise en œuvre, elle s’effectue alors par d’autres procédés.
1 - Les techniques d’infiltration :
Il en existe plusieurs variantes :
- Les bassins de décantation-infiltration : il s’agit de bassins recueillant les eaux usées, d’une profondeur de 1 à 3 m, les eaux s’infiltrant progressivement dans le sol perméable. C’est ce système qui existait à Camiers (Pas de Calais). Mais il avait un inconvénient majeur : les eaux subissaient une fermentation anaérobie avec formation de gaz malodorants (hydrogène sulfuré, ammoniac,…) qui se répandaient dans le voisinage heureusement peu urbanisé. Ce système a été abandonné dans les années 1990.
- Les bassins d’épandage-infiltration : dans ce cas les eaux usées sont recueillies dans de grandes citernes, puis relâchées par bâchées dans de vastes bassins où elles s’étalent sur une faible profondeur. La dégradation des matières organiques des eaux usées, commencées en anaérobiose dans les citernes se continue à l’air donc en aérobiose dans les bassins où elles s’infiltrent dans le sol perméable. Cette technique est utilisée dans le Pas de Calais à Wissant (où l’infiltration s’effectue dans le sable de la dune d’amont) et à Audinghem (où l’infiltration a lieu dans un sol calcaire).
Cette méthode présente plusieurs inconvénients ; d’abord les fermentations anaérobies des cuves de réception des eaux usées dégagent des gaz nauséabonds, ensuite l’infiltration d’une partie de ces eaux chargées de nitrates et de phosphates, entraîne une eutrophisation du sol sous-jacent, enfin le fond des bassins se colmate progressivement par les dépôts de MES et doit donc être régulièrement gratté et labouré pour permettre l’infiltration des eaux des nouvelles bâchées. Cette technique n’est donc pas à recommander.
- L’épandage-irrigation : Les eaux usées, ayant déjà subies une filtration grossière ou un premier passage en station d’épuration, sont relâchées par épandage sur des zones où leurs nitrates et phosphates résiduels apportent les amendements nécessaires à la végétation. Une telle irrigation est souvent utilisée dans le cas de taillis à très courte rotation(TTCR) constitué généralement de saules utilisés pour le chauffage bois.
- Les autres techniques : d’autres méthodes sont utilisées, adaptées aux petites collectivités (voir biblio.), mais elles ne sont que des variantes de celles qui sont citées ici car elles font appel aux même principes généraux.
2 – Les techniques de lagunage proprement dit
Il existe plusieurs techniques de lagunage pour l’autoépuration des eaux :
- Lagunage aéré
- Lagunage à microphytes
- Lagunage à macrophytes
De ces trois techniques, seule le dernière est complète. En effet, le lagunage n’est pas seulement la mise des eaux usées dans des bassins appelés lagunes, mais doit aussi permettre l’épuration complète, c’est-à-dire la minéralisation des matières organiques et l’élimination des éléments minéraux de manière à obtenir une eau propre avec une constitution minérale normale à très faible teneur en N et P.
Lagunage aéré :
Les lagunes dites aérées sont tout simplement des bassins où sont recueillies les eaus udsées urbaines et où elles sont aérées par un brassage mécanique puissant.
Ce brassage entraîne le développement massif des bactéries aérobies qui vont minéraliser les matières organiques et les décomposer en libérant en particulier l’azote sous forme de nitrates et le phosphore sous forme de phosphates
Les lagunes aérées peuvent être profondes de 2 à 3 mètres ; la profondeur dépend de la puissance du système de brassage. Le temps de séjour des eaux en traitement dépend beaucoup de la température et peut être d’une dizaine de jours sous nos climats.
Si ces lagunes aérées dégradent bien les matières organiques, elles ont l’inconvénient de libérer ensuite dans le milieu récepteur (rivière par ex.) les nitrates et phosphates, donc d’entraîner une pollution azotée et phosphatée de celui-ci, donc une eutrophisation
Il serait nécessaire d’envoyer ces eaux, avant leur rejet dans le milieu, dans des bassins à macrophytes pour terminer leur épuration.
1 -Les principes et conditions du lagunage naturel
Le lagunage naturel doit pouvoir répondre aux différentes pollutions présentes dans les eaux usées urbaines, c’est-à-dire
- Matières en suspension (MES) : flottants, matières entraînées par les eaux
- Matières organiques (MO) provenant es eaux de cuisine et des toilettes (eaux vannes) qui sont plus ou, moins oxydables et dont on mesure la DCO (demande chimique en oxygène) et la DBO5 (demande biologique en oxygène sur 5 jours).
