Si je comprends bien cette proposition, seuls les conseillers municipaux des communes membres de l’EPCI pourraient se voir confier une délégation au conseil communautaire. L’idée est louable sur le papier, mais en réalité on risque de se retrouver avec des délégués peu réactifs, peu impliqués, aux compétences modestes (car la complexité de gestion d’un EPCI de 100 000 hbs est sans rapport avec celle d’une ville de 5000 hbs).
Cela ne sera pas également sans conséquence sur la légitimité du processus décisionnel et la qualité de la représentation de chaque commune au sein de l’EPCI. Je ne veux pas dire que tous les conseillers municipaux sont des moutons de berger un peu « limités », mais force est de constater qu’encore nombre de conseillers municipaux locaux n’ont pas les capacités de recul, ni le charisme, ni la vivacité d’esprit et encore moins la formation pour prétendre accéder à de telles responsabilités : d’une buse, on ne peut faire un épervier !
En plus, cette proposition sent l’inachevé car ces délégués ni maires, ni adjoints restent désignés de manière indirecte. Cela fait plus de 5 ans que nos députés et sénateurs débattent, tergiversent et n’avancent pas sur la question des élections des conseillers communautaires au SU direct (avec une représentation proportionnelle); élections qui seraient forcément concomitantes aux élections municipales : le véritable progrès démocratique se situe à ce niveau alors qu’il n’apparait pas réellement dans cette proposition qui représente au mieux un pis aller par rapport à l’actuelle situation.