Mais voyons, Ghislaine, le traité ne dit pas qu’on va supprimer les services publics en France. Il commence à leur donner une assise juridique qui pourrait, au besoin, permettre de les défendre contre les appétits de certains. Du moins pour ce qui concerne les SPIC, parce que les autres, seuls les usagers en ont quelque chose à faire.
Le reproche que je fais surtout aux nonistes, c’est de se concentrer sur toutes sortes de détails, et au final de louper totalement l’objectif historique.
Un traité 100 % conforme aux voeux de la France, ou de n’importe quel autre pays, il n’y en aura pas. Je ne parle même pas d’un traité 100 % conforme aux désirs de chacun des cents démembrements de la gauche française!
L’Europe, jusqu’ici, c’était l’oeuvre des militaires, depuis Jules César, qui ne pensait d’ailleurs pas à ça. Clovis s’était lancé, et il ne pensait pas ça. Charlemagne a bien réussi, et ça ne lui a pas survécu. Les papes l’ont voulu en vain. Napoléon, quel malheur. Hitler, quelle horreur.
Cest devenu l’Europe des humanistes, après la victoire improbable de la social démocratie et de la démocratie chrétienne sur les grandes barbaries du XX° siècle.
Nous n’en sommes qu’au début d’un processus inédit. Ca grogne dans les coins, mais si on n’avance pas, nous sommes voués à devenir dans le monde une bizarrerie impuissante, formée de principautés prétentieuses et babillardes, au milieu des géants asiatiques, russe et américains. Et ceux-là, pour le coup, ils vivent dans la réalité des rapports de force, sans s’embarrasser de nunucheries. Ils ne se donneront même pas la peine de nous écrabouiller. On n’écrabouille pas du néant.