- Matières minérales, essentiellement formées par la dégradation des matières organiques, c’est-à-dire nitrates et phosphates.
La technique doit permettre d’obtenir une eau propre, compatible avec la vie des organismes aquatiques et terrestres, donc d’une bonne qualité écologique, sans matières organiques et pauvre en éléments minéraux.
La technique du lagunage naturel va donc comporter plusieurs étapes successives :
a) la récolte des eaux usées des habitations, si possible par gravité, donc en un point bas et proche d’une possibilité d’évacuation des eaux épurées (fossé, ruisseau, rivière ou canal), sans qu’un pompage ou un relevage soit nécessaire.
b) L’élimination des MES et flottants, y compris les huiles éventuelles qui, plus légères que l’eau, se concentrent en surface. C’est le rôle d’un dégrilleur, désableur, déshuileur.
c) La minéralisation des matières organiques. Cette minéralisation est due à l’action de bactéries aérobies qui vont transformer les matières organiques en ammoniac puis en nitrates pour les produits azotés( protéines) et en phosphates pour ceux contenant du phosphore (ex acides nucléiques).
Mais les bactéries aérobies ont besoin d’oxygène pour vivre. Cet oxygène est naturellement apporté par le phytoplancton (microalgues) grâce à la photosynthèse.
Ces actions se passent dans un bassin dit à microphytes (végétaux microscopiques).
d) l’élimination des nitrates et phosphates formés dans le processus précédent. Cette élimination s’effectue tout simplement par l’action de plantes dites macrophytes (végétaux de grande taille) qui sont des hélophytes (ayant leur partie végétative inférieure dans l’eau et leur partie supérieure à l’air) ; ce sont par exemple des iris, des roseaux, des typhas ( ou massettes). Cette action s’effectue dans un bassin dit à macrophytes.
e) L’exportation des végétaux supérieurs en fin de croissance. Cette exportation se fait par faucardage des plantes, environ 10 cm au dessus de l’eau (pour éviter le pourrissement des parties inférieures) et en laissant les parties profondes (racines, rhizomes) en place pour la repousse ultérieure.
Les plantes coupées doivent être ramassées et exportées hors du bassin (pour éviter leur pourrissement) ; on peut alors soit brûler les végétaux après séchage, soit les utiliser pour faire du compost après broyage.
2- L’aménagement et la conduite du lagunage
Si, pour de très petites installations (moins de 50 équivalent-habitant), 2 bassins peuvent suffire ( un à microphytes et un à macrophytes), d‘une façon générale, trois bassins sont recommandés ( un à microphytes pour la minéralisation avec développement des bactéries et du phytoplancton ; deux bassins à macrophytes pour le développement des hélophytes)
Compte tenu du fait que l’épuration fonctionne à le vitesse de la nature, il faut laisser à celle-ci le temps nécessaire. L’expérience montre qu’il faut entre 3 semaines et 2 mois pour que l’épuration soit correcte, ceci en fonction de la température de l’eau donc de la saison. Si 3 semaines suffisent en été, il faudra 2 mois en hiver dans nos régions. En conséquence, le volume des bassins doit tenir compte de cette donnée et l’expérience montre qu’il faut environ 10 m2 de bassin par équivalent-habitant, pour les profondeurs de bassin conseillées.
Le premier bassin à microphytes doit avoir entre 1 m et 1,20m de profondeur et occuper environ la moitié de la surface totale des bassins. Cette profondeur est recommandée pour, d’une part empêcher le développement d’hélophytes enracinées sur le fond et, d’autre part permettre à la lumière de pénétrer jusqu’au fond et ainsi permettre le développement du phytoplancton et la photosynthèse. En dessous de cette profondeur, on aurait une zone obscure, anoxique où se développeraient des bactéries anaérobies productrices de mauvaises odeurs.
Les 2ème et 3ème bassins doivent être des bassins à macrophytes, donc plantés. Pour cela leur profondeur doit être, pour le 2ème, de 0,50 m et le 3ème de 0,30m.Dans le 2ème bassins peuvent être plantés des Typhas et des roseaux, dans le 3ème des iris ; mais diverses fantaisies sont envisageables : il est par exemple possible de réaliser une zone plus profonde où seront plantés des joncs des tonneliers.
