2) De la démocratie
A priori, on ne peut malheureusement qu’être inquiets des conséquences qui risquent d’être induites par les débats internes au PS, au vu du manque de sérénité, de l’agressivité et du rejet catégorique de tout avis contraire que d’aucuns (mais pas tous, ni toutes heureusement) ont pu formuler en réaction à mon mail précédent.
Je suis certes, tout comme vous, partisan de la démocratie. Mais pour ma part, le premier des actes démocratiques est d’entendre ce que l’autre peut penser ou dire, d’essayer de comprendre et d’échanger avec lui, ce qui ne veut pas dire qu’en définitive on s’accordera sur tout mais au moins aura-t-on trouvé une base minimale de compromis nous permettant de vivre ensemble. C’est le fondement même de nos sociétés dites civilisées. L’agressivité, le rejet, le dénigrement, les sarcasmes et autres apostrophes, etc. sous quelque forme que ce soit sont le témoin au mieux d’un manque d’idées et/ou d’arguments, au pire d’un manque d’ouverture d’esprit, de respect et de tolérance.
Un autre fondamental pour moi en démocratie et en politique consiste effectivement ensuite à respecter et à assumer les engagements pris avant, pendant et après toute action que l’on mène. N’en déplaise à certains qui ont parfois la mémoire courte lorsque cela les arrange, la politique est également faite de compromis, d’ententes préalables, d’engagements.
Si la démocratie ne peut pas exister uniquement au travers de tels accords, elle ne peut non plus en faire l’économie. En effet, nos nations démocratiques n’auraient malheureusement alors plus de démocratie que le nom, puisque nous vivrions selon les lois de la jungle. Comment pourrais-je faire confiance et voter pour quelqu’un qui renierait ses engagements au gré des circonstances ou de ses ambitions. Si l’obstination, l’aveuglement et l’entêtement sont de gros défauts, le manque de cohérence et de consistance le sont tout autant. Il faut certes être capable de se remettre en question en permanence mais en gardant toutefois une ligne directrice minimale, certaines valeurs, certaines convictions et un minimum d’éthique.
Je pense donc pour conclure cette première partie qu’il faut être vigilant lorsque l’on a tendance à manier de grands et beaux concepts (tel que celui de démocratie) de bien appréhender toutes les dimensions de ceux-ci et de ne pas en garder que la vision réductrice selon notre convenance personnelle, car le risque serait grand en procédant de la sorte de les dénaturer et ainsi de les vider de leur sens, ce qui ne pourrait qu’accentuer encore davantage le rejet déjà si important de nos politiques (gauche et droite pour une fois confondues).
J’apprends ensuite que la démocratie passerait par une multiplication des candidatures. Certes tout un chacun peut et doit avoir le droit de se présenter, cela fait partie du jeu démocratique. Mais tout jeu, aussi basic soit-il (et dans le cas qui nous occupe je ne pense heurter personne en disant que la politique est un jeu sérieux) comporte un minimum de règles dont celles de respecter (comme déjà longuement évoqué) les engagements, de débattre sereinement et sans invectives, de respecter l’adversaire en toutes circonstances, de reconnaître et/ou d’assumer victoires et défaites. Or malheureusement au sein du PS chartrain, comme au sein des instances nationales d’ailleurs, nous sommes à l’heure actuelle loin du compte. Aussi je ne pense pas que, dans un tel contexte, cela soit faire preuve d’immaturité politique ou de déni de démocratie d’en tirer les conséquences. Un bon politique se reconnait aussi dans sa capacité à anticiper et à tenir compte de ces paramètres lorsque les circonstances le demandent. En outre il est souvent plus utile de rassembler toutes les forces au plus tôt derrière une seule personne, plutôt que d’user toutes ses réserves en stériles querelles intestines, car même au terme du processus, il y aura toujours des insatisfaits. Enfin dans de petites sections telles que les nôtres, les militants actifs sont toujours plus ou moins au courant des négociations, engagements, etc. et ont l’opportunité de s’exprimer lorsqu’ils le souhaitent. L’argument selon lequel le militant ne serait que figurant me parait donc facile, d’autant que là aussi malheureusement ceux qui exigent l’avis du militant sur les questions annexes ou lors des votes, sont souvent les mêmes qui “oublient” de les consulter ou qui les consultent très tardivement sur les décisions importantes prises en comité restreint, en amont (décision de candidature, détermination du programme, etc.).
Voilà quelques réflexions que je tenais à partager avec vous. J’ose espérer qu’elles pourrons contribuer à faire progresser le débat et non à l’enkyster sur des rivalités de personnes, de courants, etc. Je rejoins par ailleurs tout-à-fait tous ceux qui rappellent à juste titre que l’important aux yeux de nos électeurs c’est le programme, sa clarté et sa cohérence (nous en avons eu l’amère piqûre de rappel en mai avec l’élection de Nicolas Sarkozy)
Avant de vous laisser, je tenais encore à relever de façon probablement moins consensuelle mais sans m’y attarder (car le débat politique mérite mieux que cela) quelques coups plus ou moins bas que j’ai pu déceler ici ou là à l’encontre notamment Georges Lemoine ou de Bernard Farion.
Pour rappel aux distraits, Georges Lemoine est cet homme qui s’est consacré pendant des dizaines d’année à sa ville de Chartres et au PS et qui leur est encore fidèle aujourd’hui (tous ne peuvent en dire autant) malgré les tensions, déceptions et autres déconvenues, voire humiliations. Avec parfois plus ou moins de bonheur certes, des erreurs, des échecs, des fautes, quelques vilainies sûrement et manifestement trop de difficulté à passer le témoin, mais qui oserait avoir la prétention d’être irréprochable. Je pense donc, même si je suis loin d’être proche de lui, qu’il mérite d’avantage de respect de la part de tous.
En outre je suis de ceux qui pensent que la politique, comme d’ailleurs tout domaine de la vie, a besoin de l’expérience et de la mémoire des anciens.
Pour les étourdis, je rappelle que Bernard Farion est cet homme qui, outre sa vice-présidence du conseil régional et ses fonctions au sein de notre section, consacre, avec Françoise Vallet et beaucoup d’autres, une grande partie de ses lundis soirs depuis près d’une année à élaborer un programme municipal digne de ce nom pour le PS chartrain. Je pense donc qu’il a droit lui aussi au moins au respect, à défaut du soutien de tous.
Pour conclure, puisque manifestement certains n’ont pas saisi toutes les nuances de mon intervention matinale, ce que je reproche à Françoise n’est pas tant de se présenter à l’investiture (démarche que je n’aurais pas condamnée s’il s’était agit d’une autre personne ou au cours d’une autre campagne) mais bien de se présenter à l’investiture en contradiction totale avec les engagements qu’elle avait elle-même pris (de mémoire nous ne l’y avons pas contrainte) avec Bernard concernant la répartition des éventuels mandats, et ce sous prétexte qu’elle a perdu les législatives. L’argument selon lequel elle ne renierait pas les engagements pris de ne pas cumuler les mandats de député et de maire (engagement très nobles et que j’approuve mais que la loi ne contraint nullement à prendre par ailleurs)me paraissant complètement hors sujet en l’occurrence.
Amicalement