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Le passif gorgien (1)

Article de MPM le 8 janvier 2008 @ 08:32 dans Agglo, Chartres, Mémoire courte, bilan municipal gorgien | 18 Comments

Avec l’aimable autorisation de L’Aiguillon, le mensuel (im)pertinent de l’association Energies Citoyennes, la Piquouse reproduit les principaux événements du passif de Jean-Pierre Gorges à la tête de la municipalité chartraine et de la communauté d’agglomération pour l’année 2001.

11 mars 2001 : la liste Gorges (dissidente de droite) obtient 2.557 suffrages (22,6% des suffrages exprimés) contre 3.080 à celle d’Ory (liste officielle de gauche, 27,2%), 2.333 à celle de Chevée (liste officielle de droite, 20,6%) et 1.621 à celle d’Energies Citoyennes (liste alternative de gauche, 14,3%). Le soir même, Eric Chevée, devancé de seulement 244 voix dans la primaire à droite, déclare qu’il se désiste en faveur de Gorges.

18 mars
 : la liste Gorges recueille 6.205 voix (51,8%) contre 5.766 (48,2%) à la liste fusionnée Ory/Méry. La gauche perd le pouvoir municipal qu’elle possédait depuis 1977.

25 mars
 : premier conseil municipal de l’ère Gorges. Election du successeur de Jean-Louis Guillain.

Conseil municipal du 9 avril : Gorges fait voter par ses troupes l’augmentation de ses indemnités de maire jusqu’au plafond légal, soit 75,7% de hausse… Ce même soir, il refuse que l’opposition soit représentée à la communauté d’agglomération.

20 avril 
: Gorges est élu président de la Comach (communauté d’agglomération chartraine). Lors de son discours, il assure qu’il gérera la communauté «dans l’échange et la collégialité» (sic).

9 mai : une délibération fixe les indemnités de Gorges, président de la Comach, au maximum légal. Par contre, le président Gorges est mis en minorité dans son projet de faire de Jean-Guy Muriel à la fois son directeur de cabinet à la mairie de Chartres et à la Comach. Jacques Morland : «Un directeur de cabinet à cheval sur deux postes ne peut appliquer que la politique de son maire (…). Nous pensons qu’il s’agit là d’une mainmise de la ville de Chartres sur la Comach. Ne prenez-vous pas le même chemin que votre prédécesseur ?».

10 mai
 : au cours du 3ème conseil municipal gorgien, il est décidé de faire disparaître le nom de François Mitterrand de la place des Halles. L’Aiguillon n°9 : «…Gorges a accompli un geste symbolique médiocre. Il a ainsi apporté la preuve qu’il n’est pas le maire de tous les Chartrains. Mais seulement d’une minorité de revanchards sevrés d’extase jubilatoire depuis plus de deux siècles». Elisabeth Fromont, 1er adjoint à la presse locale officielle : «…que ça tombe un 10 mai, c’est le hasard»… Par ailleurs, 544.617 francs sont dépensés pour rénover le bureau du maire et remplacer le mobilier de son cabinet.
Gorges censure l’exposition «Corps de femmes» qui devait se tenir en mairie ; elle est finalement accueillie par la librairie Legué. En parallèle, la purge des artistes locataires d’ateliers municipaux commence…

Juin : à cause d’une pétition ayant recueilli plus de 2.000 signatures, Gorges recule sur son projet de fermeture de l’école primaire Gérard Philipe, située en bordure du parvis de la cathédrale. Son projet «Lumières de Chartres» de chambardement du parvis de la cathédrale en prend un sacré coup. Ce sera l’Arlésienne de son mandat municipal.

Septembre : le centre de soins infirmiers et le foyer-restaurant pour personnes âgées sis dans le quartier de la Madeleine sont fermés sur décision municipale : pas assez rentables…

Octobre : le directeur de cabinet comachien de Gorges, Ludovic Bourrelier, commet une énorme bourde. Il envoie par erreur un fax à Jacques Morland (maire de Lucé et vice-président à la communauté d’agglomération), qui était destiné confidentiellement à son patron, ainsi rédigé : «Il faut réfléchir à la façon dont tu dois associer Morland à la réorientation du contrat d’agglomération avec la région, car il est le président de la commission de l’aménagement du territoire. Ce n’est pas forcément utile de l’évincer totalement sur ce point. Il est préférable de le faire participer en le noyant». Bourrelier sert de fusible : il est viré illico presto. Les relations entre Gorges et Morland (tous les deux encartés à Démocratie Libérale) sont à ce moment exécrables.

Novembre : Gorges, grand défenseur du projet de 3ème aéroport du bassin parisien à Beauvilliers, accuse le coup à l’annonce du choix du site de Chaulnes, dans la Somme, par le gouvernement Jospin : «C’est navrant qu’une question aussi essentielle ait été tranchée sans démocratie».
Joëlle Marie-Angélique, conseillère municipale de la majorité gorgienne, démissionne avec fracas. La victoire électorale de mars lui devait pourtant beaucoup.

Décembre : Albéric de Montgolfier devient président du conseil général d’Eure-et-Loir en remplacement de Martial Taugourdeau, décédé accidentellement. Olivier Marleix est son directeur de cabinet, puis son directeur général des services. Ces deux-là s’imposent bientôt comme les meilleurs ennemis de Gorges dans son propre camp politique.
Gorges retire à Olivier Dupuy (UDF) sa délégation de vice-président aux Finances de la communauté d’agglomération parce que ce dernier a osé critiquer publiquement la politique du président. Gorges a effectivement réussi à faire voter par sa majorité un nouveau règlement financier qui prévoit le reversement aux communes d’une «dotation annuelle de solidarité» et une autre de «compensation de taxe professionnelle». La ville de Chartres est la grande bénéficiaire du système ; un argent qui lui permet d’autofinancer en grande partie ses investissements au détriment de ceux de l’intercommunalité.

(à suivre)


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