La forme des bassins a aussi une importance. En effet il faut éviter de réaliser des zones d’eaux mortes, c’est-à-dire qui ne circuleraient pas et que ne se créé un courant prioritaire. Pour cela il faut des bassins de forme allongée, sans angles vifs .
Le passage de l’eau d’un bassin au suivant doit se faire du fond du bassin amont vers la surface du bassin aval, ceci pour améliorer l’oxygénation des eaux du fond ; lorsque le relief du terrain le permet, il est bon de réaliser des cascadelles pour transférer l’eau d’un bassin au suivant, là encore pour améliorer l’oxygénation.
Recommandations diverses
- Etanchéité des bassins :
Il est indispensable que les bassins soient bien étanchéifiés pour éviter les infiltrations d’eau et les échanges avec la nappe phréatique
Cette étanchéification peut être naturelle si les bassins sont creusés dans un sol argileux dont la perméabilité est de 10-8 m/s ou inférieure. Si le sol montre une perméabilité supérieure, il est nécessaire d’effectuer une imperméabilisation, soit par apport d‘argile (ex. bentonite), soit par pose d’une géomembrane dont il existe plusieurs types.
Au dessus de la couche imperméable il est nécessaire de déposer une couche de sables grossiers pour permettre la plantation et l’enracinement des macrophytes, couche d’une épaisseur de 20 à 50 cm.
- Sauvegarde de la biodiversité et du paysage :
Contrairement aux stations lourdes d’épuration, le lagunage naturel permet la sauvegarde de la biodiversité végétale et animale avec l’attrait paysager.
La forme des bassins peut être modulée, dessiner des courbes, s’adapter au relief. Les berges doivent être inclinées avec une pente d’environ 2/1 et végétalisées. De plus il est bon d’aménager des amas rocheux sur les bords pour créer des abris à divers invertébrés et permettre aussi la sortie de l‘eau des batraciens après leur phase larvaire aquatique (grenouilles, tritons, crapauds ).
Sans doute, une certaine largeur autour des bassins doit être prévue pour le cheminement afin de permettre l’entretien, mais des bosquets d’arbustes peuvent être implantés pour, non seulement améliorer le paysage, mais aussi favoriser la vie sauvage, en particulier les oiseaux.
Le seul problème est celui des rats musqués qui, non seulement creusent des galeries dans les berges et fragilisent celles-ci, mais aussi consomment et détruisent les jeunes pousses de plantes aquatiques des bassins (iris, roseaux, typhas,…). Les seuls moyens de lutte sont, d’une part la pose de grillages métalliques au niveau des berges pour éviter le creusement des galeries (où les rats musqués se reproduisent) et la protection des ennemis naturels du rat musqué, c’est-à-dire les petits carnivores ou Mustélidés et en particulier le putois ; on pourrait y ajouter le renard et aussi le vison d’Europe (ce dernier malheureusement disparu de nos régions).
Coûts
Le lagunage naturel ne fait appel à aucune technique lourde et coûteuse, tant au niveau de l’investissement que du fonctionnement.
Les coûts concernent le creusement des bassins, l’analyse de la perméabilite des sols et éventuellement leur imperméabilisation (apport d’argile ou de bâches), la pose des tuyaux de circulation d’eau et, bien sûr , l’installation au début d’un système désableur, dégrilleur, déshuileur (simple et peu coûteux), enfin la plantation des hélophytes dans les bassins 2 et 3.
Les bactéries autoépuratrices et le plancton viennent tout seuls, apportés par les eaux, le vent, les oiseaux. Il n’y a pas de frais mécaniques, ni de dépenses énergétiques si la conception est faite correctement.
Quant aux frais d’entretien, ils existent mais se réduisent à un faucardage des plantes aquatiques une fois par an (fauche automnale) et à une surveillance de l’envasement des bassins avec curage éventuel, en particulier du 1er bassin une fois tous les 3 à 10 ans. Bien sûr il faut aussi une surveillance fréquente, au moins une fois par semaine, du dégrilleur, desableur, deshuileur de l’entrée, avec enlèvement des produits recueillis.
Il faut aussi prendre en compte l’entretien des abords mais c’est de l’ordre des dépenses communales ordinaires.
Efficacité
Il existe plusieurs types de stations de lagunage naturel. Pour en évaluer l’efficacité, il faut prendre en compte celles qui ont été bien conçues, bien réalisées et correctement entretenues, c’est-à-dire des lagunes à 3 bassins dont 2 plantées avec des macrophytes.
