1. L’UMP est largement en tête. Jean-Pierre Gorges (qui améliore son résultat de 2002 de plus de 5.000 suffrages) devance Françoise Vallet de quinze points (qui obtient 2.300 suffrages de moins que Lemoine en 2002) ; Gérard Hamel (qui fait 1.100 voix de plus qu’en 2002) relègue Brigitta Hessel à vingt-cinq points derrière lui ; François Huwart (moins 1.100 voix par rapport à 2002) est distancé de cinq points par Laure de la Raudière ; Philippe Vigier élu au 1er tour : tout est (presque) dit…
2. L’abstentionnisme massif est de retour : 40% en 2007 contre 36 en 2002, 31 en 1997 et 29 en 1993. Les électeurs ont manifestement considéré que les législatives étaient secondaires par rapport à la présidentielle. Le pouvoir est effectivement à l’Elysée et non pas au Palais-Bourbon… Se déplacer pour élire des machines à voter…
3. Le bipartisme UMP/PS est confirmé. Ajouté au mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours, les "petits" candidats sont réduits à faire de la figuration. La démocratie s’appauvrit.
4. La gauche vit très mal sa mutation idéologique depuis la conversion au libéralisme de la majorité des cadres du parti socialiste. Pendant quelques mois, le «NON» au traité constitutionnel européen a entretenu l’illusion d’une renaissance des valeurs de gauche. L’échec est patent.
5. Les élections législatives ont révélé uniquement des stratégies d’appareils partisans qui ont conduit à l’échec des tentatives d’union des différentes sensibilités. Un suicide consommé.
6. Les "gros" candidats soutenus par le parti socialiste ont accumulé les handicaps. Françoise Vallet n’a pas été pleinement soutenue par tous les militants de son parti ; Birgitta Hessel est aussi contestée en interne et son propos dans L’Echo républicain d’aujourd’hui n’arrange rien : "C’est une défaite pour le député UMP, je vais faire le maximum pour gagner au second tour"… ; dans la très conservatrice circonscription de Châteaudun, sans un booster du type 3ème aéroport, Serge Fauve n’avait aucune chance ; l’usure du pouvoir est la principale cause des déboires de François Huwart.
7. Le Modem en arbitre ? Pas de candidat du nouveau parti de Bayrou qualifiés pour le second tour. Le Modem d’Eric Chevée va-t-il aider Françoise Vallet à battre Gorges (voir notre nouveau sondage dans la colonne étroite de gauche) ? Chevée, dont c’est le 4ème échec consécutif face à Gorges (il améliore quand même son score de 2002 de près de 1.800 voix), a besoin d’afficher sa différence pour exister. Il considère qu’il doit se démarquer de l’UMP et du PS pour incarner la 3ème voie. Donc, il n’y aura pas d’appel officiel à voter pour l’une ou l’autre… Mais officieusement ?
8. Ces élections démontrent l’obligation pour la gauche eurélienne d’entamer enfin sa rénovation, sous peine de purgatoire prolongé. Un préalable : tourner la page du passé et du passif. Le moyen : l’union de tous les militants de bonne volonté autour de cadres compétents et au nom des valeurs qui ont fait la république française.







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