@Mikael Blomvist. Votre réflexion va dans le sens des observations du Conseil Constitutionnel qui souhaite s’orienter vers un assouplissement des règles d’inéligibilité.
Les Sages préconisent d’assouplir la législation sur les comptes de campagne, qui les a conduit à déclarer inéligibles deux députés élus lors des législatives de juin 2007.
Dans un communiqué publié à l’issue d’une séance tenue le 29 mai, le Conseil constitutionnel indique avoir été saisi, après le dernier scrutin législatif, de “592 réclamations” (contre 162 en 2002) et de “507 saisines” de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (601 en 2002).
La législation sur les comptes de campagne a eu “des conséquences, notamment en termes d’inéligibilités, qui apparaissent aujourd’hui disproportionnées”, explique le Conseil. Le Code électoral “impose que toute dépense soit réglée par le mandataire financier” du candidat. Une règle dont “la rigueur” a conduit à déclarer inéligibles deux candidats qui avaient été élus, rappelle-t-il.
De surcroît, l’inéligibilité pour un an décidée pour les contrevenants est une sanction “beaucoup plus sévère que celle qui s’applique à un candidat dont l’élection a été annulée à la suite d’une fraude ou d’une manœuvre condamnable”, souligne la haute juridiction.
Le Conseil constitutionnel souhaite donc que la législation soit assouplie pour permettre de “ne pas prononcer l’inéligibilité du candidat dont la bonne foi est établie”.
Le Conseil Constitutionnel envisage d’étendre les cas d’inéligibilité pour les cadres dirigeants des collectivités
Pour gagner en efficacité, il suggère en outre de “fixer un seuil, en pourcentage de suffrages exprimés, en-dessous duquel les candidats seraient dispensés de déposer leur compte de campagne”. Et recommande d’étendre les cas d’inéligibilité au directeur général des services, au directeur général adjoint et autres chefs de service, “notamment pour prendre en compte les évolutions ayant affecté l’organisation administrative, juridictionnelle et politique de la France au niveau local”.
Le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a installé, le 2 juin, la mission d’évaluation de la législation sur les comptes de campagne. La présidence de cette mission a été confiée à Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel.
La décision d’annulation sans prononcer d’inéligibilité serait dans cette mouvance de manière à inciter le législateur à modifier l’article LO 128 du code électoral de manière à introduire la notion de “bonne foi” pour éviter l’automaticité de l’inéligibilité en cas de compte de campagne non sincère.