Dans ces cas, l’élimination de l’azote global peut atteindre et dépasser 80 %, l’élimination du phosphore peut atteindre et dépasser 90 %, c’est-à-dire des rendements équivalents à ceux des stations lourdes modernes les mieux équipées. Quant aux critères MES, DBO 5, DCO, l’efficacité d’élimination dépasse couramment les 90 % et avoisinent parfois les 100 %.
LE LAGUNAGE A MICROPHYTES
Le lagunage à microphytes est un lagunage sans plantation d’hélophytes, qui ne comporte donc que des bassins sans végétaux supérieurs. Dans les eaux se développent des bactéries qui vont dégrader les matières organiques, une microflore qui va apporter l’oxygène nécessaire aux transformations aérobies, et aussi une microfaune (Protozoaires, Crustacés planctoniques, Rotifères, invertébrés benthiques,…) qui va se nourrir de la microflore et autres organismes planctoniques.
Mais cette succession d’êtres vivants aquatiques, si elle va provoquer une toute première épuration des eaux usées, va ensuite entraîner une eutrophisation progressive du milieu. En effet, les végétaux et animaux planctoniques vont à leur tour mourir et subir une décomposition organique qui va enrichir le milieu en nitrates et phosphates, et va finir par provoquer l’épuisement du milieu en oxygène dissous, consommé par les bactéries aérobies.
Plusieurs phénomènes vont alors se produire : l’anoxie des fonds entraînant la mort du benthos, il va y avoir développement des bactéries anaérobies productrices de gaz malodorants (SH2, NH3,…), et aussi un développement dans les zones superficielles de végétaux avides des nutriments présents (nitrates, phosphates) et utilisant l’oxygène de l’air (algues bleues, algues vertes, lentilles d’eau, etc…).
Un tel milieu déséquilibré n’est pas viable.
Pour que telles lagunes à microphytes puissent subsister, il faudrait éliminer une partie du plancton qui se multiplie. Ce serait possible en le faisant à son tour consommer par des poissons par ex. ; mais il faudrait ensuite aussi éliminer une partie des poissons. C’est-à-dire mettre en place une gestion complète de l’ensemble, ce qui s’avère délicat et surtout demande un personnel compétent..
CONCLUSIONS
Le lagunage naturel, avec macrophytes, constitue incontestablement la technique la plus écologique, la plus économique et la plus efficace pour l’épuration des eaux usées domestiques des agglomérations de moins de 10 000 habitants.
Elle est applicable aux maisons individuelles, et surtout aux villages, hameaux et lotissements de faible importance.
A raison de 10 m2 de surface de bassin nécessaire pour un habitant, cela ne fait que 10 000 m2, soit 1 hectare pour 1000 habitants. C’est approximativement la surface nécessaire pour un terrain de football. C’est dire qu’une telle surface est aisément disponible dans une commune rurale.
Il faut ajouter qu’il n’y a aucune nuisance ; si le lagunage est bien conçu, bien conduit, il n’y a aucune odeur, la dégradation des matières organique étant aérobie ; par ailleurs la présence de nombreux invertébrés, de batraciens et d’oiseaux évite la présence et la prolifération des moustiques.
5 mars 2009 à 16:48
Dont acte, ça paraît compliqué pour l’agglomération de Chartres et ses 100 000 habitants.
5 mars 2009 à 17:06
Du tout, je le répète, l’avenir du traitement des eaux usées est dans la fabrication d’unités de taille modeste. Il y a moyen sur l’agglomération chartraine de fabriquer plusieurs stations d’épuration. Cette logique gorgienne qui consiste à vouloir fabriquer une unité énorme par service public est complètement dépassée.
5 mars 2009 à 17:25
Sans vouloir polémiquer, je ne comprends pas votre réponse. Vous reproduisez vous-même ci-dessus le texte du lien que j’avais signalé où il est clairement dit :
- D’une part, que cette technique est adaptée aux agglomérations de moins de 10 000 habitants. Et donc pas 100 000.
- D’autre part, que la surface nécessaire pour le traitement d’une agglomération de 100 000 habitants représente 100 hectares. Or, en une ou plusieurs unités, la surface reste de 100 hectares. Et il me semble impossible de trouver une telle surface, même fragmentée, en aval de Lèves dans la vallée ou même ailleurs.
