Un peu de sémiologie
Par MPM • vendredi 03 août 2007 à 09:19 • Catégorie: Ecologie, Médias •La sémiologie est l’étude des signes, le code intrinsèque des images, des sons, des odeurs, des événements… que notre cerveau décode pour leur donner sens. Le philosophe feu Roland Barthes en avait jeté les bases théoriques avec la nouvelle vague au cinéma. Le sémiologue le plus populaire aujourd’hui est Umberto Ecco.
La dernière campagne de publicité d’EDF nous permet d’en étudier le message.
Une belle image d’abord, très tendre, douce, câline : un nourrisson en pyjama, d’environ deux ans, tend d’un bras, son biberon juste dans le creux de «la casserole» tracée dans le ciel nocturne par la constellation dite de la Grande Ourse.
Le slogan : «Faisons le choix d’une puissance énergétique qui assure le progrès des générations futures». Sous entendu : «nucléaire», cette puissance. Merci pour le cadeau des déchets radioactifs, les générations futures reconnaissantes. S’ensuit un texte incitant les consommateurs à se procurer un guide (E = moins de CO2) chez leur marchand de journaux moyennant la somme de deux euros.
Hallucinant. Comment peut-on autoriser une entreprise à vendre de l’énergie et éditer à des fins commerciales un dépliant finalement publicitaire et payant ? La lutte contre les gaz à effet de serre, si l’on souhaite qu’elle soit utile, ne mérite pas d’être dévoyée Que cet «E» représente énergie ou électricité, jamais l’énergie, quelle qu’elle soit, produira moins de CO2 qu’elle en produit jusqu’alors si on ne renonce pas à une augmentation de sa production. (eh oui, l’éolienne produit autant de CO2 que le nucléaire ; 10 grammes par Kwh produit).
Il est clair que les publicitaires utilisent le ressort de la maternité, de l’innocence enfantine pour construire une image douce et rassurante de l’électricité nucléaire auprès des consommateurs. C’est leur job. En l’occurence, ils l’ont plutôt bien fait. Ce qui est troublant, c’est que, pour promouvoir ainsi à fortes doses financières et depuis si longtemps son électricité nucléaire pourtant monopole public, EDF doit développer un fort sentiment de culpabilité. Le tapage médiatique autour de la lutte contre les gaz à effet de serre arrive à point nommé.
Plus curieux, le gouvernement délègue à une entreprise en voie de libéralisation (dont l’État est l’actionnaire majoritaire) le soin d’éditer "un guide pour comprendre et agir au quotidien, et devenir vous aussi un acteur de la lutte contre le réchauffement climatique". Le Bureau de Vérification de la Publicité aurait, il me semble, dû y voir un conflit d’intérêt. EDF vend de l’électricité, pas du nucléaire et encore moins des «guides» ! Qu’attendent les professionnels de la presse pour protester contre cette odieuse corruption du droit d’information ?
Autre point encore plus ennuyeux est rassemblé dans la promotion de l’électronucléaire pour chauffer (clairement ici dans la publicité, pour chauffer le biberon - par extension pour "faire la cuisine"-, plus implicitement, pour chauffer le logement - le pyjama, la tiédeur - pour "se chauffer"). Or, chauffer électriquement est physiquement une aberration. Il y a de telles pertes en calories avec l’électricité qu’il est bien plus rentable d’utiliser une autre énergie (biogaz, bois, solaire). Pire, l’électronucléaire est elle-même énergétiquement déficitaire tout le long de son industrie. De sa production à son acheminement, une centrale nucléaire perd plus de 70% d’énergie tandis que, d’une turbine de cogénération, il en est livré "à domicile" plus de 60% !
Le nucléaire est un non sens dont même l’humour anglais ne pourrait masquer l’horreur. Il est urgent de provoquer un débat public, démocratique, avec référendum, afin de choisir "une puissance énergétique qui assure réellement le progrès des générations futures".
Philip Lafeuil
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Dites-donc la piquouse… Vous avez oublié quelque chose aujourd’hui !

http://www.chartres-en-images.com/article-6994540-6.html
pourquoi pas annoncer le mien !!!
Quel galimatias!!!
oui je me suis moi aussi demandé ce que promouvait edf avec cette pub: l’électricité ou l’édition ?
Il y a au moin 2 éléments de réflexion que l’on cache à l’opinion publique : 1) la meilleure énergie, c’est l’économie d’énergie 2) l’idée de produire de l’électricité uniquement à partir de gros centres de production (centrales qu’elles que soient son alimentation) est une aberration, Philippe rappellant à juste titre les déperditions, sans compter les méfaits des lignes à haute tension. Chaque bâtiment (bureaux, logements,..) doit désormais produire une partie de sa consommation. La même démarche est applicable à l’eau. Récupérons les eaux de pluie !
Vous ne faites pas de la sémiologie là . Vous interprétez… Rien d’objectif dans cette “analyse” que n’importe qui aurait pu faire….