La nuit dernière à l’Assemblée nationale, il a assisté aux débats sur le projet de loi concernant les OGM finalement adopté en première lecture par la majorité UMP à la botte des intérêts de l’agriculture productiviste.
- La Piquouse : comment avez-vous vécu la séance à l’Assemblée nationale hier soir ?
- José Bové : "Cette séance a été très différente de celle de la semaine passée. On a eu clairement la sensation que l’UMP ne voulait plus rien laisser passer au profit des anti-OGM. Elle avait été très vexée à cause de l’adoption de l’amendement 252* qui limite de manière très forte la possibilité de mettre des OGM sur le territoire. Elle ne voulait plus vivre ça. On a appris pendant la séance qu’hier matin il y avait eu un recadrage de la secrétaire d’Etat à l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet par l’UMP. On lui a ordonné d’arrêter de soutenir des amendements des anti-OGM.
On a vu des députés UMP très fortement opposés à ceux qui veulent limiter la possibilité des OGM. C’est allé jusqu’aux insultes, du style : "Faucheurs voyous", etc. Chaque fois qu’il y a eu la volonté d’avancer, la majorité a fait un tir de barrage systématique**. Ce qui fait qu’hier soir, les articles du projet sont passés à une très grande vitesse. D’autant que le président de séance était un pro-OGM qui a tout fait pour limiter les débats et accélérer le processus. la séance s’est terminée à une heure du matin. Tout ce qui aurait pu être limitatif a été cassé, systématiquement, que ce soit sur la question des zones, des seuils. En force".
- La Piquouse : et la suite des événements ?
- José Bové : "Le projet va arriver au Sénat le 16 avril, puis retour courant mai devant l’Assemblée nationale pour une deuxième lecture. On a encore un mois de mobilisation devant nous pour essayer d’inverser le processus***. De toute façon, le combat continue. Pour l’instant, on ne parle plus du Monsanto 810. Sur les essais, on parle de deux essais, mais on ne sait pas de quelle nature ils vont être. Même si cette loi passe, la bagarre continuera. On ne pourra pas faire sans les faucheurs".
* L’amendement 252 stipule que les OGM « ne peuvent être cultivés, commercialisés ou utilisés que dans le respect de l’environnement et de la santé publique, des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières commerciales qualifiées « sans organisme génétiquement modifié ».
** Par ailleurs, l’opposition a tenté en vain de faire adopter le seuil de 0,1 % comme référence pour le "sans OGM", au lieu du 0,9 %, qui correspond au seuil européen d’étiquetage.
*** Un délit de fauchage est institué, puni de deux ans de prison et 75 000 euros d’amende.







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