Cette technique n’est donc pas adaptée à notre cas. Peut-être existe-t-il d’autres alternatives au projet proposé par Chartes Métropole mais certainement pas le lagunage.
5 mars 2009 à 17:52
Etudiez bien les paysages, et vous verrez que c’est possible…
5 mars 2009 à 19:15
Je comprends encore moins votre nouvelle réponse. Je suis né ici il y a plus de 50 ans et je me flatte de bien connaître les paysages de la ville, de l’agglomération et du pays chartrain dont, en particulier, la vallée de Chartres à Maintenon. Et je pratique régulièrement l’ensemble du secteur sur cartes ou sur Google et Géoportail. Il ne peut être question de traiter les rejets de l’agglomération au-delà de Jouy, il faut donc se concentrer sur Lèves, Saint-Prest, Champhol et Jouy. De là, j’affirme sans crainte d’être démenti que nulle part vous ne trouverez 100 hectares sur ce territoire, capables, sans problèmes, ni conséquences sérieuses, d’accueillir des unités de lagunage aussi nombreuses et vastes. Il n’est pas question, je le répète, de s’installer en fonds de vallée pour cause d’inondations fréquentes (voir le PPRI), à moins d’importants ouvrages de protection qui défigureraient la vallée et seraient, de toutes façons, interdits par l’Etat au titre de la loi sur l’eau. Et, quand bien même une telle folie serait possible, il y aurait alors un risque majeur de modification de l’équilibre écologique de la vallée. Il vous faut donc vous rabattre sur les coteaux, tous ou presque boisés et classés, ou bien encore sur les terres agricoles des plateaux sur lesquelles un prélèvement de 100 hectares serait dramatique et contraire au Grenelle, sans parler des pompes à installer systématiquement pour chaque unité afin d’assurer le relevage des eaux usées.
Je ne sais pas si vous êtes originaire de la région, ni ne connais votre degré de connaissance du territoire mais je vous invite à parcourir la vallée et ses abords, de Chartres à Jouy, pour y réviser votre jugement péremptoire.
A défaut d’autre alternative crédible (qui peuvent exister, je ne le nie pas), je me dois de considérer votre opposition comme motivée par des préoccupations politiciennes.
5 mars 2009 à 19:28
Il ne vous reste plus qu’à vous identifier… Après, tout sera facile.
5 mars 2009 à 20:14
Nous avons jusqu’au 23 mars pour exprimer nos critiques sur le projet de station d’épuration de Seresville.
Il faut aller à la mairie de Mainvilliers ou au siège de Chartres-Métropole à Lucé pour déposer nos observations sur le cahier de doléances. Ca prend une demi-heure mais c’est important pour l’avenir de l’agglo ! C’est cela le devoir du citoyen responsable, ne laissons pas passer l’occasion de nous exprimer, c’est un dernier espace de démocratie, il en reste si peu !
6 mars 2009 à 2:07
Rappel …
Quid des projets étudiés et mis en concurrence par Chartres Métropole ?
Il serait bien improbable qu’un projet de lagunage associé à un pré traitement n’ait pas été étudié sur le site, ce qui ne demanderait pas 1OO ha.
Allez savoir …
Ce type d’étude ne doit pas être classé secret défense !
6 mars 2009 à 11:06
Sachez que deux sites existent pas très loin de Chartres utilisant des techniques proches du système dont vous débattez. Il s’agit de Caen et Honfleur.
Dans les deux cas, les stations sont proches des fleuves (l’Orne et la Seine). Que pour 26 000 E/H Honfleur occupe 6 ha et Caen pour 350 000 E/H occupe 5 ha pour la STEP elle-même et 26 pour les jardins filtrants paysagers.
On est loin des 100 ha annoncés par le précédent interlocuteur.
6 mars 2009 à 12:02
Pour l’autre anonyme, il ne faut pas tout confondre. Les STEP d’Honfleur et de Caen ne relèvent pas des techniques de lagunage stricto sensu mais d’approches mixtes où des espaces filtrants complètent une épuration déjà engagée selon des techniques traditionelles. Je vous engage à consulter leur site pour vous en convaincre. D’où des surfaces moindres. Mais le lagunage en tant que technique autonome nécessite bien 1 hectare pour 1000 habitants, soit 100 hectares pour 100 000 habitants.
6 mars 2009 à 12:20
Je sens que nous nous dirigeons vers un compromis intelligent…