Masselus prépare le terrain des difficultés futures…
Lu dans le magazine de propagande municipale chartraine Votre Ville d’octobre 2008, page 8, cet extrait d’une interview de Franck Masselus, adjoint aux Finances :
"…la maîtrise de la dette restant un impératif. Rappelons le ratio financier que nous nous sommes fixés : notre dette ne doit pas être supérieure à cinq années d’autofinancement brut (différence entre les recettes et les dépenses de fonctionnement). Les experts considèrent qu’un ratio de huit années est déjà une performance".
"…la maîtrise de la dette restant un impératif. Rappelons le ratio financier que nous nous sommes fixés : notre dette ne doit pas être supérieure à cinq années d’autofinancement brut (différence entre les recettes et les dépenses de fonctionnement). Les experts considèrent qu’un ratio de huit années est déjà une performance".
La Piquouse voudrait bien connaître les fameux experts qui affirment cela. En tout cas, elle constate le décalage avec le discours des experts de la Chambre régionale des comptes - qui ne sont pas des mickeys - qui parle de dégradation de la situation financière quand le ratio atteint le niveau de huit années d’autofinancement.
Les lecteurs de la Piquouse apprécieront la nuance sémantique…
12 octobre 2008 à 9:35
Bonjour,
corrigez-moi, si je me trompe, un taux d’endettement de x années, avec la définition donnée ici et confirmée par les experts, cela signifie bien que si l’on voulait (ce qui n’est jamais le cas) rembourser la dette, il faudrait priver la ville de projets pendant x années, n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas ainsi que raisonnent les municipalités…
Ce message ne porte aucun jugement. Je souhaite seulement faire un parrallèle entre les modes de pensée d’une famille et d’un conseil municipal quant à leur budget respectif.
Si je veux acheter un logement, en tant que particulier, je vais raisonner en capacité de remboursement… et en délai de remboursement de ma dette. Les villes ne raisonnent jamais de cette façon, soyons honnêtes, les villes vivent presque toujours à crédit.
Bien ou mal, je ne sais que penser… mais au final, ce sont les prêteurs qui s’enrichissent sur le dos des villes, donc des habitants… n’est-ce pas ?
Cordialement,
Christophe Prat
12 octobre 2008 à 12:15
Mais au fait rappelez-moi quelle banque anciennement publique aujourd’hui privatisée a dû être sauvée des eaux boueuses des requins de la finance mondiaux, banque dont l’objet est de prêter aux collectivités territoriales ?
13 octobre 2008 à 14:49
Je ne suis pas très bien votre raisonnement sur ce ratio…
Pour un particulier les banques utilisent aussi un ratio le fameux 33%, elles estiment que vous ne pouvez pas emprunter plus de 33% de vos revenus… ce qui est relativement arbitraire car en réalité - et c’est comme cela que raisonnent les collectivités - la vrai question est : de quelle somme je dispose pour rembourser mes emprunts ?
Pour un ménage particulièrement aisé cette somme peut être largement supérieure aux sacrosaints 33% des banques alors que pour des ménages modestes 33% des revenus c’est déjà trop difficile !
Pour une collectivité le ratio se calcule beaucoup plus logiquement selon l’argent disponible : l’épargne brute qui est le solde entre les recettes de fonctionnement et les dépenses de fonctionnement. Une fois ce chiffre obtenu il faut le confronter à l’encours de dette existant ce qui est le meilleur moyen d’évaluer la capacité financière d’une collectivité. Pour ce faire on divise l’encours de la dette par l’épargne brute, ce qui donne forcément un ratio en années.
Bien sur qu’en aucun cas la collectivité arrêtera d’investir pour rembourser, mais maintenir ce ratio à une durée raisonnable de 4 ans est une performance tout à fait satisfaisante qui traduit une capacité d’emprunt sécuritaire pour une collectivité. Les fameuses 8 années étant généralement considérées comme la limite haute d’une gestion saine et encore c’est très relatif passer de 15 ans à 8 ans est une performance chuter de 4 à 8 est clairement une dégradation !
Pour la ville de Chartres selon les chiffres du ministère des finances ce ratio est de 4,13 ans en 2007 contre 10,49 ans pour la moyenne des communes de sa strate (http://alize2.finances.gouv.fr/communes/eneuro/tableau.php?icom=085&dep=028&type=BPS¶m=5&exercice=2007 si vous ne me croyez pas je vous laisse refaire le calcul il n’est vraiment pas dur).
Avec ce ratio, si les recettes de fonctionnement de la collectivité baissent et/ou que l’emprunt dérape ce qui a pour effet d’augmenter les charges de fonctionnement (les intérêts d’emprunts sont une charge de fonctionnement, le remboursement du capital une charge d’investissement) et d’accroître l’encours de dette, alors ce ratio se dégrade. Par conséquent, ce ratio traduit infiniment mieux la réalité de la capacité d’emprunt d’une collectivité qu’une dette calculée en €/habitant ou en pourcentage des recettes…
13 octobre 2008 à 16:39
Merci Franck mais cela demeure totalement abscons pour moi